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Mercredi 8 décembre 2021

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Agenda 21 chapitre 14. Promotion d’un développement agricole et rural durable

2008

En l’an 2025, 83 % de la population mondiale qui, selon les prévisions, atteindra 8,5 milliards d’habitants, vivront dans les pays en développement. Or, l’incertitude demeure quant à la capacité des ressources et des techniques disponibles de satisfaire les besoins de cette population croissante en denrées alimentaires et autres produits agricoles. L’agriculture devra relever ces défis...


 14I. Gestion des ravageurs et lutte phytosanitaire intégrées en agriculture

Principes d’action

14.74
Les projections de la demande mondiale de produits alimentaires indiquent que cette demande devrait augmenter de 50 % d’ici à l’an 2000 et qu’elle devrait augmenter encore de plus du double d’ici à 2050. Selon des évaluations prudentes, les pertes avant et après récolte provoquées par les ravageurs devraient atteindre entre 25 et 50 %. Les parasites qui affectent la santé des animaux causent aussi de lourdes pertes et empêchent l’expansion du cheptel dans de nombreux endroits. La lutte chimique contre les ravageurs agricoles a d’abord eu la priorité, mais son utilisation excessive a eu des effets négatifs sur les budgets des entreprises agricoles, la santé humaine et l’environnement ainsi que sur le commerce international. De nouveaux problèmes causés par les ravageurs continuent de surgir. La gestion intégrée des ravageurs, qui associe les techniques de lutte biologique, la résistance génétique et les façons culturales appropriées et réduit l’emploi des pesticides, constitue la meilleure option pour l’avenir, parce qu’elle garantit les rendements, réduit les coûts, protège l’environnement et contribue à assurer une exploitation agricole viable. La gestion intégrée des ravageurs devrait aller de pair avec une gestion appropriée des pesticides, pour permettre une réglementation et un contrôle des pesticides, englobant le commerce ainsi que la manutention et l’élimination des pesticides dans des conditions de sécurité, en particulier de ceux qui sont toxiques et persistants.

Objectifs

14.75
Les objectifs dans le domaine d’activité considéré sont les suivants :

a) Améliorer et installer, d’ici l’an 2000 au plus tard, des services de protection des végétaux et de santé animale comprenant des mécanismes pour limiter la distribution et l’emploi des pesticides et pour faire appliquer le Code international de conduite sur la distribution et l’utilisation des pesticides ;

b) Renforcer ou lancer des programmes permettant de mettre des pratiques de gestion intégrée des ravageurs à la portée des agriculteurs grâce à des réseaux d’exploitants, des services de vulgarisation et des institutions de recherche ;

c) Pour 1998 au plus tard, créer parmi les agriculteurs, les chercheurs et les services de vulgarisation des réseaux opérationnels et interactifs propres à promouvoir et à développer la gestion intégrée des ravageurs.

Activités

A) Activités liées à la gestion

14.76
Les gouvernements, au niveau approprié et avec l’appui des organisations internationales et régionales compétentes, devraient :

a) Examiner et modifier les politiques nationales et les mécanismes qui garantissent l’utilisation appropriée et sans danger des pesticides - par exemple, la fixation des prix de ces produits, les équipes de lutte contre les ravageurs, la structure des prix des intrants et des extrants, et les politiques et plans d’action en matière de gestion intégrée des ravageurs ;

b) Elaborer et adopter des systèmes efficaces de gestion pour maîtriser et surveiller la fréquence des parasites et des maladies dans l’agriculture ainsi que la distribution et l’utilisation des pesticides au niveau national ;

c) Encourager la recherche-développement concernant les pesticides sélectifs qui se décomposent en éléments non nocifs après utilisation ;

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d) Veiller à ce que les étiquettes des pesticides contiennent des informations que les agriculteurs puissent comprendre au sujet de la manipulation, de l’application et de l’élimination de ces produits.

B) Données et information

14.77
Les gouvernements, au niveau approprié et avec l’appui des organisations internationales et régionales compétentes, devraient :

a) Consolider et harmoniser les informations et programmes existants sur les utilisations de pesticides qui ont été interdits ou sévèrement limités dans différents pays ;

b) Récapituler, étayer et diffuser les informations relatives aux agents de lutte biologique et aux pesticides organiques, ainsi que sur les connaissances et pratiques traditionnelles et autres concernant les moyens non chimiques de lutter contre les ravageurs ;

c) Lancer des enquêtes nationales pour établir des informations de base sur l’utilisation des pesticides dans chaque pays et les effets secondaires de ceux-ci sur la santé humaine et l’environnement, et mener des campagnes d’éducation appropriées.

C) Coopération et coordination internationales et régionales

14.78 Les organismes des Nations Unies et organisations régionales appropriés devraient :

a) Mettre en place un système de collecte, d’analyse et de diffusion de données sur la quantité et la qualité des pesticides utilisés chaque année et leur impact sur la santé humaine et sur l’environnement ;

b) Renforcer les projets régionaux interdisciplinaires et créer des réseaux de gestion intégrée des ravageurs en vue de démontrer les avantages sociaux, économiques et environnementaux que présente pour les cultures vivrières et commerciales la gestion intégrée des ravageurs ;

c) Mettre au point un système approprié de gestion intégrée des ravageurs, comprenant la sélection du type de lutte - tant biologique, physique ou cultural que chimique - en tenant compte des conditions régionales particulières.

Moyens d’exécution

A) Financement et évaluation des coûts

14.79
Le secrétariat de la Conférence a estimé que le montant total des dépenses afférentes à la mise en oeuvre des activités relevant du présent domaine pour la période 1993-2000 se chiffrerait en moyenne à environ 1,9 milliard de dollars par an, y compris un montant d’environ 285 millions de dollars qui serait financé par la communauté internationale sous forme de dons ou à des conditions concessionnelles. Il ne s’agit que d’estimations approximatives données à titre indicatif, qui n’ont pas été examinées par les gouvernements. Les dépenses effectives et les conditions financières, y compris les conditions non concessionnelles, dépendront notamment des stratégies et programmes spécifiques que les gouvernements décideront de mettre en oeuvre.

B) Moyens scientifiques et techniques

14.80
Les gouvernements, au niveau approprié et avec l’appui des organisations internationales et régionales compétentes, devraient entreprendre des recherches dans les exploitations agricoles en vue de la mise au point de techniques de remplacement non chimiques pour la gestion des ravageurs.

C) Mise en valeur des ressources humaines

14.81
Les gouvernements, au niveau approprié et avec l’appui des organisations internationales et régionales compétentes, devraient :

a) Elaborer et mener des programmes de formation concernant les méthodes et les techniques de gestion intégrée des ravageurs et de contrôle de l’utilisation des pesticides, afin d’informer les responsables politiques, les chercheurs, les organisations non gouvernementales et les exploitants agricoles ;

b) Former les agents de la vulgarisation et faire participer les agriculteurs et les groupements féminins aux méthodes phytosanitaires et aux moyens non chimiques de lutte contre les ravageurs dans l’agriculture.

D) Renforcement des capacités

14.82
Les gouvernements, au niveau approprié et avec l’appui des organisations internationales et régionales compétentes, devraient renforcer les administrations nationales et les organes de réglementation pour assurer le contrôle des pesticides et le transfert de technologie en vue d’une gestion intégrée des ravageurs.

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