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Retour d’expérience

Une synergie entre renforcement technique, structuration en réseau et plaidoyer pour l’empowerment

Jeudi 1er janvier 2015


Au Niger, Burkina Faso et Mali, Afrique Verte développe une synergie entre appui technique et économique, structuration des organisations de femmes en réseaux, plaidoyer au niveau national, sous-régional et international ainsi que l’information du public au Sahel et en France. L’approche de genre est venue appuyer l’objectif du renforcement des compétences professionnelles des transformatrices de céréales, en travaillant sur le changement des représentations et des positions sociales. Pouvoir économique des transformatrices et confiance en soi se fortifient mutuellement, ce qui favorise ensuite leur capacité à créer des réseaux nationaux. À terme, l’objectif est de peser sur les politiques agricoles et de faire reconnaître la contribution majeure des femmes à la sécurité alimentaire.

Sur le plan technique, de nouveaux matériels ont permis de faciliter la production, et des formations ont renforcé la bonne gestion d’entreprise et l’accès au système bancaire. Des voyages ont facilité les échanges, et permis la découverte de nouveaux produits et procédés. Faire reconnaître les compétences des transformatrices à travers la qualité de leurs produits est une étape essentielle. Celles-ci offrent maintenant une large gamme de produits de qualité, régulièrement contrôlés en laboratoire ; des autorisations de mise sur le marché devenues obligatoires au Mali ont été obtenues. Les céréales sont mieux emballées et mieux présentées aux consommateurs et le savoir-faire des transformatrices, qui proposent des produits adaptés au milieu urbain, a été primé à des concours (ainsi, lors des journées agroalimentaires de Ouagadougou en décembre 2011, 13 unités du réseau Afrique Verte ont été récompensées).

En même temps, à partir d’un diagnostic des relations de genre au sein des familles et dans la filière, un plan d’action genre – modules de formation genre et leadership, ateliers avec les élus locaux, émissions radio, plaidoyers – s’efforce d’influer sur les mentalités. Le plaidoyer souligne notamment la contradiction entre le discours ambiant qui valorise souvent « la femme sahélienne » (courageuse, travailleuse, etc.) et le peu d’accès et de contrôle de ressources par les femmes, l’insuffisance de leur pouvoir décisionnel.

Le plaidoyer vise à lever des contraintes qui entravent leurs activités : accès au foncier, reconnaissance des filières, mobilité. Les partenaires des transformatrices sont majoritairement des hommes : producteurs céréaliers, techniciens, fournisseurs, banquiers, commerçants. Consolider des relations équitables avec eux est un travail de longue haleine. Comme le dit la présidente du groupement Homo Thumadon à Niamey : « avant, mon mari refusait que j’aille aux formations, mais maintenant il m’y conduit, m’encourage pour la bonne marche de mes activités et m’aide pour la commercialisation de mes produits ». L’émancipation touche aussi les jeunes femmes qui s’impliquent dans les formations ou des postes à responsabilité. Le plaidoyer auprès des décideurs par les responsables des unions se construit progressivement, à partir de réseaux nationaux (FENATRA, AOPP, CNOP au Mali, FIAB au Burkina, ministères, partenaires et plateforme des ONG au Niger) et dans des réseaux sous-régionaux (ROPPA). Dans ces processus, la structuration en réseau est essentielle. Des changements techniques, comme le fait d’opter pour des étiquettes communes sur des produits, rendent visibles la notion d’appartenance à un réseau sous-régional. En troisième année du projet, une fédération s’est ainsi constituée au Niger regroupant les quatre unions de transformatrices du projet. Au Burkina, le réseau national des transformatrices (RTCF) s’est consolidé et au Mali, l’union des transformatrices de Bamako a lancé une réflexion pour constituer une Fédération avec les unions de Mopti, Kayes et Koutiala.

Enfin, en France la sensibilisation du public et des décideurs est assurée par des vidéos, des outils de campagne de plaidoyer et la venue de femmes productrices.

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