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Polémique sur l’enseignement du genre dans les manuels scolaires

Les programmes scolaires incriminés

Mardi 6 septembre 2011


SOMMAIRE DU DOSSIER
- Le point de vue d’Adéquations
- Les programmes scolaires incriminés
- Les réactions de refus
- La défense du genre par les chercheur-es

 Les programmes

Dans la présentation générale des programmes, le paragraphe « Faire acquérir une culture scientifique » donne les explications suivantes : « L’enseignement de sciences en classe de première des séries économique et sociale ou littéraire est d’abord conçu pour faire acquérir aux élèves une culture scientifique. Ainsi cet enseignement scientifique a comme objectifs de permettre à l’élève :
― d’acquérir des connaissances nécessaires à la compréhension des questions et problématiques scientifiques telles qu’il peut les rencontrer quotidiennement ;
― d’appréhender des enjeux de la science en lien avec des questions de société comme le développement durable et la santé, en portant un regard critique afin d’agir en citoyen responsable ;
― de susciter son envie d’approfondir ces questions à travers la consultation de ressources documentaires variées ;
― de comprendre d’une manière simple les démarches ayant mené aux notions et concepts actuels au travers, par exemple, de l’histoire des sciences
. »

Le programme détaille ensuite 4 grands thèmes : De l’oeil au cerveau ; nourrir l’humanité : féminin / maculin ; le défi énergétique. Ci-dessous, le détail du programme pour le thème « féminin / maculin »

Arrêté du 21 juillet 2010 fixant le programme d’enseignement spécifique de sciences en classe de première des séries ES et L

Féminin/masculin

La prise en charge de façon responsable de sa vie sexuelle par ce futur adulte rend nécessaire de parfaire une éducation à la sexualité qui a commencé au collège.

Ce thème vise à fournir à l’élève des connaissances scientifiques clairement établies, qui ne laissent de place ni aux informations erronées sur le fonctionnement de son corps ni aux préjugés.

Ce sera également l’occasion d’affirmer que si l’identité sexuelle et les rôles sexuels dans la société avec leurs stéréotypes appartiennent à la sphère publique, l’orientation sexuelle fait partie, elle, de la sphère privée.

A l’issue de cet enseignement, l’élève devrait être capable d’expliquer :

― à un niveau simple, par des mécanismes hormonaux, les méthodes permettant de choisir le moment de procréer ou d’aider un couple stérile à avoir un enfant ;
― comment un comportement individuel raisonné permet de limiter les risques de contamination et de propagation des infections sexuellement transmissibles (IST).
― le déterminisme génétique et hormonal du sexe biologique, et de différencier ainsi identité et orientation sexuelles ;
― que l’activité sexuelle chez l’Homme repose en partie sur des phénomènes biologiques, en particulier l’activation du système de récompense.

