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La COP30 au Brésil, du 10 à 21 novembre 2025Actualisé et complété 10 décembre 2025 Mercredi 2 juillet 2025, par La 30ème conférence des parties de la convention des Nations unies sur les changements climatiques s’est achevée sur un texte faible. Dix ans après l’Accord de Paris, le contexte est préoccupant : 2024 avait été l’année la plus chaude jamais mesurée dans le monde, avec +1,52°. La concentration en CO2 dans l’atmosphère continue d’augmenter, les épisodes climatiques extrêmes se multiplient, tandis que les écosystèmes fragilisés ne parviennent plus à absorber le CO2. |
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La 30ème conférence des parties de la convention des Nations unies sur les changements climatiques a joué les prolongations, comme toujours dans les COP, qui doivent aboutir à des accords par consensus de 194 pays (et Union européenne). La mention de la sortie des énergies fossiles a été une nouvelle fois au centre des débats, ainsi que la demande d’une "feuille de route" opérationnelle sur la sortie du pétrole, du charbon et du gaz, réclamée par de nombreux pays du Sud et européens, ou le montant des financements pour l’adaptation.
Les clivages entre pays pétroliers, émergents, Chine, Russie, Inde, Union européenne, entre pays les plus pauvres et les touchés par les dérèglements climatiques (mais dont beaucoup considèrent avoir encore besoin de pétrole pour leur développement), reflètent des situations et des intérêts divergents. Lors de la COP28 de 2023 à Dubaï, avait été mentionné pour la première fois un engagement pour "opérer une transition juste, ordonnée et équitable vers une sortie des combustibles fossiles dans les systèmes énergétiques". Il ne s’est pas concrétisé à la COP30.
La COP30, présentée par la présidence brésilienne comme celle « de la vérité et de la mise en œuvre », aboutit donc à un texte plutôt minimaliste. La sortie des énergies fossile n’est pas mentionnée. Des feuilles de route sur la transition hors des combustibles fossiles ou la lutte contre la déforestation sont renvoyés à des négociations sur les deux prochaines années. Un "accélérateur mondial de mise en œuvre" sera discuté sur une base volontaire, lors de réunions en juin et en novembre 2026.
Les pays des Suds (groupe des "pays les moins avancés" et "groupe africain") ont obtenu que la mention du triplement des financements pour l’adaptation climatique des pays en développement (soit 104 milliards d’euros) mais d’ici à 2035, avec un programme de travail sur deux ans. L’adoption d’un Mécanisme de transition juste ("Mécanisme d’Action de Belém" ou BAM), réclamé notamment par les organisations de la société civile et les syndicats [1], soutenu par les pays pauvres ("G77") et la Chine, est considéré comme un acquis très important, pour favoriser la prise en compte des aspects sociaux, du travail et des emplois décents dans la "transition" écologique et énergétique. La mention de la participation, des droits humains, du principe de consentement libre et éclairée, etc. (par. 12) pourra constituer un outil de plaidoyer pour les organisations de la société civile. Ce mécanisme reste à établir concrètement lors de la prochaine COP en 2026.
L’adaptation aux changements climatiques était également central à l’ordre du jour : un jeu de 59 indicateurs de suivi des politiques d’adaptation a été adopté, mais jugé insuffisant par beaucoup de pays.
La mention d’un dialogue sur trois ans sur le commerce mondial constitue une nouveauté, à l’initiative notamment de la Chine, qui critique certains mécanismes de droits de douane et les taxes carbone aux frontières. L’instauration d’un dialogue entre la Convention des Nations unies sur le climat, l’Organisation mondiale du commerce (OMC), l’Agence de l’ONU pour le commerce, est bienvenu. De même qu’il était paradoxal de négocier jusqu’à présent sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre sans intégrer la question de l’exploitation des énergies fossiles, il devient nécessaire d’établir un lien entre le dérèglement climatique et les modèles économiques et du commerce international...
L’Union européenne, plutôt isolée, qui menaçait de quitter la COP sans accord, sort plutôt affaiblie de ces négociations, d’autant plus qu’elle tient une position contradictoire, en soutenant la sortie des énergies fossiles tout en freinant sur le financement des pays les plus pauvres.
