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Mercredi 8 décembre 2021

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Agenda 21 chapitre 18. Protection des ressources en eau douce et de leur qualité : application d’approches intégrées de la mise en valeur, de la gestion et de l’utilisation des ressources en eau

2008

L’eau est nécessaire à tous les aspects de la vie. L’objectif général est de veiller à ce que l’ensemble de la population de la planète dispose en permanence d’approvisionnements suffisants en eau de bonne qualité tout en préservant les fonctions hydrologiques, biologiques et chimiques des écosystèmes, en adaptant les activités humaines à la capacité limite de la nature et en luttant contre les vecteurs des maladies liées à l’eau.


 18F. L’eau et la durabilité de la production alimentaire et du développement rural

Principes d’action

18.65
La durabilité de la production alimentaire exigera de plus en plus le recours à des pratiques rationnelles et efficaces en matière de conservation et d’utilisation de l’eau, en particulier le développement et la gestion de l’irrigation, y compris la gestion des eaux dans les zones d’agriculture pluviale, dans les réseaux d’alimentation du bétail en eau, dans les pêcheries en eau intérieure et dans le domaine de l’agroforesterie. La sécurité alimentaire constitue un objectif hautement prioritaire dans nombre de pays ; l’agriculture doit non seulement alimenter des populations à effectif croissant, mais aussi économiser l’eau à d’autres fins. Le problème consiste à mettre au point et appliquer des techniques et méthodes de gestion économiseuses d’eau et, par le renforcement des capacités, permettre aux collectivités de mettre en place des institutions et de prendre des mesures d’incitation pour amener la population rurale à adopter de nouveaux modes de culture tant pluviale qu’irriguée. La population rurale doit pouvoir bénéficier plus facilement d’une alimentation en eau et de services d’assainissement. C’est une tâche colossale, mais on peut relever le défi dès lors que l’on adopte des politiques et programmes appropriés à tous les niveaux - local, national et international. Les zones d’agriculture pluviale se sont sensiblement étendues au cours de la dernière décennie ; par contre, les problèmes d’engorgement du sol et de salinisation ont nui à la productivité et à la durabilité des systèmes d’irrigation. Les contraintes financières et commerciales constituent, elles aussi, des problèmes courants. L’érosion du sol, la mauvaise gestion ou la surexploitation des ressources naturelles et la concurrence acharnée que se livrent les utilisateurs pour l’eau ont influé sur l’étendue de la pauvreté, de la faim et de la famine dans les pays en développement. L’érosion du sol imputable au surpâturage du bétail provoque souvent aussi l’envasement des lacs. La plupart du temps, le développement des réseaux d’irrigation n’est assorti d’aucune évaluation d’impact sur l’environnement et en particulier des conséquences de l’irrigation sur l’hydrologie des bassins versants et de l’impact des transferts entre les bassins, ni d’études sur les impacts sociaux sur les populations des vallées fluviales.

18.66
L’inexistence de ressources hydriques de bonne qualité limite considérablement la production animale dans de nombreux pays ; dans certains cas, l’élimination impropre des déchets animaux peut entraîner la pollution des approvisionnements en eau destinés aux animaux comme à la population. Les besoins des animaux en matière d’eau d’eau de boisson varient selon les espèces et leur milieu ambiant. On évalue à environ 60 milliards de litres par jour la demande actuelle d’eau pour le bétail et, compte tenu des prévisions d’accroissement du cheptel, la croissance de la demande journalière devrait entraîner dans un avenir proche un surcroît de besoins s’élevant à 0,4 milliard de litres par an.

18.67
La pêche des espèces d’eau douce dans les fleuves et les lacs représente une importante source d’aliments et de protéines. Il conviendrait d’aménager les pêches continentales afin de porter au maximum la production d’organismes alimentaires aquatiques, dans le respect de critères environnementaux rationnels. Il faut pour cela préserver la qualité et la quantité de l’approvisionnement en eau ainsi que la morphologie fonctionnelle du milieu aquatique. Mais la pêche et l’aquaculture peuvent aussi porter préjudice à l’écosystème aquatique et, partant, on ne doit poursuivre leur développement que si des principes directeurs en limitent les impacts. La production des pêcheries intérieures en eau douce et en eau saumâtre, actuellement de l’ordre de 7 millions de tonnes par an, pourrait atteindre 16 millions de tonnes d’ici à l’an 2000. Toute nouvelle agression de l’environnement risque cependant de remettre en cause cette progression.

