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Déclaration du Sommet des Peuples, COP30Samedi 22 novembre 2025 Le Sommet des Peuples en parallèle à la COP30, aboutissement d’un processus de concertation ayant mobilisé 70 000 représentant-es de la société civile, constitue un jalon important dans l’interconnexion des mobilisations pour la justice climatique, contre l’économie extractiviste, pour l’agroécologie et la souveraineté alimentaire, avec une forte composante féministe. Ci-dessous la déclaration finale (en anglais avec une traduction d’Adéquations des constats et des propositions). |
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Ci-dessous une traduction en français à partir de la version en anglais de la Déclaration du sommet des Peuples à la COP30. Cette traduction concerne les principes généraux et les recommandations. Plus bas figure le texte complet en anglais avec sont introduction et les liens vers la version en espagnol et en portugais.
Les axes de mobilisation du Sommet des Peuples étaient : 1/ Territoires vivants, Souveraineté alimentaire populaire ; 2/ Réparations historiques, combattre le racisme environnemental, les fausses solutions et le pouvoir des entreprises ; 3/ Transition juste, populaire et inclusive ; 4/Contre les oppressions, pour la démocratie et pour l’internationalisme des peuples ; 5/ Villes justes et périphéries vivantes ; 6/ Féminisme populaire et résistances des femmes dans les territoires.
1.Le mode de production capitaliste est la cause principale de l’aggravation de la crise climatique. Les principaux problèmes environnementaux de notre époque sont la conséquence des relations de production, de circulation et d’élimination des marchandises, sous la logique et la domination du capital financier et des grandes entreprises capitalistes.
2.Les communautés des périphéries sont les plus touchées par les phénomènes climatiques extrêmes et le racisme environnemental. D’une part, elles sont confrontées à un manque d’infrastructures et de politiques d’adaptation. D’autre part, elles sont confrontées à un manque de justice et de réparations, en particulier les femmes, les jeunes, les personnes appauvries et les personnes de couleur.
3.Les entreprises transnationales, en collusion avec les gouvernements du Nord, sont au cœur du pouvoir dans le système capitaliste, raciste et patriarcal, étant les acteurs qui sont le plus à l’origine et profitent le plus des multiples crises auxquelles nous sommes confronté-es. Les industries minières, énergétiques, de l’armement, agroalimentaires et technologiques sont les principales responsables de la catastrophe climatique que nous connaissons actuellement.
4.Nous nous opposons à toute fausse solution à la crise climatique, y compris dans le domaine de la finance climat, qui perpétue des pratiques néfastes, crée des risques imprévisibles et détourne l’attention des solutions transformatrices fondées sur la justice climatique et la justice des peuples dans tous les biomes et écosystèmes. Nous avertissons que le TFFF [1], en tant que programme financiarisé, ne constitue pas une réponse adéquate. Tous les projets financiers doivent être soumis à des critères de transparence, d’accès démocratique, de participation et d’avantages réels pour les populations concernées.
5.L’échec du modèle actuel de multilatéralisme est évident. Les crimes environnementaux et les phénomènes climatiques extrêmes qui causent des morts et des destructions sont de plus en plus fréquents. Cela démontre l’échec d’innombrables conférences et réunions mondiales qui faisaient la promesse de résoudre ces problèmes, mais qui n’ont jamais abordé leurs causes structurelles.
6.La transition énergétique est mise en œuvre selon une logique capitaliste. Malgré l’expansion des énergies renouvelables, les émissions de gaz à effet de serre n’ont pas diminué. L’extension des sources de production d’énergie est elle aussi devenue un nouveau secteur pour l’accumulation du capital.
7.Enfin, nous affirmons que la privatisation, la marchandisation et la financiarisation des biens communs et des services publics entrent directement en contradiction avec les intérêts des peuples. Dans ce contexte, les lois, les institutions étatiques et la grande majorité des gouvernements ont été capturés, façonnés et subordonnés à la recherche du profit maximal par le capital financier et les entreprises transnationales. Des politiques publiques sont nécessaires pour favoriser le redressement des États et lutter contre la privatisation.
