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Mercredi 8 décembre 2021

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Agenda 21 chapitre 18. Protection des ressources en eau douce et de leur qualité : application d’approches intégrées de la mise en valeur, de la gestion et de l’utilisation des ressources en eau

2008

L’eau est nécessaire à tous les aspects de la vie. L’objectif général est de veiller à ce que l’ensemble de la population de la planète dispose en permanence d’approvisionnements suffisants en eau de bonne qualité tout en préservant les fonctions hydrologiques, biologiques et chimiques des écosystèmes, en adaptant les activités humaines à la capacité limite de la nature et en luttant contre les vecteurs des maladies liées à l’eau.


 18E. L’eau et le développement urbain durable

Principes d’action

18.56
Dès le début du XXIe siècle, plus de la moitié de la population mondiale vivra dans des zones urbaines. En 2025, ce chiffre sera passé à 60 %, soit 5 milliards de personnes. La rapidité de la croissance de la population citadine et l’industrialisation mettent à rude épreuve les capacités de nombreuses villes en ce qui concerne les ressources en eau et la protection de l’environnement. Il faut accorder une attention particulière aux incidences croissantes de l’urbanisation sur la demande d’eau et l’utilisation des ressources en eau, ainsi que sur le rôle vital qui revient à l’administration locale et municipale en ce qui concerne la gestion de l’approvisionnement, de l’utilisation et de toutes les opérations de traitement de l’eau, en particulier dans les pays en développement qui ont besoin de recevoir un appui spécial. Le manque d’eau douce et le coût croissant de l’exploitation de nouvelles ressources ont un impact considérable sur le développement industriel et agricole et sur celui des établissements humains, ainsi que sur la croissance économique des pays. Une meilleure gestion des ressources en eau des villes, et notamment l’élimination de types de consommation insoutenables, pourrait beaucoup contribuer à atténuer la pauvreté et à améliorer la santé et la qualité de vie des citadins comme des ruraux pauvres. Une forte proportion de grandes agglomérations sont implantées autour des estuaires ou sur le littoral, d’où une pollution engendrée par les rejets municipaux et industriels associés à la surexploitation des ressources en eau disponibles, ce qui constitue une menace pour le milieu marin et pour l’approvisionnement en eau douce.

Objectifs

18.57
Ce programme a pour objectif de soutenir les gouvernements centraux et l’administration locale dans les efforts qu’ils déploient pour assurer le développement national et maintenir la productivité grâce à une gestion écologiquement rationnelle des ressources en eau destinées à l’usage urbain et de les aider à développer leurs capacités dans ce domaine. La définition et la mise en oeuvre de stratégies et d’actions visant, d’une part, à assurer un approvisionnement régulier en eau à des prix raisonnables pour répondre aux besoins actuels et futurs et, d’autre part, à inverser les tendances actuelles à la dégradation et à l’épuisement des ressources vont dans ce sens.

18.58
Tous les Etats pourraient, en fonction de leurs capacités et des ressources disponibles, et dans le cadre de la coopération bilatérale ou multilatérale, notamment avec l’Organisation des Nations Unies ou d’autres organisations compétentes, selon les besoins, fixer les objectifs ci-après :

a) Faire en sorte qu’en l’an 2000 au plus tard, tous les citadins disposent d’au moins 40 litres d’eau salubre par jour et que 75 % d’entre eux bénéficient de services d’assainissement à leur domicile ou au voisinage de celui-ci ;

b) Avoir, en l’an 2000, établi et commencé à appliquer des normes quantitatives et qualitatives régissant l’évacuation des ordures ménagères et le rejet d’effluents industriels ;

c) Faire en sorte qu’en l’an 2000, il soit possible de ramasser et recycler ou éliminer d’une manière inoffensive pour l’environnement 75 % des déchets solides produits dans les zones urbaines.