Objectifs

18.68
On peut énoncer comme suit les grands principes directeurs à appliquer pour une gestion globale et écologiquement rationnelle des ressources en eau en milieu rural :

a) L’eau doit être considérée comme une ressource finie ayant une valeur économique et une importance certaine sur le plan social et économique, compte tenu de la nécessité de répondre aux besoins fondamentaux ;

b) Les collectivités locales doivent être associées de bout en bout à la gestion des ressources en eau ; la participation pleine et entière des femmes est particulièrement nécessaire, vu l’importance du rôle qu’elles jouent, quotidiennement, dans l’approvisionnement, la gestion et l’utilisation de l’eau ;

c) La gestion des ressources en eau doit faire partie d’un ensemble de politiques cohérentes dans les domaines suivants :

- i) santé ;
- ii) production, conservation et distribution des aliments ;
- iii) atténuation des effets des catastrophes ;
- iv) protection de l’environnement et préservation de la base de ressources ;

d) Le rôle des populations rurales, celui des femmes en particulier, doit donc être reconnu et appuyé sans réserve.

18.69
Un programme international d’action sur l’eau et le développement durable de l’agriculture a été lancé par la FAO en coopération avec d’autres organisations internationales. Le principal objectif de ce programme est d’aider les pays en développement à planifier, à mettre en valeur et à gérer les ressources en eau selon une approche intégrée afin de répondre aux besoins actuels et futurs de la production agricole, compte tenu des conditions environnementales.

18.70
Un cadre a été mis au point par le Programme pour l’utilisation rationnelle de l’eau dans le secteur agricole et des domaines prioritaires d’action aux niveaux national, régional et mondial ont été identifiés. Des objectifs quantitatifs pour la mise en place de nouveaux réseaux d’irrigation, pour l’amélioration des réseaux existants et pour la restauration par le drainage des terres engorgées et salinisées ont été fixés pour 130 pays en développement en fonction de leurs besoins alimentaires, des zones agroclimatiques auxquelles ils appartiennent et des ressources en eau et en terres disponibles.

18.71
Les projections mondiales de la FAO d’ici à l’an 2000 s’établissent comme suit pour l’irrigation, le drainage et les programmes restreints relatifs à l’eau dans 130 pays en développement :

a) 15,2 millions d’hectares nouvellement irrigués ;

b) amélioration/modernisation de projets existants portant sur 12 millions d’hectares ;

c) installations de drainage et de régularisation des eaux sur 7 millions d’hectares et

d) programmes à petite échelle relatifs à l’eau et à sa conservation sur 10 millions d’hectares.

18.72
La création de nouvelles zones d’irrigation aux niveaux indiqués ci-dessus pourrait donner lieu à des problèmes d’environnement, étant donné qu’elle entraînerait la destruction de zones humides, la pollution des eaux, un accroissement de la sédimentation et une réduction de la diversité biologique. Tout nouveau programme d’irrigation devrait donc être assorti d’un bilan d’impact sur l’environnement chaque fois que l’on prévoit des répercussions défavorables importantes pour le milieu et compte tenu de l’ampleur du programme. Lorsque l’on étudierait des propositions concernant de nouveaux réseaux d’irrigation, il y aurait également lieu d’envisager une exploitation plus rationnelle, et d’augmenter l’efficacité ou la productivité, de tout réseau existant capable de desservir les mêmes localités. Il faudrait évaluer de manière approfondie les techniques utilisées pour les nouveaux réseaux, notamment pour en déterminer les incompatibilités éventuelles avec d’autres utilisations des terres. La participation active des groupes utilisateurs d’eau constitue un objectif allant dans le même sens.

18.73
Il faudrait veiller à ce que dans tous les pays, les collectivités rurales, en fonction de leurs capacités et des ressources disponibles et en tirant parti, au besoin, de la coopération internationale, aient accès à des approvisionnements suffisants en eau salubre et à des services d’assainissement afin de répondre à leurs besoins en matière de santé et de préserver la qualité du milieu local.