Le nouveau Plan d’action genre est adopté ("Belem Gender Action Plan ou GAP), document d’orientation pour la prise en compte de l’égalité de genre dans l’action climatique pour les dix prochaines années. Notre article sur les mobilisations féministes
Il n’est pas certain que cette COP "anniversaire" dont on attendait beaucoup du fait de sa tenue dans l’Amazonie, concoure à "sauver le multilatéralisme", déjà bien affaibli par les rivalités géopolitiques, les conflits armés, la montée des extrêmes-droites, sur fond de graves difficultés financières de l’ONU. L’intérêt de ces grandes conférences est à nouveau questionné, d’autant que le retrait des Etats-Unis favorise l’indécision générale et le "climatoscepticisme".
Elles permettent néanmoins de lancer ou renforcer des dynamiques par coalitions de pays volontaires sur des sujets spécifiques, comme la "Déclaration de Bélem", sur la transition hors des combustibles fossiles, signée par vingt-quatre pays (pas la France). La Colombie a pris l’initiative d’organiser la première conférence internationale sur la sortie des énergies fossiles les 28 et 29 avril 2026. Ce processus pourrait être une étape importante pour une discussion sur le projet de Traité de non-prolifération des combustibles fossiles.
La COP31 est programmée du 9 au 20 novembre 2026 à Antalya, en Turquie et présidée par l’Australie, pays très engagé dans l’exploitation du pétrole. [2]
Au moins, côté société civile, le Sommet des Peuples, du 12 au 16 novembre, qui a rassemblé plus de 25 000 participants et de nombreux représentants de peuples autochtones, a marqué un jalon important dans l’interconnexion des mobilisations pour la justice climatique, contre l’économie extractiviste, pour l’agroécologie, avec une forte composante féministe. Déclaration finale du Sommet des Peuples
Les organisations des sociétés civiles et mouvements sociaux pointent l’impasse d’une "diplomatie climatique" qui négocie depuis trente ans la baisse des émissions de gaz à effet de serre sans se résoudre à aborder les causes structurelles de ces mêmes émissions : le modèle de développement capitaliste extractiviste, énergétique, de production, de consommation et de commerce, le poids de la dette et des inégalités de plus en plus fortes entre pays et à l’intérieur des pays. Ce cloisonnement et cette contradiction dans les termes (parler des effets sans aborder les causes) conduit à propager de "fausses solutions climat" fondées sur les marchés carbone, la compensation et la fuite en avant technologique (comme la géoingénierie), à la compétition générale sur les ressources minières, fossiles, les terres, l’eau et à la montée des régimes autoritaires et répressifs, à la militarisation et la relance de l’armement.
Pourtant l’expertise citoyenne et scientifique est riche de propositions et de pratiques en faveur des relocalisations et de la souveraineté alimentaire, de l’approche par les droits humains, l’économie du care, les solidarités internationales, les règles du commerce international, les systèmes de taxation des plus riches, etc.
Rapport final (Global Climate Action
Agenda at COP 30, Outcomes Report) (en anglais)
Texte de l’Accord "Global Mutirão : Uniting humanity in a global mobilization against climate change. Draft decision -/CMA.7" (en anglais)
Décisions adoptées à la COP30 ("Belém Political Package", textes en anglais)
Just transition work programme. Draft decision -/CMA
Déclaration du Sommet des Peuples, COP30
Réaction du Women Major Group à l’issue de la COP30 (en anglais)
La 30ème conférence des parties de la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) avait lieu du 10 au 21 novembre 2025 au Brésil, à Belém capitale de l’État du Pará en Amazonie. Environ 56 000 participants y sont accréditées. La COP était précédée par un Sommet des dirigeants mondiaux les 6 et 7 novembre, lançant un "Appel de Belem pour le climat". [3]
Pays émergent, le Brésil est actuellement le 5ème émetteur mondial de gaz à effet de serre, après la Chine, les Etats-unis (absents de la COP30), l’Inde et la Russie, et le 8ème producteur de pétrole. C’est aussi un pays où les gros projets d’extraction minière sont en plein essor.
