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Jeudi 24 avril 2014

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Maitriser l’urbanisation, inventer la ville durable

L’état des lieux

2008

La métropolisation ou expansion des villes (appelées en langage onusien "établissements humains") constitue un bouleversement social, environnemental et culturel majeur, qui s’accélère au Sud. Depuis la conférence de Rio, des villes s’engagent en faveur des agendas 21 locaux. Face à l’expansion des bidonvilles, la ville socialement équitable et écologiquement viable est-elle possible ?


 Repères

Si les sociétés humaines sont restées rurales pendant des millénaires, la tendance se renverse à un rythme accéléré. Près de la moitié de la population mondiale vit actuellement en ville : 80 % dans les pays industrialisés, 40 % en moyenne au Sud. Le Sud compte 3,5 milliards d’urbains et 5 milliards sont prévus d’ici 2025. En 2030 le taux d’urbanisation mondial devrait dépasser les 60 %. En Afrique et en Asie, chaque semaine, la population urbaine augmente de 1 million de personnes, soit plus de 50 millions par an.

Lieux d’innovations, de libertés, de création de richesses, de mise en réseaux, d’éducation et de progrès social, caractéristiques de la civilisation humaine, les villes s’appuient traditionnellement sur les surplus alimentaires dégagés par les campagnes. Lieux de progrès, les villes peuvent aussi aggraver la ségrégation sociale, le morcellement territorial, l’insécurité, les problèmes sanitaires. 1 milliard de tonnes de déchets par an sont ainsi entreposés dans des décharges à ciel ouvert. La croissance démographique actuelle, notamment dans les pays du Sud, n’est pas le reflet d’un mode de développement équilibré.

 Empreinte écologique des villes

Si elles n’occupent que 2 % de la surface de la planète, les villes concentrent 80 % des émissions de CO2 et consomment 75 % de l’énergie mondiale.

L’empreinte écologique d’une ville dépasse sa superficie, et s’étend sans cesse en prélevant des ressources sur d’autres territoires. Le secteur de l’habitat utilise 40 % des ressources de la planète en matériel et en énergie pour la construction et l’exploitation des bâtiments, produisant 1/3 des émanations de CO2. Un exemple, la Chine. En 2025, 60 % de la population chinoise devrait vivre en ville (contre 45 % actuellement). 400 millions d’urbains supplémentaires devront être logés en une quinzaine d’années. Or le chauffage et la climatisation représentent déjà actuellement près du tiers de la consommation énergétique totale.

Mais certaines villes compactes concentrant un nombre élevé d’habitants, mélangeant sur un même territoire les fonctions résidentielles, travail, loisirs, et ayant mis en place des systèmes de transport collectif efficaces, ont un taux d’émission de GES par habitant inférieur à la moyenne du pays où elles se situent. C’est le cas par exemple de New york (un tiers de moins) de Londres ou de Tokyo (près de 50 % de moins), contrairement à Pékin ou Shangai qui émettent par habitant deux fois plus de GES

Si les villes européennes ont mis plusieurs décennies à s’équiper en infrastructures et systèmes d’assainissement, et commencent à réfléchir à la réduction de leur empreinte écologique, par exemple par la construction de bâtiments à énergie positive, qui sont auto-suffisants en énergie voire en produisent, les villes des pays pauvres font face aux besoins d’une population qui croît parfois de 10 % par an. 400 villes ont plus d’un million d’habitants et d’ici dix ans, 23 en compteront plus de 10 millions. Au Sud, la moitié de la population urbaine a moins de 25 ans.

 Les bidonvilles

Au Sud, la croissance urbaine est surtout celle des bidonvilles. Un milliard de personnes vit dans des bidonvilles insalubres (72 % de la population urbaine en Afrique sub-saharienne). Ce chiffre pourrait atteindre près de 2 milliards au cours des trente prochaines années, tandis que les Objectifs du millénaire pour le développement prévoient de réussir, d’ici à 2020, à améliorer sensiblement la vie d’au moins 100 millions d’habitants de taudis.

Les bidonvilles devraient donc être l’objet de politiques de développement urbain durable prioritaires, avec la participation des habitants, notamment des femmes, qui prennent en charge des services concernant l’eau, le nettoyage et le tri des déchets, etc., et dont les activités devraient être valorisées et rémunérées.

 Ressources documentaires

- http://hq.unhabitat.org/register/sh...
- http://www.icsc.ca/
- http://www.citiesalliance.org/
- Forum urbain mondial : http://www.unhabitat.org/wuf/2006/default.asp
- http://www.unhabitat.org/programmes...
- Bonnes pratiques : http://www.sustainabledevelopment.org/
- http://www.enda.sn/rup/reseaux/blp/...
- http://strategis.ic.gc.ca/epic/inte...
- Cartes : http://www.populationdata.net/cartes/monde_grandes_villes.php

Livres

- Développement social durable des villes, principes et pratiques, Economica, 2000
- Des villes pour une petite planète, Richard Rogers, Philip Gumuchdjian
- L’Urbanisation du monde, Jacques Veron ; La Découverte, 2006

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