1.De lutter contre les fausses solutions du marché. L’air, les forêts, l’eau, la terre, les minéraux et les sources d’énergie ne peuvent rester des propriétés privées ou être appropriés, car ils constituent des biens communs des peuples.
2.Nous exigeons la participation et le leadership des peuples dans l’élaboration des solutions climatiques, en reconnaissant les savoirs ancestraux. La multidiversité des cultures et des visions du monde recèle une sagesse et des connaissances ancestrales que les États doivent reconnaître comme des références pour des solutions aux multiples crises qui affligent l’humanité et la Terre Mère.
3.Nous exigeons la démarcation et la protection des terres et des territoires des peuples autochtones et des autres populations et communautés locales, car ce sont eux qui garantissent la survie de la forêt. Nous exigeons que les gouvernements mettent en œuvre une politique de déforestation zéro, mettent fin aux incendies criminels et adoptent des politiques publiques visant à la restauration écologique et la remise en état des zones dégradées et affectées par la crise climatique.
3.Nous exigeons la démarcation et la protection des terres et des territoires des peuples autochtones et des autres populations et communautés locales, car ce sont eux qui garantissent la survie de la forêt. Nous exigeons que les gouvernements mettent en œuvre une politique de déforestation zéro, mettent fin aux incendies criminels et adoptent des politiques publiques visant à la restauration écologique et la remise en état des zones dégradées et affectées par la crise climatique.
4.Nous exigeons la mise en œuvre d’une réforme agraire populaire et la promotion de l’agroécologie afin de garantir la souveraineté alimentaire et de lutter contre la concentration des terres. Les peuples produisent des aliments sains pour nourrir les populations, afin d’éliminer la faim dans le monde, sur la base de la coopération et de l’accès à des techniques et technologies sous contrôle populaire. Il s’agit là d’un exemple de vraie solution pour faire face à la crise climatique. Il n’y a pas de justice climatique sans la restitution des terres aux peuples.
5.Nous exigeons la lutte contre le racisme environnemental et la construction de villes équitables et de périphéries vivables grâce à la mise en œuvre de politiques et de solutions environnementales. Le logement, l’assainissement, l’accès et l’usage de l’eau, le traitement des déchets solides, le reboisement et l’accès à la terre et des programmes de régularisation foncière doivent tenir compte d’une intégration avec la nature. Nous voulons des investissements dans des politiques de transport public et collectif de qualité gratuits. Il s’agit là de véritables alternatives pour lutter contre la crise climatique dans les territoires périphériques du monde entier, qui doivent être mises en œuvre avec un financement adéquat pour l’adaptation au changement climatique.
6.Nous militons pour la consultation directe, la participation et la gestion populaire des politiques climatiques dans les villes afin de faire face aux entreprises immobilières qui ont encouragé la marchandisation de la vie urbaine. La ville de la transition climatique et énergétique doit être une ville sans ségrégation, qui embrasse la diversité. Enfin, le financement climatique doit être subordonné à des protocoles visant à garantir la permanence du logement et, en fin de compte, des compensations équitables pour les personnes et les communautés, avec des garanties foncières et immobilière, tant dans les campagnes que dans les villes.
7.Nous exigeons la fin des guerres, nous exigeons la démilitarisation. Que toutes les ressources financières allouées aux guerres et à l’industrie de l’armement soient réorientées vers la transformation de ce monde. Que les dépenses militaires soient consacrées à la réparation et à la reconstruction des régions touchées par les catastrophes climatiques. Que toutes les mesures nécessaires soient prises pour empêcher et faire pression sur Israël, en le tenant responsable du génocide commis contre le peuple palestinien.
8. Nous exigeons une indemnisation équitable et intégrale pour les pertes et les dommages infligés aux populations par les projets d’investissement destructeurs, les barrages, l’exploitation minière, l’extraction de combustibles fossiles et les catastrophes climatiques. Nous exigeons également que les coupables de crimes économiques et socio-environnementaux qui touchent des millions de communautés et de familles à travers le monde soient jugés et punis.
