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Lundi 25 mars 2019

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Débat public sur les nanotechnologies

2010

Dans le cadre du Grenelle de l’environnement, un débat public est lancé depuis le 15 octobre jusqu’au 24 février 2010 sur les options générales en matière de développement et de régulation des nanotechnologies, animé par une commission particulière du débat public (CPDP). Des réunions publiques se déroulent dans dix sept villes, la première ayant eu lieu à Strasbourg, le 15 octobre. Ces réunions sont de plus en plus perturbées par des associations qui manifestent par des contre-réunions sur le caractère "pipé" du débat... Certaines comme les Amis de la Terre viennent de se retirer du débat.


Fidèle à la méthode du Grenelle, le gouvernement a donc lancé un nouveau débat public, assorti d’un site internet www.debatpublic-nano.org. Les dates des débats sont annoncées, les comptes-rendus publiés, on peut poser des questions en ligne, donner son avis, transmettre une contribution…

Cette consultation suffira-elle à former les citoyens – et les élus - sur des enjeux qui ont échappé depuis longtemps à tout contrôle ? Faute d’un débat organisé en amont, quand ces technologies se développaient à partir des années 1990, le public comme les décideurs n’ont aucun recul par rapport aux impacts des nanoparticules sur l’environnement et la santé. Seules quelques associations et scientifiques avaient essayé d’alerter et d’informer, parfois avec l’appui de collectivités territoriales - par exemple, la conférence de citoyens en Ile-de-France en 2006.

Mais la nanomatière déferle dans nos vies à notre insu : habillement, cosmétiques (exemple des crèmes solaires), alimentation, électronique, matériaux de construction (ciment, peinture), transport (pneus, essence)… Les salariés travaillant dans les lieux de production et de stockage sont exposés. De nombreux rapports scientifiques mentionnent des risques. Ainsi les nanotubes de carbone, très répandus, pourraient avoir le même effet que l’amiante. Le nanoargent, aux propriétés bactéricides, mais toxique, est partout (textile, emballages alimentaires, revêtements…). Comment appliquer le principe de précaution alors que dans le monde entier des investissements se dirigent vers un marché estimé à 2 000 milliards de dollars en 2015 ? Les Etats-Unis ont, au départ, lancé le processus, au nom du progrès. La plupart des pays, et l’Union européenne, ont lancé des productions industrielles sans édicter de normes en matière d’exposition aux nanoparticules.


Nanotechnologies, nanoparticules
Les nanotechnologies mettent en œuvre des assemblages d’atomes, créant des particules présentant une ou plusieurs dimensions d’environ 100 millionièmes de millimètre (100 nanomètres) ou moins. Les propriétés de la matière changent quand la taille des objets se rapproche du nanomètre : des nanoparticules peuvent ainsi renforcer la dureté d’un matériau, sa résistance, etc. Mais elles sont aussi plus facilement toxiques et polluantes que les particules habituelles, car elles pénètrent facilement les organismes humains, animaux, végétaux, microbiens.

Convergence des sciences (biologie, chimie, électronique), de la technique, de l’industrie, de la finance, dans un contexte de compétition internationale, cette création incontrôlée de nouveaux objets inertes ou vivants fascine ceux qui ont la religion de la science qui permet de résoudre tous les problèmes. Des promoteurs de la démarche NBIC (nano, bio, info, connaissance) voient une formidable convergence au service de l’amélioration des performances humaines, voire de la durée de vie… Il mettent en avant les économies de matière, la lutte contre la pollution, la guérison des maladies, l’éradication de la faim… Mais bien plus de recherches ont lieu pour des applications en matière de défense, d’armement, de sécurité et sur les possibilités de manipuler des fonctions du cerveau. Il est urgent de rompre avec ces fantasmes de toute puissance et d’apprendre à renoncer à de nouvelles techniques jusqu’à ce que leur contrôle démocratique soit possible.

En attendant, il est indispensable de mettre en place un moratoire sur les produits à risque et un étiquetage afin que les citoyens puissent au moins exercer leur choix et que l’on puisse enfin prendre la mesure de la présence des nanoparticules dans notre environnement.

Sites web

- www.debatpublic-nano.org
- www.vivagora.org
- www.piecesetmaindoeuvre.com
- Avis de la Fondation Sciences Citoyennes sur le débat public en cours
- Dossier de France Nature Environnement
- Les Amis de la Terre ont participé en soumettant un "cahier d’acteur" mais se sont retirés du débat le 13 janvier 2010

Document

- Document d’Aujourd’hui le nanomonde, spécial débat, septembre 2009

Livres

- Le Meilleur des nanomondes, Dorothée Benoit-Browaeys, Buchet-Chastel, 2009
- Les Vertiges de la technoscience : façonner le monde atome par atome, Bernadette Bensaude-Vincent, La Découverte, 2009
- Pièces et Main d’Œuvre, Aujourd’hui Le Nanomonde. Les nanotechnologies, un projet de société totalitaire, L’Échappée, 2008
- Nanotechnologies/Maxiservitudes, L’Esprit frappeur, 2006

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