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Préface des ONG

Jeudi 1er janvier 2015


Le programme Genre et économie, les femmes actrices du développement a constitué un laboratoire concret de l’intégration de l’approche de genre dans des projets de développement économique et social.

Le plaidoyer mené en amont par les ONG en direction des institutions françaises de coopération pour obtenir un mécanisme d’appui au genre, les échanges entre associations pour répondre de façon concertée au Fonds de solidarité prioritaire, et enfin, la coopération pendant trois ans entre ONG d’appui technique et économique, organisations ouest-africaines et françaises, structures et personnes-ressources en genre : tous ces processus ont favorisé un renforcement mutuel des capacités et un enrichissement des perspectives. Nous disposons d’outils pratiques et de sensibilisation, écrits et audio-visuels, à réinvestir dans d’autres projets et mis plus largement à la disposition de tous les acteurs de la solidarité internationale.

Trois questions ont été particulièrement motrices : comment passer d’activités génératrices de revenus – trop souvent perçues comme un simple prolongement de l’activité domestique des femmes et les surchargeant parfois de travail – à des activités pérennes et rémunératrices, leviers pour une autonomisation personnelle, familiale, sociale, économique, voire pour l’accès au pouvoir politique ? Comment mesurer et conforter ce saut à la fois quantitatif (augmentation des revenus, acquisition de facteurs de production, etc.) et qualitatif (estime de soi, capacité décisionnelle) ? Enfin, comment adapter les outils du genre aux enjeux et aux réalités des différents pays, s’appuyer sur les savoirs et sur le capital social spécifique que constituent les modes d’organisations des femmes africaines ? Répondre à ces enjeux dans le cadre d’un programme d’une durée de seulement trois ans a constitué un défi, d’autant que la plupart des actrices et acteurs impliqués connaissaient peu les démarches et les outils de l’approche de genre ont dû se les approprier avant de les mettre en oeuvre.

En dépit de ces contraintes, le programme Genre et économie a produit des résultats probants et des enseignements précieux. Nous espérons que les publications qui en sont issues aideront les actrices et acteurs de la solidarité internationale, du développement et de la coopération décentralisée à comprendre pourquoi et comment l’intégration d’une approche de genre constitue une réelle plus-value en termes d’efficacité et de durabilité des projets économiques et plus généralement de tous les projets, quel qu’en soit le domaine.

Nous avons formulé des recommandations issues de nos expériences, avec des témoignages de femmes et d’hommes directement impliqués. Aucun projet économique ou technique ne devrait être élaboré sans une réflexion sur les aspects sociaux, culturels, d’accès aux droits. Aucune initiative de développement ne devrait faire l’impasse sur une analyse de ses impacts, positifs comme négatifs, sur les relations sociales entre femmes et hommes, lesquelles sont presque toujours fondées sur des inégalités. Ainsi, faute de procéder à un tel questionnement et de prendre suffisamment en compte le genre, de nombreux appuis en microcrédit ne favorisent guère le passage à des activités réellement rémunératrices, les « bénéficiaires » n’ayant pas le pouvoir d’utiliser et de réinvestir leurs gains de façon autonome. C’est pourquoi nos projets ont souvent préféré conforter d’abord l’autonomisation des femmes, en agissant sur le renforcement de leur estime de soi, de leurs pratiques organisationnelles collectives, de leur capacité à négocier, à parler en public, de leur mobilité.

Des ONG ont pris conscience que l’approche de genre doit porter également sur le fonctionnement même de leur organisation, leurs orientations, leur façon de communiquer, si elles ne veulent pas voir leurs acquis s’évaporer au terme d’une expérience certes intense mais trop brève.

La transformation des relations sociales entre femmes et hommes vers plus d’égalité est un processus de long terme dans tous les pays du monde. La participation au programme Genre et économie témoigne de la volonté des organisations de solidarité internationale de rattraper un certain retard en la matière. Investir dans le genre est payant ! Les collaborations fructueuses entre ONG généralistes ou d’appui technique et les structures du genre en France et dans les pays du Sud gagneront à pouvoir se poursuivre et s’intensifier.

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