9. Le travail de reproduction de la vie doit être rendu visible, valorisé, compris pour ce qu’il est – du travail – et partagé par la société dans son ensemble et avec l’État. Ce travail est essentiel à la continuité de la vie humaine et non humaine sur la planète. Il garantit également l’autonomie des femmes, qui ne peuvent pas être tenues individuellement responsables des soins, mais dont les contributions doivent être prises en compte : notre travail soutient l’économie. Nous voulons un monde où règnent la justice féministe, l’autonomie et la participation des femmes.
10. Nous exigeons une transition juste, souveraine et populaire qui garantisse les droits de tous les travailleur-ses, ainsi que le droit à des conditions de travail décentes, à la liberté d’association, à la négociation collective et à la protection sociale. Nous considérons l’énergie comme un bien commun et plaidons pour l’éradication de la pauvreté et de la dépendance énergétique. Ni le modèle énergétique ni la transition elle-même ne peuvent porter atteinte à la souveraineté d’un quelconque pays dans le monde.
11.Nous exigeons la fin de l’exploitation des combustibles fossiles et appelons les gouvernements à mettre en place des mécanismes pour garantir la non-prolifération des combustibles fossiles, dans le but d’une transition énergétique juste, populaire et inclusive, garantissant la souveraineté, la protection et la réparation des territoires, en particulier en Amazonie et dans d’autres régions sensibles qui sont essentielles à la vie sur la planète.
12. Nous luttons pour le financement public et l’imposition des entreprises et des individus les plus riches. Les coûts de la dégradation et des pertes environnementales imposés aux populations doivent être pris en charge par les secteurs qui profitent le plus de ce modèle. Cela inclut les fonds financiers, les banques et les entreprises des secteurs de l’agroalimentaire, de l’hydroélectricité, de l’aquaculture et de la pêche industrielle, de l’énergie et des mines. Ces acteurs doivent également supporter les investissements nécessaires à une transition juste fondée sur les besoins des populations.
13.Nous exigeons que les financements climat internationaux ne transitent pas par des institutions qui creusent les inégalités entre le Nord et le Sud, telles que le Fonds monétaire international et la Banque mondiale. Le financement doit être structuré de manière équitable, transparente et démocratique. Ce ne sont pas les peuples et les pays du Sud qui doivent continuer à payer leurs dettes aux puissances dominantes. Ce sont ces pays et leurs entreprises qui doivent commencer à rembourser la dette socio-environnementale accumulée au cours de siècles de pratiques impérialistes, colonialistes et racistes, par l’appropriation des biens communs et par la violence infligée à des millions de personnes qui ont été tuées et esclavagisées.
14. Nous dénonçons la criminalisation continue des mouvements, la persécution, l’assassinat et la disparition de nos dirigeant-es qui luttent pour la défense de leurs territoires, ainsi que des prisonnier-es politiques et des prisonnier-es palestinien-nes qui luttent pour la libération nationale. Nous exigeons que la protection des défenseur-ses des droits humains et socio-environnementaux soit renforcée dans l’agenda climatique mondial, dans le cadre de l’Accord d’Escazú [2], et d’autres réglementations régionales. Lorsqu’un-e défenseur-se protège le territoire et la nature, il et elle protège non seulement une personne, mais tout un peuple, ce qui profite à l’ensemble de la communauté mondiale.
15. Nous appelons au renforcement des instruments internationaux qui défendent les droits des peuples, leurs droits coutumiers et l’intégrité des écosystèmes. Nous avons besoin d’un instrument international juridiquement contraignant sur les droits humains et les entreprises transnationales, qui s’appuie sur la réalité concrète des luttes des communautés touchées par des violations, exigeant des droits pour les peuples et des règles pour les entreprises. Nous affirmons également que la Déclaration sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP) [3] devrait être l’un des piliers de la gouvernance climatique. La mise en œuvre complète des droits des paysan-nes permet aux populations de retourner sur leurs territoires, contribuant ainsi directement à leur sécurité alimentaire, à la préservation des sols et au refroidissement de la planète.
