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Lundi 9 décembre 2019

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Agenda 21 chapitre 7. Promotion d’un modèle viable d’établissements humains

2008

Dans les pays industrialisés, les schémas de consommation des villes font peser de sérieuses contraintes sur l’écosystème mondial, tandis que dans les pays en développement, les établissements humains ont besoin de quantités accrues de matières premières et d’énergie et d’un développement économique plus poussé simplement pour remédier à leurs problèmes économiques et sociaux fondamentaux. Dans de nombreuses régions du monde, et en particulier dans les pays en développement, les établissements humains connaissent une détérioration qui tient principalement à la faiblesse des investissements effectués dans ce secteur par suite de la pénurie générale de ressources que connaissent ces pays...


 7F. Promotion de la planification et de la gestion des établissements humains dans les zones sujettes à des catastrophes naturelles

Principes d’action

7.55
Les catastrophes naturelles entraînent des pertes en vies humaines, perturbent l’activité économique et la productivité urbaine, notamment parmi les groupes à faible revenu qui sont les plus exposés, causent à l’environnement des dommages tels que la perte de terres agricoles fertiles et la pollution des ressources en eau, et peuvent occasionner la réinstallation de populations très nombreuses. On estime que pendant les deux décennies écoulées, elles ont tué 3 millions de personnes et ont eu des conséquences désastreuses pour 800 millions d’autres. D’après le Bureau du Coordonnateur des Nations Unies pour les secours en cas de catastrophe, le montant total des pertes économiques se situe entre 30 et 50 milliards de dollars par an.

7.56
Dans sa résolution 44/236, l’Assemblée générale a proclamé les années 90 Décennie internationale de la prévention des catastrophes naturelles. Le présent secteur de programme correspond aux buts de la Décennie [7].

7.57
En outre, il faut s’employer d’urgence à prévenir les catastrophes anthropiques et celles causées entre autres par les industries, par la production d’énergie nucléaire dans de mauvaises conditions de sécurité et par les déchets toxiques, ainsi que d’en atténuer les effets (voir chapitre 6 d’Action 21).

Objectif

7.58
L’objectif est de permettre à tous les pays, en particulier ceux qui sont sujets aux catastrophes naturelles, d’atténuer les conséquences négatives des catastrophes naturelles et anthropiques pour les établissements humains, l’économie des pays et l’environnement.

Activités

7.59
Au titre du présent secteur de programme, on a prévu trois catégories d’activité distinctes, à savoir l’introduction d’une "culture de la sécurité", la planification en prévision des catastrophes et le relèvement qui suit la catastrophe.

A) Introduire une culture de la sécurité

7.60
Afin de promouvoir une "culture de la sécurité" dans tous les pays, en particulier ceux qui sont sujets aux catastrophes naturelles, il faudrait entreprendre les activités ci-après :

a) Mener à bien des études nationales et locales sur la nature et l’apparition des catastrophes naturelles, leurs incidences sur la population et l’activité économique, les répercussions de techniques de construction inadaptées et d’une utilisation inadéquate des sols dans les zones à risques, et les avantages économiques et sociaux d’une bonne planification préalable ;

b) Lancer des campagnes de sensibilisation aux niveaux national et local, en faisant appel à tous les médias disponibles et en condensant les connaissances ci-dessus en informations facilement accessibles au grand public et aux populations directement exposées aux risques ;

c) Mettre sur pied des systèmes d’alerte rapide mondiaux, régionaux, nationaux et locaux et renforcer ceux qui existent déjà, afin de pouvoir prévenir la population de l’imminence d’une catastrophe ;

d) Recenser aux échelons national et international les zones où se sont produites des catastrophes écologiques à caractère industriel et mettre en oeuvre des stratégies pour remettre ces zones en état, entre autres par les moyens suivants :

- i) Restructurer l’activité économique et favoriser la création d’emplois dans des secteurs non nuisibles à l’environnement ;
- ii) Favoriser une collaboration étroite entre autorités gouvernementales et locales, collectivités locales, organisations non gouvernementales et secteur privé ;
- iii) Elaborer des normes de protection de l’environnement rigoureuses et veiller à ce qu’elles soient respectées.

B) Instaurer une planification en prévision des catastrophes

7.61
La planification en prévision des catastrophes doit être partie intégrante de la planification des établissements humains dans tous les pays. Il faudrait notamment :

a) Entreprendre des travaux de recherche sur tous les risques responsables de la vulnérabilité des établissements humains et des infrastructures associées, en particulier dans les domaines de l’approvisionnement en eau et de l’assainissement, et les réseaux de communication et de transport, car en réduisant un certain risque, on peut accroître la vulnérabilité des établissements humains vis-à-vis d’un autre risque (par exemple, une maison parasismique faite en bois sera plus vulnérable aux vents de tempête) ;

b) Elaborer des méthodes permettant de déterminer le risque et le degré de vulnérabilité dans le cadre d’établissements humains précis, et tenir compte de la réduction du risque et de la vulnérabilité dans le processus de planification et de gestion des établissements humains ;

c) Réorienter vers des zones sans risque les nouveaux aménagements et établissements humains contre-indiqués ;

d) Elaborer des directives concernant l’implantation, la conception et le fonctionnement d’industries et d’activités pouvant présenter un risque ;

e) Elaborer les outils (juridiques, économiques, etc.) de promotion d’un développement tenant compte du risque de catastrophe, notamment les moyens permettant de garantir que les limites fixées aux options en matière de développement ne soient pas prohibitives pour les propriétaires ou prévoient une indemnisation ;