Malgré ces contradictions, la présidence brésilienne, qui se réfère à l’enthousiasme du Sommet de la Terre à Rio en 1992, a diffusé un message fort sur la justice climatique, l’équité entre pays riches responsables historiques du dérèglement climatique et pays des Sud et sur la relance du multilatéralisme et l’ouverture démocratique de la COP30 (contrairement aux éditions précédentes dans des des régimes autoritaires) et appellé à la sortie des énergies fossiles. Le Brésil promeut des consultations sur la situation spécifique de l’Afrique. Si la prochaine COP en 2026 sera en Turquie, un consensus semble exister pour une COP32 en Afrique, en Ethiopie, en 2027. [4]
Côté société civile, un Sommet des Peuples très dynamique s’est tenu du 12 au 16 novembre, rassemblant plus de 25 000 participants (cf. informations plus bas). Le 15 novembre, lors d’une manifestation festive des mouvements sociaux et autochtones, 50 000 personnes ont défilé dans les rues de Belem sur près de cinq kilomètres, vers le centre de conférence officiel.
A cinq ans de l’échéance de 2030 pour les Objectifs de développement durable fixés par l’ONU (ODD), la COP se tient dans un contexte de dérèglement climatique de plus en plus inquiétant. L’Accord de Paris de 2015, débouchant sur des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre par pays (et régions comme l’Europe), a un peu freiné l’augmentation de ces émissions. 2024 a été l’année la plus chaude enregistrée depuis le début des mesures, dépassant le précédent record de 2023. C’est la première année où les 1,5° de réchauffement (par rapport à la période préindustrielle 1850-1900) sont dépassés. La moyenne planétaire du réchauffement atteint + 1,36 °C . L’objectif de l’Accord de Paris de 2015, limiter le réchauffement en dessous de + 2° en faisant porter les efforts à 1,5° n’est plus guère considéré comme atteignable. La poursuite des politiques climatiques actuelles entrainerait un réchauffement de + 2,3 à 3°c à 2100 selon les estimations [5], d’autant que l’extraction de charbon, de pétrole et de gaz repartent à la hausse. [6]. Les émissions de gaz à effet de serre (y compris le méthane et le protoxyde d’azote) dues aux activités humaines et aux méga-feux ont battu des records en 2024, tandis que les écosystèmes fragilisés et les océans parviennent de moins en moins à absorber le CO2 [7].
En bref, pour rester dans l’objectif de 2° de réchauffement climatique, les émissions annuelles de GES devraient être réduites de 35% comparées à leur niveau de 2019 (et de 55% pour l’objectif de 1,5°), et ce en un temps très court, qui n’est guère réaliste. Le seuil de +1,5° devrait être atteint au cours de la décennie prochaine.
Le contexte international est marqué par de multiples crises géopolitiques, des conflits armés, générant une augmentation des dépenses militaires, la sortie des Etats-Unis (2ème émetteur de gaz à effet de serre) de l’Accord de Paris annoncée pour janvier 2026 [8] et un "backlash" écologique (retour en arrière), y compris au niveau des politiques de l’Union européenne qui n’ont d’abord présenté qu’une vague "déclaration d’intention [9]. Les discussions techniques préparatoires à la COP30, notamment celles de juin 2025 au siège de la Convention climat à Bonn en Allemagne, n’avaient guère permis d’avancer.
Les enjeux de la COP30 portent sur le bilan de la mise en œuvre de l’Accord de Paris, les nouvelles "Contributions déterminées au niveau national" révisées (il s’agit du 3ème cycle d’actualisation des politiques climatiques des pays, tous les 5 ans jusqu’en 2035, selon l’article 4-2 de l’Accord de Paris). Elles ont tardé jusqu’au dernier moment à être publiées, dont celle de l’Union européenne [10] ou de la Chine. Autres sujets des négociations : l’objectif mondial d’adaptation, avec l’adoption de cent indicateurs de suivi [11] ; les modalités de la "transition juste" (agenda impulsé au départ par les syndicats, ONG et l’Organisation internationale du travail) ; et bien sûr les financements.
