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Mise en garde de Kofi Annan : la faim pourrait devenir une catastrophe permanente

Samedi 25 juin 2011


Mise en garde de Kofi Annan : la faim pourrait devenir une catastrophe permanente

Communiqué de la FAO, 25 juin 2011 Le Président de l’Alliance pour une révolution verte en Afrique dénonce l’accaparement des terres

25 juin 2011, Rome - Kofi Annan, Président de l’Alliance pour une Révolution Verte en Afrique, met en garde : la crise actuelle de la sécurité alimentaire, avec près d’un milliard d’individus affamés, pourrait se transformer en catastrophe permanente, mettant en danger la vie de millions de personnes et compromettant la coopération internationale. "Avec le problème du changement climatique, la sécurité alimentaire et nutritionnelle mondiale est l’enjeu de notre époque", a-t-il déclaré.

S’adressant à la 37ème session de la Conférence de la FAO qui élira demain le nouveau Directeur général, l’ancien Secrétaire général des Nations Unies et Prix Nobel de la paix a prononcé la 27ème Allocution à la mémoire de Frank McDougall. "Si les pays ne peuvent faire cause commune pour parvenir à la sécurité alimentaire, le plus fondamental des droits de l’homme, nos espoirs d’une coopération internationale plus globale semblent condamnés", a-t-il déclaré.

Ces dernières années, a-t-il poursuivi, "le monde a renoncé à l’idée d’un but commun fondé sur des valeurs partagées. On a observé une inquiétante avancée du protectionnisme, des interdictions unilatérales d’exportation, de la mainmise sur les terres et d’accords exclusifs répondant aux besoins alimentaires des riches et évinçant les pauvres".

Tous les deux ans, à l’ouverture de la Conférence de la FAO, un discours est prononcé par une éminente personnalité impliquée dans le domaine de l’agriculture et de la lutte contre la faim en hommage à l’Australien Frank Lidgett McDougall, un des pères fondateurs de l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture au sein de ce qui était en 1935 la Société des Nations.

La FAO, chef de file

Kofi Annan a souligné que la FAO peut prendre l’initiative d’accroître la transparence des stocks vivriers mondiaux - ce qui freinerait spéculation et volatilité du marché - en compilant des informations plus précises et plus accessibles sur la quantité et la qualité de ces stocks.

La FAO a annoncé la semaine dernière que les prix alimentaires vont poursuivre leur hausse au cours des 10 prochaines années, menaçant la sécurité alimentaire de millions d’habitants des pays en développement, mais aussi des pays avancés. La production vivrière mondiale devra croître de 70 pour cent pour nourrir une population qui passera de 6,9 milliards d’habitants en 2010 à 9,2 milliards en 2050.

De l’accaparement des terres

Dans son allocution, l’homme d’Etat africain a également dénoncé le phénomène de "mainmise sur les terres" par lequel les pays achètent ou louent la terre d’autres nations pour leur propre sécurité alimentaire.

"Il est alarmant d’apprendre d’un récent rapport que des terres agricoles équivalant à un territoire grand comme la France ont été achetées en 2009 en Afrique par des "hedge funds" et autres spéculateurs", a-t-il dit.

"Il n’est ni juste ni viable que des terres agricoles soient ainsi dérobées aux communautés, ni que de la nourriture soit exportée de pays où les habitants ne mangent pas à leur faim. Les populations locales ne tolèreront pas cet abus - et nous non plus."

M. Annan a cependant indiqué que les grandes fermes commerciales ont un rôle à jouer, en intégrant toutefois leurs activités au sein de leurs communautés, et en servant de plateformes permettant de relier les petits agriculteurs aux chaînes de valeur - marchés, supermarchés et entreprises agroalimentaires.

Plus de recherche-développement

L’ancien Secrétaire général de l’ONU a également insisté sur la nécessité d’accroître la recherche sur les avantages et les impacts des agrocarburants sur la sécurité alimentaire, sur les petits exploitants et les femmes dans l’agriculture.

