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Dimanche 17 novembre 2019

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Agenda 21 chapitre 7. Promotion d’un modèle viable d’établissements humains

2008

Dans les pays industrialisés, les schémas de consommation des villes font peser de sérieuses contraintes sur l’écosystème mondial, tandis que dans les pays en développement, les établissements humains ont besoin de quantités accrues de matières premières et d’énergie et d’un développement économique plus poussé simplement pour remédier à leurs problèmes économiques et sociaux fondamentaux. Dans de nombreuses régions du monde, et en particulier dans les pays en développement, les établissements humains connaissent une détérioration qui tient principalement à la faiblesse des investissements effectués dans ce secteur par suite de la pénurie générale de ressources que connaissent ces pays...


 7B. Pour une meilleure gestion des établissements humains

Principes d’action

7.13
D’ici à la fin du siècle, la majorité des habitants de la planète vivront dans des villes. Or, si les établissements urbains, surtout dans les pays en développement, présentent de nombreux symptômes de la crise mondiale de l’environnement et du développement, ils n’en produisent pas moins 60 % du produit national brut et, s’ils sont bien administrés, pourraient devenir mieux à même de maintenir la productivité, d’améliorer les conditions de vie des habitants et de gérer de façon durable les ressources naturelles.

7.14
Certaines zones urbaines englobent plusieurs entités politiques et/ou administratives (comtés et municipalités), tout en formant un système urbain continu. Dans de nombreux cas, cette hétérogénéité politique entrave l’exécution de programmes de gestion globale de l’environnement.

Objectif

7.15
L’objectif est d’assurer une gestion durable de tous les établissements urbains, surtout dans les pays en développement, pour qu’ils soient mieux en mesure d’améliorer les conditions de vie des citadins, en particulier des marginaux et des exclus, et contribuent ainsi à la réalisation des objectifs nationaux de développement économique.

Activités

A) Une meilleure gestion urbaine

7.16
Il existe un cadre global d’action, le Programme de gestion urbaine du Programme des Nations Unies pour le développement, de la Banque mondiale et du Centre des Nations Unies pour les établissements humains (Habitat), lequel représente un effort mondial concerté pour aider les pays en développement à trouver des solutions aux problèmes de la gestion des villes. Au cours de la période 1993-2000, il devrait être étendu à tous les pays intéressés. Tous les pays devraient, selon le cas, conformément à leurs plans, objectifs et priorités nationaux et avec l’aide des organisations non gouvernementales et des représentants des autorités locales, entreprendre les activités suivantes aux niveaux national, étatique/provincial et local, avec le concours des programmes et organismes d’appui habilités :

a) Adopter et appliquer des orientations relatives à la gestion des villes : gestion des terrains, de l’environnement urbain et des infrastructures, finances et administration communales ;

b) Redoubler d’efforts pour atténuer la pauvreté dans les villes grâce à des mesures visant notamment à :

- i) Créer des emplois pour les pauvres des zones urbaines, en particulier les femmes, et mettre en place pour ce faire des équipements collectifs et des services dans les villes, les exploiter et les moderniser et, par ailleurs, soutenir les activités du secteur non structuré de l’économie, notamment les réparations, le recyclage, les services et le petit commerce ;
- ii) Fournir une assistance spécifique aux pauvres des zones urbaines les plus défavorisés en créant notamment des services d’aide sociale pour ceux qui ont faim et sont sans abri et en offrant des services municipaux adéquats ;
- iii) Encourager la création d’organisations communautaires autochtones, d’organisations bénévoles privées ainsi que d’autres formes d’entité non gouvernementale dont l’aide pourrait être utile dans la lutte contre la pauvreté et pour l’amélioration de la qualité de la vie des familles à faible revenu ;

c) Adopter des stratégies novatrices de planification urbaine dans le but de traiter les questions environnementales et sociales :

- i) En réduisant les subventions accordées aux collectivités aisées et en leur faisant supporter le coût intégral des services de haute qualité, écologiques et autres (par exemple, distribution d’eau, assainissement, enlèvement des ordures, voirie, télécommunications) qui leur sont fournis ;
- ii) Améliorer les infrastructures et les services dans les zones urbaines pauvres ;

d) Mettre au point des stratégies locales d’amélioration de la qualité de la vie et de l’environnement, intégrer les décisions concernant l’occupation des sols et la gestion des terrains, investir dans les secteurs public et privé et mobiliser les ressources humaines et matérielles en favorisant ainsi une création d’emplois écologiquement rationnelle et protégeant la santé.