InstructionsMinistere
NOTIONS ET CONTENUS COMPÉTENCES EXIGIBLES
Prendre en charge de façon conjointe et responsable sa vie sexuelle
■ La connaissance de plus en plus précise des hormones naturelles contrôlant les fonctions de reproduction humaine a permis progressivement la mise au point de molécules de synthèse qui permettent une maîtrise de la procréation de plus en plus adaptée, avec de moins en moins d'effets secondaires.
■ Ces molécules de synthèse sont utilisées dans :
- la contraception régulière, ( la pilule ) ;
- la contraception d'urgence ;
- l'IVG médicamenteuse.
■ Elles sont également utilisées dans les techniques de procréation médicalement assistée (PMA) qui permettent ou facilitent la fécondation et/ou la gestation dans les cas de stérilité ou d'infertilité.
■ Les IST, causes de stérilité, et leur propagation au sein de la population peuvent être évitées par des comportements individuels adaptés.
■ Replacer dans le temps et dans la société la chronologie de l'apparition des méthodes de régulation des naissances.
■ Identifier les modes d'action des molécules de synthèse et les expliquer par les mécanismes biologiques sur lesquels ils se fondent.
■ Expliquer les pratiques médicales chimiques mises en œuvre en cas dedéficience de la fertilité du couple.
■ Relier les conseils d'hygiène, de dépistage, de vaccination et d'utilisation du préservatif aux modes de contamination et de propagation des IST.
■ Discuter les limites des méthodes de maîtrise de la procréation en s'appuyant sur la législation, l'éthique et l'état des connaissances médicales.
ACQUIS DU COLLEGE
■ Reproduction sexuée, fécondation, nidation, cellules reproductrices (spermatozoïdes, ovules), organes reproducteurs, caractères sexuels secondaires, origine hormonale et caractéristiques de la puberté, règles, ménopause, rapport sexuel, embryon, hormones ovariennes (œstrogènes, progestérone), organe cible, maîtrise de la reproduction : contraception (chimique ou mécanique), contragestion, interruption de grossesse, effet abortif, PMA.
LIMITES
■ Seuls les mécanismes régulateurs permettant de comprendre les phénomènes moléculaires des actions contraceptives sont à connaître.
■ Les mécanismes cellulaires d'action des molécules hormonales ne sont pas au programme.
■ Il ne s'agit pas de prendre en compte toutes les causes de stérilité ni toutes les techniques de procréation médicalement assistée mais de montrer que leurs principes reposent sur des connaissances scientifiques.
■ Le cadre éthique doit être discuté.
■ L'étude exhaustive des IST et de leurs agents infectieux n'est pas l'objectif du programme.
■ Le volet éducation à la santé doit être développé.
Devenir homme ou femme
■ La mise en place des structures et de la fonctionnalité des appareils sexuels se réalise sur une longue période qui va de la fécondation à la puberté, en passant par le développement embryonnaire et fœtal.
ACQUIS DU COLLEGE
Chromosomes sexuels, gène, caractères héréditaires, organes reproducteurs, caractères sexuels secondaires, puberté, embryon.
LIMITES
■ On étudie les trois étapes de la différenciation mais :
le lien entre sexe génétique et sexe phénotypique s'appuie sur des données médicales et non expérimentales ;
■ on n'entre pas dans détail des mécanismes montrant l'influence du sexe génétique sur le sexe phénotypique (gène SRY, protéine TDF).
■ Caractériser à partir de différentes informations et à différentes échelles un individu de sexe masculin ou de sexe féminin.
■ Expliquer, à partir de données médicales, les étapes de différenciation de l'appareil sexuel au cours du développement embryonnaire.
■ Différencier, à partir de la confrontation de données biologiques et de représentations sociales ce qui relève :
- de l'identité sexuelle, des rôles en tant qu'individus sexués et de leurs stéréotypes dans la société, qui relèvent de l'espace social ;
- de l'orientation sexuelle qui relève de l'intimité des personnes.
Vivre sa sexualité
■ Le comportement sexuel chez les mammifères est contrôlé, entre autres, par les hormones et le système de récompense.
■ Au cours de l'évolution, l'influence hormonale dans le contrôle du comportement de reproduction diminue, et corrélativement le système de récompense devient prépondérant dans la sexualité de l'Homme et plus généralement des primates hominoïdes.
■ Les facteurs affectifs et cognitifs, et surtout le contexte culturel, ont une influence majeure sur le comportement sexuel humain.
■ Etablir l'influence des hormones sur le comportement sexuel des mammifères.
■ Identifier les structures cérébrales qui participent aux processus de récompense à partir de données médicales et expérimentales.
ACQUIS DU COLLEGE : système nerveux, centres nerveux.
LIMITES : on s'en tiendra à une approche descriptive du déterminisme hormonal du comportement sexuel et de l'intervention du système de récompense, sans explication à l'échelle cellulaire ou moléculaire.

 Quelques extraits de manuels scolaires

Hachette

- Sous le titre « Identité et orientation sexuelle » (P. 170)
« Seul sexe bien établi, le sexe biologique nous identifie mâle ou femelle mais ce n’est pas pour autant que nous pouvons nous qualifier de masculin ou de féminin. Cette identité sexuelle, construite tout au long de notre vie, dans une interaction constante entre le biologique et le contexte socioculturel, est pourtant décisive dans notre positionnement par rapport à l’autre. »
- Sous le titre « Le genre, une construction sociale. » (P. 179)
« La société construit en nous, à notre naissance, une idée des caractéristiques de notre sexe. Ce qu’on appelle le genre, c’est cette construction sociale autour du sexe. Le genre est un concept qui se réfère à la répartition des rôles masculins et féminins dans une société donnée, à un moment donné. Cette répartition contribue à la construction sociale de la masculinité et de la féminité à travers laquelle toute relation humaine est catégorisée. Tandis que la référence au sexe traduit une réalité universelle, la construction sociale du genre est variable dans le temps et l’espace. »

Belin
- Sous le titre « devenir ou homme ou femme et vivre sa sexualité. »
« Chez l’homme, il existe deux aspects complémentaires de la sexualité : l’identité sexuelle, qui correspond au genre (masculin ou féminin) et relève de l’espace social, et l’orientation sexuelle qui relève de l’intime de la personne. »

Nathan
- Sous le titre « identité sexuelle et normes sociales »
« Définir l’identité sexuelle n’est pas chose facile. Si l’on s’en tient à une définition biologique, le genre est défini à la naissance par la nature des organes sexuels externes. D’un point de vue sociologique, l’identité sexuelle se définit davantage comme le genre par lequel une personne est socialement reconnue. »

Bordas
- Sous le titre L’identité sexuelle ou identité de genre (voir aussi ici)
« L’identité sexuelle est le fait de se sentir totalement homme ou femme. Et ce n’est pas si simple que cela peut en avoir l’air ! Cette identité dépend d’une part du genre conféré à la naissance (voire avant, du fait du recours à l’échographie), d’autre part du « conditionnement social ». En effet, chacun apprend à devenir homme ou femme selon son environnement, car on ne s’occupe pas d’un petit garçon comme d’une petite fille ; on ne les habille pas de la même façon, on ne leur donne pas les mêmes jouets… »


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