f) Développer et diffuser l’information sur les matériaux et techniques de construction résistant aux catastrophes naturelles pour les bâtiments et les travaux publics en général ;

g) Elaborer des programmes de formation à l’intention des entrepreneurs et des constructeurs sur les méthodes de construction permettant de résister aux catastrophes. Certains programmes devraient viser tout particulièrement les petites entreprises, qui assurent la construction de la grande majorité des logements et autres bâtiments de petites dimensions dans les pays en développement, ainsi que les populations rurales qui construisent leurs propres logements ;

h) Elaborer, à l’intention des responsables de zones sinistrées, des ONG et des groupes communautaires, des programmes de formation portant sur tous les aspects de l’atténuation des effets des catastrophes, y compris les opérations de recherche et de sauvetage en zone urbaine, les communications en cas d’urgence, les techniques d’alerte rapide et la planification préalable ;

i) Mettre au point des procédures et des pratiques permettant aux collectivités locales de recevoir des informations sur les installations ou situations dangereuses dans leur région, et faciliter la participation desdites collectivités aux procédures et aux plans d’alerte rapide, de réduction des effets des catastrophes et d’intervention ;

j) Préparer des plans d’action pour la reconstruction des établissements humains, et surtout la reconstruction des réseaux vitaux pour la collectivité.

C) Instituer une planification de la reconstruction et du relèvement après la catastrophe

7.62
En tant que partie prenante de la reconstruction et du relèvement après une catastrophe, la communauté internationale doit veiller à ce que les pays touchés bénéficient au mieux des crédits alloués en entreprenant les activités ci-après :

a) Recherches sur l’expérience accumulée en ce qui concerne les aspects économiques et sociaux de la reconstruction après une catastrophe et adoption de stratégies et de directives efficaces en matière de reconstruction après une catastrophe, en veillant à ce que les ressources limitées dont on dispose pour la reconstruction soient affectées en priorité à des stratégies centrées sur le développement, et en mettant l’accent sur les possibilités qu’offre la reconstruction après une catastrophe d’introduire des types d’établissements viables ;

b) Elaboration et diffusion de directives internationales concernant l’adaptation aux besoins nationaux et locaux ;

c) Soutien aux efforts déployés par les gouvernements pour mettre en place des plans d’intervention, avec la participation des collectivités sinistrées, pour assurer la reconstruction et le relèvement après la catastrophe.

Moyens d’exécution

A) Financement et évaluation des coûts

7.63
Le secrétariat de la Conférence a estimé que le montant total des dépenses afférentes à la mise en oeuvre des activités relevant du présent domaine pour la période 1993-2000 se chiffrerait en moyenne à environ 50 millions de dollars par an, montant qui serait financé par la communauté internationale sous forme de dons ou à des conditions concessionnelles. Il ne s’agit que d’estimations approximatives données à titre indicatif, qui n’ont pas été examinées par les gouvernements. Les dépenses effectives et les conditions financières, y compris les conditions non concessionnelles, dépendront notamment des stratégies et programmes spécifiques que les gouvernements décideront de mettre en oeuvre.

B) Moyens scientifiques et techniques

7.64
Les scientifiques et ingénieurs spécialisés dans cette branche dans les pays en développement et les pays développés devraient collaborer avec les responsables de l’aménagement urbain et de la planification régionale en vue de fournir les connaissances et moyens de base permettant d’atténuer les pertes dues aux catastrophes et aux activités de développement écologiquement non rationnelles.

C) Mise en valeur des ressources humaines et renforcement des capacités

7.65
Les pays en développement devraient organiser des programmes de formation aux méthodes de construction résistant aux catastrophes naturelles à l’intention des entrepreneurs et constructeurs qui construisent la majorité des logements dans ces pays. Ces programmes devraient donc s’adresser avant tout aux représentants des petites entreprises.

7.66
Les fonctionnaires et planificateurs nationaux et les organisations communautaires et non gouvernementales devraient bénéficier de programmes de formation sur tous les aspects de l’atténuation des effets des catastrophes naturelles tels que les techniques d’alerte rapide, la planification préalable et la construction, la construction et le relèvement après la catastrophe.

Notes

[7] Les buts de la Décennie internationale de la prévention des catastrophes naturelles énoncés dans la résolution 44/236 de l’Assemblée générale, sont les suivants :

a) Rendre chaque pays mieux à même d’atténuer rapidement et efficacement les effets des catastrophes naturelles, en veillant particulièrement à aider les pays en développement à évaluer les dégâts possibles en cas de catastrophe et à se doter, selon les besoins, de systèmes d’alerte rapide et de structures résistant aux catastrophes ;

b) Mettre au point des orientations et stratégies appropriées pour appliquer les connaissances scientifiques et techniques actuelles, en tenant compte des particularités culturelles et économiques des nations ;

c) Encourager les initiatives scientifiques et techniques de nature à parfaire les connaissances et réduire ainsi les pertes en vies humaines et en biens matériels ;

d) Diffuser des informations sur les techniques courantes et nouvelles concernant les mesures à prendre pour évaluer et prévoir les catastrophes naturelles et en atténuer les effets ;

e) Mettre au point des mesures pour évaluer, prévoir, prévenir les catastrophes naturelles et en atténuer les effets au moyen de programmes d’assistance technique et de transfert de technologie, de projets de démonstration et d’activités éducatives et formatrices conçus en fonction de catastrophes spécifiques et des sites vulnérables et évaluer l’efficacité de ces programmes.

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