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Trois propositions d’Adéquations pour une éducation non sexiste

Mercredi 1er janvier 2014


 Formation des professionne-les de l’éducation à l’éducation non sexiste

Enjeux

L’objectif de l’éducation selon la Convention Internationale des Droits de l’Enfant, consiste « à favoriser l’épanouissement de la personnalité de l’enfant et le développement de ses dons et des ses aptitudes mentales et physiques, dans toute la mesure de leurs potentialités » (article 29a).

Ainsi, aider les actrices et les acteurs du monde éducatif à mieux repérer les stéréotypes sexistes, les sensibiliser aux impacts de ces stéréotypes sur le développement de la personnalité des enfants et sur la production des inégalités entre les femmes et les hommes, encourager leur réflexion sur leurs propres pratiques et impulser la mise en œuvre d’une stratégie favorisant l’adoption de comportements libérés des injonctions du genre chez les enfants, vise à affiner ce qui est le cœur même de la mission éducative.

En d’autres termes, savoir créer les conditions d’une éducation égalitaire ne peut pas être considéré comme une capacité optionnelle, il s’agit d’une compétence professionnelle à part entière dont doivent être dotés tous les éducateurs et éducatrices.

Depuis la ratification en 1981 de la CEDEF (Convention pour l’élimination de toutes formes de discrimination à l’égard des femmes) qui insiste sur la nécessité d’éliminer «  toute conception stéréotypée des rôles de l’homme et de la femme à tous les niveaux et dans toutes les formes d’enseignement en encourageant l’éducation mixte et d’autres types d’éducation qui aideront à réaliser cet objectif et, en particulier, en révisant les livres et programmes scolaires et en adaptant les méthodes pédagogiques », la France n’a cessé de s’engager à travers des textes internationaux et nationaux à promouvoir une éducation non sexiste, par le biais notamment de la formation des professionnel-les de l’éducation.

Ainsi tout récemment la loi du 9 juillet 2010 relative aux violences faites spécifiquement aux femmes, aux violences au sein des couples et aux incidences de ces dernières sur les enfants, prévoyait une information consacrée à la lutte contre les préjugés sexistes à tous les stades de la scolarité. Or plus de 30 ans après la ratification de la CEDEF, force est de constater qu’une écrasante majorité des actrices et des acteurs du monde de l’éducation ne connaissent pas ou peu les enjeux et les principes d’une éducation non sexiste.

Proposition

Les enjeux de la lutte contre les stéréotypes sexistes et les principes d’une éducation non sexiste articulés à la théorie des apprentissages doivent être enseignés à titre obligatoire et non optionnel dans toutes les formations initiales concernant les actrices et acteurs de l’éducation : formations aux métiers de la petite enfance, formations préparant au concours de recrutement des enseignant-es et formations préparant aux brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur-trice (BAFA) et au brevet d’aptitude aux fonctions de directeur-trice (BAFD).

 Promotion de l’éducation non sexiste auprès du grand public

Enjeux

Contrairement au racisme, le sexisme, lorsqu’il s’applique au champ de l’éducation, peut être bienveillant. C’est dans le cadre de relations fondées sur l’amour que les parents formatent les filles et les garçons - le plus souvent de manière inconsciente - selon les attendus du genre, sans mesurer à quel point ce formatage dès le plus âge se fait au détriment de l’expression du plein potentiel de leurs enfants. La promotion d’une éducation non sexiste doit s’appuyer sur le désir de bien faire des parents et plus largement sur celui de l’ensemble des actrices et des acteurs du monde éducatif.

Proposition

Une campagne nationale s’adressant au grand public doit mettre en évidence les impacts des stéréotypes sexistes et d’une éducation non égalitaire sur le développement de l’enfant (en s’appuyant notamment sur la théorie des apprentissages) et en terme de production des inégalités et de violences sexistes.

 Encourager la mixité dans les métiers de la petite enfance

Enjeux

En dépit des recommandations d’un rapport remis en 2003 au ministère de la Famille et qui préconisait d’atteindre 10 % d’hommes inscrits dans les écoles de formation à un horizon de cinq ans [1], rien n’a véritablement évolué depuis : les métiers de la petite enfance restent quasi exclusivement féminins.

Or, La non-mixité dans les métiers de la petite enfance et son corolaire, l’absence de modèle identificatoire masculin dans le soin aux enfants pour les petits garçons, constituent une composante sexiste de notre société. L’inégale répartition des tâches domestiques et familiales constitue en effet un des freins majeurs à l’égalité entre les femmes et les hommes, le surcroît de travail des femmes se traduisant par un temps moindre à consacrer à leur carrière, à leurs loisirs, ou à leur engagement citoyen. Selon une enquête de l’Insee, en 2010, les femmes consacrent en moyenne 28 heures par semaine aux tâches domestiques et familiales contre 17 heures pour les hommes, sachant qu’elles s’occupent deux fois plus des enfants que ces derniers.

Encourager la mixité dans les métiers de la petite enfance pour développer des modèles identificatoires masculins alternatifs est donc un enjeu fort [2].

Proposition

Sensibiliser à la question par voie de campagne et par voie de formation les professionnel-les des ressources humaines, les professionnel-les de l’orientation ainsi que les professionnel-les des écoles préparant au CAP petite enfance, au Diplôme d’Etat d’auxiliaire de puériculture et de puéricleur-trice et au Diplôme d’Etat d’éducateur-trice de jeunes enfants (DEEJE). Dans tous les supports de communication (plaquettes, interface web etc.) présentant les métiers de la petite enfance ou les écoles qui y préparent, un soin particulier doit être apporté à une iconographie mixte et à l’emploi systématique du masculin comme du féminin pour désigner les professsionnel-les. Des campagnes valorisant les métiers de la petite enfance et ciblant expressément les jeunes hommes s’imposent également.

Notes

[1] « Les métiers de la petite enfance dans les structures d’accueil collectif », groupe de travail présidé par Marie-Claude Petit, la Documentation française.

[2] Cet enjeu est évoqué dans deux interviews de professionnelles réalisées par Adéquations. Voir : Interview de Laurence Rameau, ancienne directrice de crèche et Interview de Sylviane Giampino, Psychanalyste, psychologue petite enfance.

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