Les financements constituent toujours un point de clivage entre les pays riches et les pays des Suds (article 9.1 de l’Accord de Paris : obligation des pays développés de fournir un financement). La COP29 avait pris un engagement de 1300 milliards de dollars par an de financements climatiques d’ici 2035 pour les pays en développement. Les modalités à discuter figurent dans une « Feuille de route de Bakou à Belém vers les 1 300 milliards » publiée en novembre. Les besoins sont immenses et les "inégalités climatiques" fortes. Publié avant la COP30, le nouveau rapport du PNUD sur l’indice mondial de pauvreté multidimensionnelle indique que près de 80 % des personnes pauvres dans le monde vivent dans des régions exposées aux aléas climatiques comme les chaleurs extrêmes, les inondations, la sécheresse ou la pollution de l’air (soit 887 millions de personnes, majoritairement en Asie du Sud et Afrique subsaharienne). [12]
Lors du Sommet climat du 24 septembre dans le cadre de l’Assemblée générale annuelle de l’ONU, une soixantaine de pays avaient présenté leurs plans climat actualisés, mais outre leur manque de précision, ils représentaient un peu moins de 26 % des émissions mondiales. [13]. Selon le bilan publié le 28 octobre par l’ONU ("Nationally determined contributions under the Paris Agreement Synthesis report) [14], ces plans climat actualisés n’entraineraient qu’une diminution de l’ordre de 10% des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2035 par rapport aux niveau de 2019... Entre-temps près de 100 pays ont déposé leur NDC (pour une mise à jour au fur et à mesure, cf. le répertoire sur le site de la CNUCC).
Pendant ce temps, le secteur bancaire continue à financer les industries fossiles près de trois plus que les renouvelables [15]. Les énergies renouvelables poursuivent leur forte expansion, mais loin d’une "transition", les sources d’énergie ont tendance jusqu’à présent à s’additionner. De plus l’énergie "verte" entraine une course à l’extraction minière partout dans le monde (cobalt, nickel, or, lithium, etc). Selon la coalition d’ONG Kick Big Polluters Out,1600 représentants des énergies fossiles sont inscrits à la COP30, soit environ un lobbyiste pour 25 participant-e. Malgré les promesses, leur nombre continue donc plutôt à augmenter. [16]
La COP30 est présentée comme "COP de la forêt" du fait de sa tenue en Amazonie. Lors de précédentes COP (26, 28), des coalitions de pays avaient pris des engagements pour l’arrêt de la déforestation d’ici 2030, mais celle-ci se poursuit. Le Brésil promeut un projet de Fonds d’investissement pour la préservation des forêts tropicales (Tropical Forest Forever Fund ou TFFF) - que certaines organisations de la société civile, notamment le Mouvement Mondial pour les Forêts Tropicales, considèrent comme une énième "fausse solution climat", un mécanisme encore une fois fondé sur le marché, probablement administré par la Banque mondiale. [17]. Le 15 septembre, le réseau Mapbiomas publiait une estimation de 49 millions d’hectares disparus entre 1985 et 2024 (équivalent à la surface d’un pays comme l’Espagne) [18]. La plus grande forêt tropicale du monde, dont certaines zones dans le sud et l’est ne sont déjà plus des "puits de carbone" mais au contraire sont devenus émetteurs de C02, s’approcherait du "point de non-retour", avec le risque d’un processus de transformation en savanes. [19]
Enjeu crucial : la mobilisation et la participation des mouvements de peuples autochtones et des organisations de la société civile au Brésil et d’une manière générale en Amérique Latine. Un Sommet des Peuples s’organise depuis 2023, à partir de "dialogues amazoniens" qui se sont internationalisés notamment lors des précédentes COP climat, biodiversité. Englobé dans un processus plus large de mobilisation, le Sommet des Peuples s’est tenu du 12 au 15 novembre 2025, sur la base d’un manifeste politique (cf. liens ci-dessous) qui rassemble plus de 1100 organisations et mouvements, pour la justice climatique. Les axes en sont : 1/ Territoires vivants, Souveraineté alimentaire populaire ; 2/ Réparations historiques, combattre le racisme environnemental, les fausses solutions et le pouvoir des entreprises ; 3/ Transition juste, populaire et inclusive ; 4/Contre les oppressions, pour la démocratie et pour l’internationalisme des peuples ; 5/ Villes justes et périphéries vivantes ; 6/ Féminisme populaire et résistances des femmes dans les territoires. L’objectif est de déboucher sur un traité des peuples et de poursuivre la construction et l’interconnexion du mouvement international pour la justice climatique.
Le 15 novembre a été un jour de marche à Belem et de mobilisation générale. Cette manifestation festive a rassemblé 50 000 personnes selon les organisateurs, jusqu’au site de la COP officielle. Le “Banquetaço” du Sommet des peuples ("grande fête) a conclu le programme le 16 novembre, avec ses cuisines collectives, aliments agroécologiques et partage populaire sur la Praça da República. "Une célébration du droit humain à une nourriture saine et authentique, du champ à la table", selon les organisateurs-trices, pour qui "se nourrir est un acte politique".