B) Renforcer les dispositifs de gestion des données urbaines

7.17
Au cours de la période 1993-2000, tous les pays devraient lancer dans certaines villes, au besoin avec la participation active du secteur privé, des projets pilotes de collecte, de traitement et, ultérieurement, de diffusion des données urbaines, notamment des études d’impact sur l’environnement, aux niveaux local, étatique/provincial, national et international, lesquels prévoiraient la mise en place de dispositifs de gestion des données urbaines [5]. Des organismes des Nations Unies tels qu’Habitat, le PNUE et le PNUD pourraient fournir des avis techniques et des modèles de dispositifs de gestion des données.

C) Mesures visant à encourager le développement des villes moyennes

7.18
Afin d’alléger la pression qui s’exerce sur les grandes agglomérations urbaines des pays en développement, il faudrait appliquer des politiques et stratégies visant à encourager le développement des villes moyennes qui donnent aux chômeurs des zones rurales des possibilités d’emploi et soutiennent les activités économiques en milieu rural, quoiqu’une gestion urbaine rationnelle soit essentielle pour faire en sorte que l’extension du tissu urbain n’aggrave pas la dégradation des ressources sur une superficie toujours plus grande et n’augmente pas les pressions tendant à convertir les terrains non utilisés et à urbaniser les terres agricoles/tampon.

7.19
Aussi, tous les pays devraient, selon qu’il conviendra, étudier les processus et les politiques d’urbanisation afin d’évaluer l’impact de la croissance sur l’environnement et conduire des politiques de planification et de gestion urbaines adaptées aux besoins, aux ressources et aux caractéristiques de leurs villes moyennes de plus en plus nombreuses. Selon le cas, leurs activités devraient aussi viser, d’une part, à faciliter la transition vers un mode de vie et un type de logement urbains pour les populations rurales et, d’autre part, à encourager les petites activités économiques, en particulier la production de denrées alimentaires, rémunératrices sur le plan local ainsi que la production de biens intermédiaires et la fourniture de services aux zones rurales de l’arrière-pays.

7.20
Toutes les villes, en particulier celles qui se heurtent à de graves problèmes de développement durable, devraient, conformément aux lois et règlements nationaux, élaborer et renforcer des programmes visant à résoudre ces problèmes et à s’orienter vers un modèle de développement durable. Certaines initiatives déjà prises sur le plan international pour soutenir ces efforts, comme l’illustre le programme "Cités viables" d’Habitat et le programme "Cités santé" de l’OMS devraient être appuyées. Il y aurait lieu de renforcer et de coordonner d’autres initiatives auxquelles participent la Banque mondiale, les banques régionales de développement et les organismes bilatéraux ainsi que d’autres parties intéressées, en particulier les représentants des autorités locales aux plans national et international. Les villes devraient prendre, s’il y a lieu, les mesures suivantes :

a) Institutionnaliser une politique de participation dans le domaine du développement urbain durable, sur la base d’un dialogue permanent entre les agents du développement urbain (secteur public, secteur privé et collectivités), en particulier les femmes et les populations autochtones ;

b) Améliorer l’environnement urbain en favorisant l’organisation sociale et la sensibilisation aux problèmes de l’environnement par le biais de la participation des collectivités locales à la détermination des besoins en matière de services publics, à la création des infrastructures urbaines, au renforcement des équipements collectifs et à la protection et/ou la restauration des immeubles anciens, des quartiers historiques et monuments culturels. En outre, des programmes d’"emplois écologiques" devraient être lancés pour créer des activités de développement humain autonome et des possibilités d’emploi tant dans le secteur structuré que dans le secteur non structuré pour les citadins à faible revenu ;

c) Renforcer les capacités des administrations locales pour leur permettre de faire face plus efficacement à la vaste gamme de problèmes de développement et d’environnement qu’entraîne une croissance urbaine rapide et stable en appliquant des politiques globales de planification qui reconnaissent les besoins individuels des villes et qui soient fondées sur des pratiques d’architecture urbaine écologiquement rationnelle ;

d) Participer à des réseaux internationaux de "cités viables" de manière à échanger leurs expériences et à mobiliser un appui technique et financier tant national qu’international ;

e) Promouvoir la formulation de programmes touristiques écologiquement rationnels et tenant compte des particularités culturelles comme stratégie de développement durable des établissements urbains et ruraux et comme moyen de décentraliser le développement urbain et de réduire les écarts entre régions ;

f) Créer avec l’aide des organismes internationaux pertinents des mécanismes permettant de mobiliser des ressources en faveur des initiatives locales d’amélioration de la qualité de l’environnement ;

g) Donner aux groupes communautaires, aux ONG et aux individus les moyens de prendre la direction et la responsabilité de la gestion et du renforcement de leur environnement immédiat par le biais des instruments, techniques et politiques de participation consacrés par la notion de préoccupation environnementale.