Enfin, nous pensons qu’il est temps d’unir nos forces et d’affronter notre ennemi commun. Si l’organisation est forte, la lutte est forte. C’est pourquoi notre principale tâche politique consiste à organiser les peuples de tous les pays et de tous les continents. Ancrons notre internationalisme dans chaque territoire et faisons de chaque territoire une tranchée dans la lutte internationale. Il est temps d’avancer de manière plus organisée, indépendante et unifiée, afin d’accroître notre prise de conscience conscience, notre force et notre combativité. C’est ainsi que nous pourrons résister et gagner.
Peuples du monde : unissez-vous !
We, the Peoples’ Summit, gathered in Belém do Pará, in the Brazilian Amazon, from 12 to 16 November 2025, declare to the peoples of the world what we have accumulated in struggles, debates, studies, exchanges of experiences, cultural activities and testimonies, over several months of preparation and during these days gathered here.
Our process brought together more than 70,000 people who make up local, national, and international movements of indigenous and traditional peoples, peasants, indigenous peoples, quilombolas, fishermen, extractivists (traditional peoples who live from sustainable forest extraction), shellfish gatherers, urban workers, trade unionists, homeless people, babassu coconut breakers, terreiro peoples, women, the LGBTQIAPN+ community, young people, Afro-descendants, the elderly, and peoples from the forest, the countryside, the peripheries, the seas, rivers, lakes, and mangroves. We have taken on the task of building a just and democratic world, with buen vivir/ bem viver/ good living for all. We are unity in diversity.
The advance of the extreme right, fascism and wars around the world exacerbates the climate crisis and the exploitation of nature and of peoples. The countries of the global North, transnational corporations, and the ruling classes bear the main responsibility for these crises. We salute the resistance and stand in solidarity with all peoples who are being cruelly attacked and threatened by the forces of the US empire, Israel and their allies in Europe. For more than 80 years, the Palestinian people have been victims of genocide perpetrated by the Zionist state of Israel, which has bombed the Gaza Strip, forcibly displaced millions of people and killed tens of thousands of innocent people, mostly children, women and the elderly. We totally repudiate the genocide perpetrated against Palestine. We offer our support and solidarity to the people who bravely resist, and to the Boycott, Divestment and Sanctions (BDS) movement.
At the same time, in the Caribbean Sea, the United States is intensifying its imperial presence. It is doing so by expanding joint operations, agreements and military bases, in collusion with the extreme right, under the pretext of combating drug trafficking and terrorism, as with the recently announced “Southern Spear” operation. Imperialism continues to threaten the sovereignty of peoples, criminalising social movements and legitimising interventions that have historically served private interests in the region. We stand in solidarity with the resistance of peoples under imperialist or resource-grabbing attacks in Venezuela, Cuba, Haiti, Ecuador, Panama, El Salvador, Colombia, the Democratic Republic of Congo, Mozambique, Nigeria, Sudan, and with the emancipatory popular projects of the peoples of the Sahel, Nepal and around the world.
There is no life without nature. There is no life without the ethics and the work of care. That is why feminism is central to our political project. We place the work of reproducing life at the centre, which is what radically differentiates us from those who want to preserve the logic and dynamics of an economic system that prioritises profit and the private accumulation of wealth.
Our worldview is guided by popular internationalism, with exchanges of knowledge and wisdom that build bonds of solidarity, struggle and cooperation among our peoples. True solutions are strengthened by this exchange of experiences, developed in our territories and by many hands. We are committed to stimulating, convening and strengthening these processes. Therefore, we welcome the announcement of the construction of the International Movement of People Affected by Dams, Socio-Environmental Crimes and the Climate Crisis.
We began our People’s Summit by navigating the rivers of the Amazon, which, with their waters, nourish the entire body. Like blood, they sustain life and feed a sea of encounters and hopes. We also recognise the presence of enchanted beings and other fundamental beings in the worldview of indigenous and traditional peoples, whose spiritual strength guides paths, protects territories and inspires struggles for life, memory and a world of good living.
1. The capitalist mode of production is the main cause of the growing climate crisis. The main environmental problems of our time are a consequence of the relations of production, circulation, and disposal of goods, under the logic and domination of financial capital and large capitalist corporations.