Les questions de genre constituent une composante importante de l’ordre du jour de la COP30. Suite à la décision de la COP29 de prolonger de dix ans le "Programme d’action sur le genre" de la Convention climat, la COP30 doit discuter et adopter un nouveau Plan d’action Genre et climat (Gender Action Plan).
Chaque année, le groupe de travail sur le genre de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) fait un rapport annuel sur les progrès de l’intégration d’une perspective genre et de la participation des femmes. Il indique ainsi que la parité dans les délégations nationales est en progrès mais toujours pas atteinte : on comptait 30 à 35 % de femmes dans les délégations en 2024 (12% en 2008).
La mobilisation des associations de femmes et féministes à la COP30 est importante. Article détaillé sur le genre et la mobilisation féministe à la COP30
Des difficultés d’accès, d’hébergement et de coûts sont pointés par différents pays et organisations de la société civile, comme susceptibles de compromettre la participation d’Etats défavorisés et d’organisations de la société civile à cette conférence se tenant au coeur de l’Amazonie. Le gouvernement brésilien appelle les entreprises à participer, alors que la présence massive de lobbyistes des industries notamment fossiles a été fortement critiquée aux précédentes conférences climat.
Des campagnes internationales d’organisations de la société civile alertent sur nombre d’incohérences qui ne devraient pas être éludées dans les négociations climat. Parmi elles :
La multiplication des grands projets extractivistes. Un groupe d’organisations de la société civile et chercheurs [20] a fait une cartographie des “bombes carbone” (définies comme les projets d’extraction de gaz, pétrole ou charbon qui vont émettre plus d’un gigatonne de CO₂ sur leur durée de vie restante) : ils sont maintenant 601. L’industrie fossile a prévu plus de 2 300 nouveaux projets depuis 2021, qui verront le jour d’ici 2050 [21]
L’impact de la militarisation sur le climat. Les dépenses militaires sont de l’ordre de 2 700 milliards de dollars par an."War on Climate" rappelle que les conflits armés émettent plus de CO₂que la plupart des pays mais ces émissions restent exclues des rapports obligatoires. Les dépenses militaires sont trente fois supérieures à celles contre le changement climatique. Il faut évaluer et comptabiliser ces émissions dans les bilans carbone. [22]
Le processus de concentration des richesses mondiales et le comportement délétère de la minorité des ultra-riches : selon un rapport d’Oxfam paru en octobre 2025, "Un individu appartenant aux 0,1 % les plus riches émet plus de CO₂ en une seule journée qu’une personne parmi les 50 % les plus pauvres en une année entière", du fait de son mode de vie et de ses investissements financiers. Pour respecter l’objectif de +1,5°C, les plus riches devraient réduire leurs émissions individuelles de 99 % d’ici 2030 ! [23]. Le World inequality lab indique que les 0,001% les plus riches détiennent un patrimoine plus de deux fois supérieur à celui de la moitié la plus pauvre de la population mondiale. [24]
Le système agricole et alimentaire. L’agriculture industrielle intensive représente plus de 44 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Le système agricole et alimentaire est le deuxième émetteur de GES après les énergies fossiles. "Il est urgent d’inverser la tendance à l’utilisation accrue d’agrochimiques, d’énergies fossiles, de l’élevage intensif, ainsi qu’au transport, à la transformation, à l’emballage, à la réfrigération des aliments et au gaspillage massif à l’échelle mondiale. Il est crucial de distinguer l’agrobusiness industrielle, les véritables responsables de la déforestation et de la pollution, des paysan.nes, qui cultivent la terre, nourrissent les peuples et refroidissent la planète, constituant une part essentielle de la solution à la crise de la Terre". Télécharger le manifeste de Via Campesina "Agroécologie paysanne et Souveraineté Alimentaire pour des Transitions Justes
Le système financier international injuste et le poids de la dette : les pays les plus pauvres subissent la lourde charge de l’endettement (et des remboursements, dont les flux vont la plupart du temps en direction des pays riches), qui rend impossible de financer des politiques sociales et d’adaptation aux changements climatiques. Une revendication est de cesser de financer les "aides" aux politiques climatiques des pays les plus pauvres par des prêts, qui alimentent la dette. Cf. notamment le rapport « Cartographie des financements Dette – Climat » [25]
Informations officielles
Rubrique COP30 de la CCNUCC ; chaine TV
Manuel de l’observateur à la CO30 (toutes les informations pratiques de la CCNUCC) : Télécharger (en français)
Site web de la présidence brésilienne de la COP ; informations COP30 Brasil Radio Bulletin
Courriers de la présidence brésilienne de la COP30
Calendrier des conférences "side events" à la COP30
Rapport de synthèse du secrétariat de la CCNUCC sur les Contributions nationales (plans climat) présentés pour la COP30 ("Nationally determined contributions under the Paris Agreement"), 28 octobre. Télécharger (en anglais)
Mobilisations société civile
Sommet des Peuples ; Appel du Sommet des Peuples vers la COP30 ; Organisations signataires
Mobilisation mondiale 15-28 Septembre "Draw the Line" / Fixons les limites
28 septembre, "Climat, justice, liberté !" ; à Paris : marche de Gare du Nord vers Opéra vers République.