7.21
Les villes des pays en développement devraient coopérer davantage entre elles et avec les villes des pays développés, sous l’égide d’organisations non gouvernementales qui exercent des activités dans ce domaine, telles que l’Union internationale des villes et pouvoirs locaux (UIV), le Conseil international pour les initiatives locales en matière d’environnement et la Fédération mondiale des villes jumelées.

Moyens d’exécution

A) Financement et évaluation des coûts

7.22
Le secrétariat de la Conférence a estimé que le montant total des dépenses afférentes à la mise en oeuvre des activités relevant du présent domaine pour la période 1993-2000 se chiffrerait en moyenne à environ 100 milliards de dollars par an, montant qui serait financé à hauteur de 15 milliards de dollars environ par la communauté internationale sous forme de dons ou à des conditions concessionnelles. Il ne s’agit que d’estimations approximatives données à titre indicatif, qui n’ont pas été examinées par les gouvernements. Les dépenses effectives et les conditions financières, y compris les conditions non concessionnelles, dépendront notamment des stratégies et programmes spécifiques que les gouvernements décideront de mettre en oeuvre.

B) Mise en valeur des ressources humaines et renforcement des capacités

7.23
Les pays en développement devraient, avec une aide appropriée de la communauté internationale, envisager de concentrer leurs efforts sur la formation et la mise en place d’un personnel d’encadrement (gestionnaires, techniciens, administrateurs et autres personnels qualifiés) capable de gérer une croissance et un développement urbains écologiquement rationnels et ayant les compétences requises pour analyser et adapter les expériences novatrices réalisées dans d’autres villes. Il faudrait pour ce faire recourir à toute la gamme des méthodes de formation, de l’enseignement de type classique à l’utilisation des médias, en passant par l’apprentissage pratique.

7.24
Les pays en développement devraient également encourager la formation et la recherche technologiques par les efforts communs des donateurs, des organisations non gouvernementales et du secteur privé, dans des domaines comme la réduction des déchets, la qualité de l’eau, les économies d’énergie, la fabrication de produits chimiques dans des conditions de sécurité et en vue de l’utilisation de moyens de transport moins polluants.

7.25
Les activités de renforcement des capacités menées dans tous les pays, avec l’aide de la communauté internationale, ne devraient pas se limiter à la formation de personnes et de groupes professionnels, mais englober également les arrangements institutionnels, les procédures administratives, les liens interorganisations, la circulation de l’information et les processus de consultation.

7.26
La communauté internationale devrait en outre continuer, comme dans le cadre du Programme de gestion urbaine, en coopération avec les organismes bilatéraux et multilatéraux, à aider les pays en développement à élaborer des mécanismes de participation en mobilisant les ressources humaines du secteur privé, des ONG et des pauvres, notamment les femmes et les catégories les plus défavorisées.

Notes

[5] Un programme pilote de ce type, le Programme de données urbaines (PDU), fonctionne déjà au Centre des Nations Unies pour les établissements humains (Habitat) : il vise la production et la diffusion auprès des villes participantes d’un micrologiciel d’application permettant de stocker, traiter et rechercher les données urbaines aux fins d’échange et de diffusion aux niveaux local, national et international.

a) Rendre chaque pays mieux à même d’atténuer rapidement et efficacement les effets des catastrophes naturelles, en veillant particulièrement à aider les pays en développement à évaluer les dégâts possibles en cas de catastrophe et à se doter, selon les besoins, de systèmes d’alerte rapide et de structures résistant aux catastrophes ;

b) Mettre au point des orientations et stratégies appropriées pour appliquer les connaissances scientifiques et techniques actuelles, en tenant compte des particularités culturelles et économiques des nations ;

c) Encourager les initiatives scientifiques et techniques de nature à parfaire les connaissances et réduire ainsi les pertes en vies humaines et en biens matériels ;

d) Diffuser des informations sur les techniques courantes et nouvelles concernant les mesures à prendre pour évaluer et prévoir les catastrophes naturelles et en atténuer les effets ;

e) Mettre au point des mesures pour évaluer, prévoir, prévenir les catastrophes naturelles et en atténuer les effets au moyen de programmes d’assistance technique et de transfert de technologie, de projets de démonstration et d’activités éducatives et formatrices conçus en fonction de catastrophes spécifiques et des sites vulnérables et évaluer l’efficacité de ces programmes.

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