2. Peripheral communities are the most affected by extreme weather events and environmental racism. On the one hand, they face a lack of infrastructure and adaptation policies. On the other hand, they face a lack of justice and reparations, especially for women, young people, impoverished people, and people of colour.
3. Transnational corporations, in collusion with governments in the global North, are at the centre of power in the capitalist, racist and patriarchal system, being the actors that most cause and benefit from the multiple crises we face. The mining, energy, arms, agribusiness and Big Tech industries are primarily responsible for the climate catastrophe we are experiencing.
4. We oppose any false solutions to the climate crisis, including in climate finance, that perpetuate harmful practices, create unpredictable risks, and divert attention from transformative solutions based on climate justice and the justice of peoples in all biomes and ecosystems. We warn that the TFFF, being a financialised programme, is not an adequate response. All financial projects must be subject to criteria of transparency, democratic access, participation and real benefit for affected populations.
5. The failure of the current model of multilateralism is evident. Environmental crimes and extreme weather events that cause death and destruction are becoming increasingly common. This demonstrates the failure of countless global conferences and meetings that promised to solve these problems but never addressed their structural causes.
6. The energy transition is being implemented under capitalist logic. Despite the expansion of renewable sources, there has been no reduction in greenhouse gas emissions. The expansion of energy production sources has also become a new space for capital accumulation.
7. Finally, we affirm that the privatisation, commodification and financialisation of common goods and public services are directly contrary to the interests of the people. In this context, laws, state institutions and the vast majority of governments have been captured, shaped and subordinated to the pursuit of maximum profit by financial capital and transnational corporations. Public policies are needed to advance the recovery of states and tackle privatisation.
1. Confronting false market solutions. Air, forests, water, land, minerals, and energy sources cannot remain private property or be appropriated, because they are common goods of the people.
2. We demand the participation and leadership of peoples in the construction of climate solutions, recognising ancestral knowledge. The multidiversity of cultures and worldviews carries ancestral wisdom and knowledge that states must recognise as references for solutions to the multiple crises afflicting humanity and Mother Nature.
3. We demand the demarcation and protection of the lands and territories of indigenous peoples and other local peoples and communities, as they are the ones who guarantee the survival of the forest. We demand that governments implement zero deforestation, end criminal burning, and adopt state policies for ecological restoration and recovery of areas degraded and affected by the climate crisis.
4. We demand the implementation of popular agrarian reform and the promotion of agroecology to guarantee food sovereignty and combat land concentration. Peoples produce healthy food to feed the people, in order to eliminate hunger in the world, based on cooperation and access to techniques and technologies under popular control. This is an example of a real solution to confront the climate crisis. There is no climate justice without land back in the hands of peoples.
5. We demand the fight against environmental racism and the construction of fair cities and living peripheries through the implementation of environmental policies and solutions. Housing, sanitation, water access and use, solid waste treatment, afforestation, and access to land and land regularisation programmes must consider integration with nature. We want investment in quality public and collective transport policies with zero fares. These are real alternatives for tackling the climate crisis in peripheral territories around the world, which must be implemented with adequate funding for climate adaptation.
6. We advocate direct consultation, participation, and popular management of climate policies in cities to confront real estate corporations that have advanced the commodification of urban life. The city of climate and energy transition should be a city without segregation that embraces diversity. Finally, climate financing should be conditional on protocols that aim at housing permanence and, ultimately, fair compensation for people and communities with guaranteed land and housing, both in the countryside and in cities.
7. We demand an end to wars, we demand demilitarisation. That all financial resources allocated to wars and the war industry be redirected to the transformation of this world. That military spending be directed towards the repair and recovery of regions affected by climate disasters. That all necessary measures be taken to prevent and pressure Israel, holding it accountable for the genocide committed against the Palestinian people.
8. We demand fair and full compensation for the losses and damages imposed on peoples by destructive investment projects, dams, mining, fossil fuel extraction, and climate disasters. We also demand that those guilty of economic and socio-environmental crimes that affect millions of communities and families around the world be tried and punished.