Réseaux internationaux : Climate Action Network ; Ibon International Climate Justice Hub ; Oilwatch International ; Women Gender Climate Constituency ; Pan African Climate Justice Alliance
Campagne mondiale pour faire payer les plus riches https://makerichpolluterspay.org/
Femmes, genre et climat
Adéquations : article détaillé sur le genre et la mobilisation féministe la COP30
Rubrique "Femmes et genre à la COP30" de la CCNUCC
Calendrier des conférences ("side events") sur les questions de genre à la COP30
CCNUCC : Progress in integrating a gender perspective into constituted body processes, Rapport de synthèse, 12 septembre 2025. Télécharger (en anglais) ; Gender Composition (rapport annuel de suivi des progrès de l’égalité de genre dans les instances et politiques climat) Télécharger (en anglais)
Projet de Plan d’action genre en discussion à la COP30
Constituante femmes et genre, représentée à la Convention climat : https://womengenderclimate.org ; Avis du Women and Gender Constituency sur le plan d’action genre de la CCNUCC (télécharger en anglais)
Plaidoyers féministes : WECAN :Appel à l’action Assemblée mondiale des femmes 2025 : vers la COP30 et au-delà ; Déclaration des femmes et des filles africaines Sommet climat septembre 2025
Programme Féministes pour des alternatives Climat Environnement
Suivi de l’intégration du genre dans les politiques climat : https://genderclimatetracker.org/
Base de données : Politiques genre, politiques climat dans 15 pays Africains(Programme Féministe pour des Alternatives climat Environnement)
Rapports, recherches et communications
Communication 6/11 de l’Organisation Météorologique Mondiale "L’année 2025 devrait être la deuxième ou troisième année la plus chaude jamais enregistrée dans un contexte de tendance au réchauffement exceptionnellement intense" ; télécharger le rapport Etat du climat (en anglais)
Emissions Gap Report 2025, PNUE. Télécharger (en anglais)
Suivi des engagements climat par les pays (en anglais) https://climateactiontracker.org/
Rapport sur les investissements bancaires dans les énergies fossiles : "Banking on Business as Usual.The energy finance imbalance", Reclaim Finance
"Le fonds Tropical Forests Forever : un nouveau piège pour les populations et les forêts du Sud global", Mouvement Mondial pour les Forêts Tropicales, octobre 2025
Cour internationale de Justice : obligations des Etats en matière de changement climatique, avis du 23 juillet 2025
Adéquations : Bilan de la COP29, Bakou
; Bilan de la COP28, Dubaï
Plaidoyer "L’UE affaiblit les règles qui protègent les peuples et l’environnement"
[1] et défendu à la COP par les groupes officiellement représentés comme les ONG environnementales (ENGO), les syndicats (TUNGO), les organisations de jeunes (YOUNGO) et celles des femmes et féministes (WGC)
[2] Même si cela semble curieux et sera une source de complexité, d’autres COP dans le passé ont déjà été présidées par un Etat différent de celui qui accueille géographiquement la COP.