Activités

18.59
Tous les Etats pourraient, en fonction de leurs capacités et des ressources disponibles, et dans le cadre de la coopération bilatérale ou multilatérale, notamment avec l’Organisation des Nations Unies ou d’autres organisations compétentes, selon les besoins, mener à bien les activités ci-après :

a) Protection des ressources en eau contre l’épuisement, la pollution et la dégradation :

- i) Mettre en place des installations d’élimination hygiénique des déchets utilisant des techniques écologiquement rationnelles, peu onéreuses et améliorables ;
- ii) Réaliser des programmes d’écoulement et de drainage des eaux pluviales urbaines ;
- iii) Favoriser le recyclage et la réutilisation des eaux usées et des déchets solides ;
- iv) Maîtriser les sources de pollution industrielle afin de protéger les ressources hydriques ;
- v) Protéger les bassins versants contre la raréfaction et la dégradation de leur couverture forestière et les activités nuisibles en amont ;
- vi) Promouvoir la recherche relative à la contribution des forêts à un développement durable des ressources hydriques ;
- vii) Encourager le recours aux meilleures techniques de régulation de l’utilisation des substances agrochimiques en vue de réduire au minimum leur impact sur les ressources en eau ;

b) Distribution efficace et équitable des ressources en eau :

- i) Concilier les plans d’urbanisme, les réserves d’eau et la durabilité des ressources en eau ;
- ii) Satisfaire les besoins fondamentaux en eau de la population urbaine ;
- iii) Etablir, en fonction de la situation de chaque pays et lorsque les moyens le permettent, des taxes sur l’eau qui tiennent compte du coût marginal et du coût d’opportunité de l’eau, notamment lorsqu’elle est destinée à des activités de production ;

c) Réformes institutionnelles, juridiques et administratives :

- i) Concevoir la gestion des ressources en eau au niveau de la ville entière ;
- ii) Promouvoir aux plans national et local l’élaboration de plans d’utilisation des sols accordant toute l’importance voulue à la mise en valeur des ressources hydriques ;
- iii) Se prévaloir des compétences et du potentiel des organisations non gouvernementales et du secteur privé, ainsi que des populations locales, compte tenu des intérêts stratégiques et de celui du public en matière de ressources en eau ;

d) Incitation à la participation de la population :

- i) Lancer des campagnes de sensibilisation pour encourager le public à une utilisation rationnelle de l’eau ;
- ii) Sensibiliser le public à la question de la protection de la qualité de l’eau dans l’environnement urbain ;
- iii) Stimuler la participation de la population à la collecte, au recyclage et à l’élimination des déchets ;

e) Soutien au renforcement des capacités au niveau local :

- i) Elaborer des lois et des politiques visant à promouvoir les investissements dans le secteur de la gestion des eaux et des déchets urbains, conformément au rôle majeur que jouent les villes dans le développement économique national ;
- ii) Fournir un capital d’amorçage et un appui technique pour assurer la gestion locale de l’approvisionnement en matériel et des services ;
- iii) Favoriser, dans toute la mesure possible, l’autonomie et la viabilité financières des services urbains assurant l’approvisionnement en eau, l’élimination des déchets solides et l’assainissement ;
- iv) Créer et maintenir un corps de spécialistes et de personnel d’appui pour la gestion de l’eau, des eaux usées et des déchets solides ;

f) Mesures en appui à l’accès aux services d’hygiène :

- i) Exécuter des programmes de gestion des eaux, de l’assainissement et des déchets mettant l’accent sur les populations urbaines défavorisées ;
- ii) Permettre d’opter pour des solutions techniques peu coûteuses en matière d’approvisionnement en eau et d’assainissement ;
- iii) Sélectionner les techniques et établir les niveaux de services en fonction des préférences des consommateurs et de leur disposition à les payer ;
- iv) Mobiliser les femmes et favoriser leur participation active aux équipes de gestion des eaux ;
- v) Encourager des associations locales et comités de l’eau à gérer les systèmes d’approvisionnement en eau de la communauté et les latrines collectives, et leur fournir les équipements nécessaires ; s’il y a lieu, leur assurer un appui technique ;
- vi) Etudier l’avantage et la possibilité pratique de remettre en état les systèmes défectueux et de remédier aux défauts de fonctionnement et d’entretien.