"Le doublement des rendements céréaliers, sur les superficies cultivées actuelles, ferait de l’Afrique une région à excédent vivrier", a-t-il déclaré.

M. Annan a préconisé l’établissement de règles pour un commerce plus équitable et de subventions à l’agriculture, faisant remarquer que les pays de l’OCDE dépensent plus de 385 milliards de dollars en soutien à leurs agriculteurs.

"Cela représente, selon l’organisation OXFAM, 80 fois le montant dépensé en aide publique à l’agriculture - un chiffre qui avait chuté de plus de 70 pour cent, en valeur réelle, au cours des vingt années précédentes", a-t-il précisé.



FAO : pour nourrir la planète, il est nécessaire de réduire les déchets alimentaires

Communiqué de l’ONU, 11 mai 2011

Le tiers des aliments produits chaque année dans le monde pour la consommation humaine, soit environ 1,3 milliard de tonnes, est perdu ou gaspillé, estime un rapport préparé par la l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) à la demande de l’Institut suédois pour l’alimentation et la biotechnologie.

Le rapport révèle que « les pays industriels comme les pays en développement gaspillent les mêmes quantités de nourriture, soit 670 millions et 630 millions de tonnes respectivement ».

Chaque année, les consommateurs des pays riches gaspillent presque autant de nourriture, soit 222 millions de tonnes, que l’entière production alimentaire nette de l’Afrique subsaharienne, soit 230 millions de tonnes.

Les fruits et légumes ainsi que les racines et tubercules sont les aliments les plus gaspillés au niveau mondial. Le volume total de nourriture perdue ou gaspillée chaque année est équivalent à plus de la moitié de la production céréalière mondiale (2,3 milliards de tonnes en 2009-2010).

Le rapport, intitulé « Global food losses and food waste », sera présenté lors de la tenue, les 16 et 17 mai 2011 à Düsseldorf, de Save Food !, un congrès thématique organisé dans le cadre du Salon international de l’industrie de l’emballage, Interpack2011.

Dans leur étude, les experts distinguent les pertes alimentaires et le gaspillage de nourriture. Les pertes alimentaires, aux stades de la production, de la récolte, de l’après-récolte et de la transformation, sont plus importantes dans les pays en développement. Les experts expliquent ces pertes par l’utilisation d’infrastructures défaillantes et de technologies dépassées ainsi que par la faiblesse des investissements dans les systèmes de production alimentaire des pays les moins avancés.

Le gaspillage de nourriture, lui, est extrêmement problématique dans les pays industriels. Il est trop souvent le fait des détaillants et consommateurs qui jettent à la poubelle des aliments parfaitement comestibles. En Europe et en Amérique du Nord, chaque consommateur gaspille entre 95 et 115 kg par an, contre 6 à 11 kg seulement pour le consommateur d’Afrique subsaharienne et d’Asie du Sud et du Sud-Est.

La production alimentaire totale par habitant pour la consommation humaine s’élève à environ 900 kg par an dans les pays riches, soit près du double des 460 kg produits annuellement dans les régions les plus pauvres. Dans les pays en développement, 40% des pertes se produisent aux stades de l’après-récolte et de la transformation alors que dans les pays industriels plus de 40% des pertes sont le fait des détaillants et des consommateurs.

Selon les experts de la FAO, les pertes et le gaspillage alimentaires entraînent la dilapidation des ressources, notamment l’eau, la terre, l’énergie, le travail et le capital. Ils entraînent aussi, inutilement, des émissions de gaz à effet de serre, contribuant ainsi au réchauffement mondial et au changement climatique.

Dans les pays en développement, la FAO plaide en faveur du renforcement de la chaîne d’approvisionnement alimentaire en facilitant l’accès direct des petits paysans aux acheteurs. Les secteurs privé et public devraient également investir davantage dans les infrastructures, le transport, la transformation et l’emballage.

Dans les pays à revenus moyens et élevés, les pertes et le gaspillage alimentaires découlent largement du comportement des consommateurs mais aussi du manque de communication entre les différents acteurs de la chaîne d’approvisionnement.

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