[3] https://cop30.br/en/news-about-cop30/call-of-belem-for-the-climate-urges-countries-to-respond-urgently-to-the-global-crisis
[4] Les COP sont tournantes dans les différents continents. En Afrique, des COP ont eu lieu en 2001 et 2016 au Maroc, 2011 en Afrique du Sud, 2022 en Egypte. L’Éthiopie avait annoncé sa candidature lors du deuxième sommet africain sur le climat en septembre 2025 et a rencontré plus de suffrages que le Nigéria.
[5] La 16ème édition du rapport "Emissions Gap" du Programme des Nations unies pour l’environnement paru le 4 novembre 2025 estime que si les Politiques climat actualisées présentées par les Etats sont réellement mise en oeuvre, le réchauffement pourrait ralentir un peu, soit 2.3-2.5°C contre 2,8° avec les politiques en cours.
[6] https://productiongap.org/, Rapport septembre 2025. Il mesure l’écart entre les prévisions de production d’énergies fossiles et les politiques requises pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris. Cette production est 77 % supérieure aux quantités prévues dans un scénario de limitation du réchauffement à 2 °C. Télécharger le résumé en français
[7] "Les niveaux de dioxyde de carbone battent des records en 2024", Bulletin sur les gaz à effet de serre de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), octobre 2025
[8] Selon le président américain, le réchauffement climatique est "un canular"
[9] La Loi européenne sur le climat fixe l’objectif pour l’UE de parvenir à la "neutralité carbone" en 2050. Les divergences entre pays, notamment sur la place du nucléaire ou l’utilisation de "crédits carbone", ont freiné l’obtention d’un accord sur une cible intermédiaire de réduction des émissions de GES
[10] Après des négociations laborieuses, l’UE s’est entendue le 5 novembre sur un objectif de baisse de ses émissions de GES de 66,25 à 72,5 % d’ici à 2035, par rapport à 1990
[11] Présentés début septembre ici : https://unfccc.int/documents/649629
[12] Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et l’Initiative Oxford Pauvreté et Développement Humain (OPHI), octobre 2025. Communiqué en français ; télécharger le rapport (en anglais)
[13] "Hormis le Japon, le Royaume-Uni, le Canada, la Norvège, la Suisse, l’Australie ou la Nouvelle-Zélande, les pays ayant soumis de nouveaux engagements sont pour la plupart des pays en développement, comme le Brésil, le Nigeria ou le Népal. Au total, ils ne représentent que 25,7 % des émissions mondiales, selon le site Climate Action Tracker"[[Article Reporterre
[14] https://unfccc.int/news/the-direction-of-travel-improving-every-year-but-we-need-to-urgently-pick-up-the-pace-un-climate. Télécharger (anglais)
[15] Selon Reclaim Finance, sur la période 2021-2024, 65 banques analysées ont alloué 3 285 milliards de dollars aux fossiles contre 1 368 milliards à la transition écologique
[17] Le fonds Tropical Forests Forever : un nouveau piège pour les populations et les forêts du Sud global, octobre 2025. Télécharger (version française, 24 p.)
[18] https://brasil.mapbiomas.org/2025/09/15/amazonia-perdeu-quase-50-milhoes-de-hectares-de-florestas-nos-ultimos-40-anos
[19] Les "Tipping points" désignent des "points de bascule" quand des écosystèmes essentiels à la stabilité écologique et celle du climat de la planète se modifient de façon irréversible, comme les massifs coralliens, les forêts tropicales, les glaciers ; The Global Tipping Points Report 2025 https://global-tipping-points.org/
[20] Data for Good, Reclaim Finance, Eclaircies, Lingo
[21] https://reclaimfinance.org/site/2025/10/27/de-nouvelles-donnees-sur-les-bombes-carbone-revelent-que-les-projets-dextraction-fossile-exploseront-le-budget-carbone-mondial/ ; https://carbonbombs.org/
[23] Pillage climatique : comment une puissante minorité plonge le monde dans le chaos ». "Chaque jour, une personne parmi les 0,1 % les plus riches émet plus de 800 kg de CO₂, un poids que même l’homme le plus fort du monde ne pourrait soulever. À l’inverse, une personne parmi les 50 % les plus pauvres émet en moyenne 2 kg de CO₂ par jour – un poids qu’un enfant peut porter" Télécharger en français
[24] World Inequality Report 2026 https://wir2026.wid.world/