Moyens d’exécution

A) Financement et évaluation des coûts

18.60
Le secrétariat de la Conférence a estimé que le montant total des dépenses afférentes à la mise en oeuvre des activités relevant du présent domaine pour la période 1993-2000 se chiffrerait en moyenne à environ 20 milliards de dollars par an, montant qui serait financé à hauteur de 4,5 milliards de dollars environ par la communauté internationale sous forme de dons ou à des conditions concessionnelles. Il ne s’agit que d’estimations approximatives données à titre indicatif, qui n’ont pas été examinées par les gouvernements. Les dépenses effectives et les conditions financières, y compris les conditions non concessionnelles, dépendront notamment des stratégies et programmes spécifiques que les gouvernements décideront de mettre en oeuvre.

B) Moyens scientifiques et techniques

18.61
Au cours des années 80, on a assisté à des progrès considérables en matière d’élaboration et d’application de techniques d’approvisionnement en eau et d’assainissement peu coûteuses. Le programme se propose de poursuivre les travaux en ce sens, en mettant tout particulièrement l’accent sur la mise au point de méthodes d’assainissement et d’élimination des déchets appropriées à l’intention des établissements urbains à faible revenu et à forte densité de population. Il faudrait aussi se doter de facilités d’échange de renseignements au plan international, afin de donner aux professionnels du secteur une bonne connaissance des disponibilités et avantages des techniques peu coûteuses. Les campagnes de sensibilisation du public feront une place aux éléments destinés à surmonter la résistance des usagers à l’encontre des services de second ordre en mettant l’accent sur les avantages de la fiabilité et de la durabilité.

C) Mise en valeur des ressources humaines

18.62
Dans presque tous les éléments de ce programme, on note la nécessité implicite d’un développement progressif de la formation et des possibilités de carrière des effectifs de tout niveau des institutions sectorielles. Former et conserver du personnel qualifié dans les domaines de la participation du public, des techniques peu coûteuses, de la gestion financière ainsi que de la planification intégrée de la gestion des ressources hydriques fera partie des activités spécifiques du programme. On insiste tout spécialement sur la mobilisation et les mesures propres à favoriser la participation active des femmes, des jeunes, des populations autochtones et des collectivités locales aux équipes de gestion de l’eau, ainsi que sur le soutien au développement des associations et commissions de l’eau, et sur la formation des trésoriers, secrétaires, préposés à l’entretien, etc. Il conviendrait de lancer des programmes particuliers d’enseignement et de formation à l’intention des femmes, concernant la protection des ressources hydriques et la qualité de l’eau en milieu urbain.

D) Renforcement des capacités

18.63
Parallèlement à la mise en valeur des ressources humaines, le renforcement des structures institutionnelles, juridiques et gestionnaires constituent des éléments fondamentaux du programme. La mise en place d’un cadre institutionnel susceptible de permettre aux besoins véritables et à la contribution potentielle des populations insuffisamment desservies à l’heure actuelle d’être dûment pris en compte dans les plans d’urbanisme est une condition préalable du progrès vers des services d’approvisionnement en eau et d’assainissement de meilleure qualité. L’approche multisectorielle, qui est un élément vital de la gestion des ressources hydriques des villes, exige l’instauration de liens institutionnels à l’échelon de la ville et du pays, et le programme comporte des propositions visant à la constitution de groupes de planification intersectorielle. Le succès des propositions relatives à un renforcement de la lutte antipollution, notamment par des mesures de prévention, est tributaire du bon équilibre entre mécanismes économiques et réglementaires, doublé d’une surveillance continue et d’une observation adéquates, ainsi que d’un renforcement des capacités de l’administration locale pour ce qui est de s’occuper des questions d’environnement.

18.64
Etablir les normes de conception, les objectifs qualitatifs relatifs à l’eau et les autorisations de déversement nécessaires figure donc au nombre des activités proposées. Le programme prévoit aussi un appui au renforcement de la capacité des services de l’eau et de l’assainissement, ainsi qu’au développement de leur autonomie et de leur viabilité financière. On a reconnu que l’exploitation et la maintenance des installations de distribution d’eau et d’assainissement constituent un sérieux point faible dans de nombreux pays. Des appuis techniques et financiers sont indispensables pour les aider à porter remède aux faiblesses actuelles et à renforcer le potentiel d’exploitation et de maintenance des systèmes rénovés ou nouveaux.

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