9. The work of reproducing life must be made visible, valued, understood for what it is – work – and shared by society as a whole and with the state. This work is essential for the continuity of human and non-human life on the planet. It also guarantees the autonomy of women, who cannot be held individually responsible for care, but whose contributions must be taken into account : our work sustains the economy. We want a world with feminist justice, autonomy and participation of women.
10. We demand a just, sovereign and popular transition that guarantees the rights of all workers, as well as the right to decent working conditions, freedom of association, collective bargaining and social protection. We consider energy to be a common good and advocate for the overcoming of poverty and energy dependence. Neither the energy model nor the transition itself can violate the sovereignty of any country in the world.
11. We demand an end to the exploitation of fossil fuels and call on governments to develop mechanisms to ensure the non-proliferation of fossil fuels, aiming for a just, popular and inclusive energy transition with sovereignty, protection and reparation for territories, particularly in the Amazon and other sensitive regions that are essential for life on the planet.
12. We fight for public financing and taxation of corporations and the wealthiest individuals. The costs of environmental degradation and losses imposed on populations must be paid by the sectors that benefit most from this model. This includes financial funds, banks, and corporations in agribusiness, hydrobusiness, aquaculture and industrial fishing, energy, and mining. These actors must also bear the necessary investments for a just transition focused on the needs of the people.
13. We demand that international climate financing not go through institutions that deepen inequality between North and South, such as the IMF and the World Bank. It must be structured in a fair, transparent, and democratic manner. It is not the peoples and countries of the global South that should continue to pay debts to the dominant powers. It is these countries and their corporations that need to begin to pay off the socio-environmental debt accumulated through centuries of imperialist, colonialist and racist practices, through the appropriation of common goods and through the violence imposed on millions of people who have been killed and enslaved.
14. We denounce the ongoing criminalisation of movements, the persecution, murder and disappearance of our leaders who fight in defence of their territories, as well as political prisoners and Palestinian prisoners who fight for national liberation. We demand the expansion of protection for human and socio-environmental rights defenders in the global climate agenda, within the framework of the Escazú Agreement and other regional regulations. When a defender protects the territory and nature, they protect not only an individual, but an entire people, benefiting the entire global community.
15. We call for the strengthening of international instruments that defend the rights of peoples, their customary rights and the integrity of ecosystems. We need a legally binding international instrument on human rights and transnational corporations, which is built on the concrete reality of the struggles of communities affected by violations, demanding rights for peoples and rules for corporations. We also affirm that the Declaration on the Rights of Peasants and Other People Working in Rural Areas (UNDROP) should be one of the pillars of climate governance. The full implementation of peasants’ rights returns people to their territories, directly contributing to their food security, soil care and the cooling of the planet.
Finally, we believe that it is time to unite our forces and face our common enemy. If the organisation is strong, the struggle is strong. For this reason, our main political task is to organise the peoples of all countries and continents. Let us root our internationalism in each territory and make each territory a trench in the international struggle. It is time to move forward in a more organised, independent and unified way, to increase our awareness, strength and combativeness. This is the way to resist and win.
Peoples of the world : Unite
Sommet des Peuples
Déclaration du Sommet des Peuples en espagnol ; en portugais
[1] Le Brésil promeut un projet de Fonds d’investissement pour la préservation des forêts tropicales (Tropical Forest Forever Fund ou TFFF) - que des organisations de la société civile, comme le Mouvement Mondial pour les Forêts Tropicales, considèrent comme une énième "fausse solution climat", un mécanisme encore une fois fondé sur le marché (note Adéquations)
[2] L’Accord régional sur l’accès à l’information, la participation du public et la justice en matière d’environnement en Amérique latine et dans les Caraïbes est un important Traité international issu de la Conférence des Nations unies sur le développement durable de 2012 (note Adéquations)
[3] La Déclaration des Nations unies sur les droits des paysans et des autres personnes travaillant dans les zones rurales (UNDROP en anglais) est une importante résolution juridiquement non-contraignante adoptée par l’Assemblée générale des Nations unies en décembre 2018 (note Adéquations)