18.74
Parmi les objectifs de la gestion de l’eau aux fins de la pêche en eau intérieure et de l’aquaculture, il faut tenir compte des impératifs liés à la conservation de la qualité et de la quantité des approvisionnements en eau en vue d’une production optimale et de la prévention de la pollution des eaux par les activités d’aquaculture. Le Programme d’action vise à aider les Etats membres à aménager leurs pêcheries dans les eaux continentales par le biais de la promotion de la gestion durable de la pêche de cueillette et de l’élaboration de stratégies écologiquement rationnelles concernant l’intensification de l’aquaculture.

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18.75
Pour ce qui est de la gestion des eaux aux fins de la production animale, les objectifs sont de deux ordres : apport de quantités d’eau de boisson suffisantes et sauvegarde de sa qualité, selon les besoins spécifiques des diverses espèces animales. Cela implique des niveaux de tolérance maximaux pour la salinité ainsi que l’absence d’organismes pathogènes. Compte tenu des importantes variations régionales et interpays, il est impossible de fixer des objectifs quantitatifs à l’échelle mondiale.

Activités

18.76
En fonction de leurs capacités et des ressources disponibles, et dans le cadre de la coopération bilatérale ou multilatérale, notamment avec l’Organisation des Nations Unies et d’autres organisations compétentes, selon les besoins, tous les Etats pourraient exécuter les activités ci-après :

a) Distribution d’eau et assainissement pour les zones rurales mal desservies :

- i) Formuler des politiques et priorités budgétaires nationales dans l’optique d’une meilleure desserte des populations ;
- ii) Promouvoir l’application de techniques appropriées ;
- iii) Mettre en place des mécanismes de recouvrement des coûts appropriés, les questions d’efficacité et d’équité étant prises en considération par le biais de la régulation de la demande ;
- iv) Encourager les collectivités locales à acquérir les droits de propriété des réseaux de distribution d’eau et des équipements d’assainissement ;
- v) Etablir des systèmes de surveillance et d’évaluation ;
- vi) Stimuler le secteur de la distribution d’eau et de l’assainissement en milieu rural en privilégiant le renforcement institutionnel, une gestion plus efficace et la mise en place de structures appropriées pour le financement des services ;
- vii) Développer l’enseignement des principes d’hygiène et éliminer les foyers de transmission ;
- viii) Adopter des techniques de traitement des eaux appropriées ;
- ix) Prendre des mesures globales d’aménagement de l’environnement axées sur la lutte contre les vecteurs de maladies ;

b) Utilisation efficace de l’eau :

- i) Accroître l’efficacité et la productivité de l’utilisation d’eau dans le secteur agricole pour mieux exploiter des ressources limitées ;
- ii) Renforcer la recherche sur la gestion de l’eau et des sols dans des conditions d’irrigation et de culture sèche ;
- iii) Surveiller et évaluer les résultats des projets d’irrigation, notamment pour tirer meilleur parti du projet et en assurer la maintenance dans les meilleures conditions ;
- iv) Fournir une aide aux groupes d’utilisateurs de l’eau dans le but d’améliorer la gestion au niveau local ;
- v) Favoriser le bon usage des eaux relativement saumâtres aux fins de l’irrigation ;

c) Maîtrise de l’engorgement et de la salinité et drainage :

- i) Introduire le drainage de surface dans l’agriculture non irriguée pour prévenir tout engorgement temporaire et toute inondation des zones de faible altitude ;
- ii) Pratiquer le drainage artificiel dans les zones d’agriculture irriguée et sèche ;
- iii) Encourager l’exploitation combinée des eaux superficielles et souterraines ; effectuer des bilans hydrologiques ;
- iv) Recourir au drainage dans les zones irriguées en région aride ou semi-aride ;

d) Gestion de la qualité de l’eau :

- i) Etablir et exploiter des systèmes de surveillance d’un bon rapport coût-efficacité pour veiller à ce que l’eau disponible pour l’agriculture soit de qualité acceptable ;
- ii) Eviter que les activités agricoles n’affectent la qualité de l’eau destinée à d’autres usages sociaux et économiques et les terres humides grâce, notamment, à l’utilisation optimale des intrants à l’exploitation et à la réduction à leur plus simple expression de l’emploi d’intrants extérieurs dans les activités agricoles ;
- iii) Etablir, en matière de qualité de l’eau, des critères biologiques, physiques et chimiques à l’intention des utilisateurs de l’eau disponible pour l’agriculture, ainsi que pour les écosystèmes marins et fluviatiles ;
- iv) Réduire au minimum le ruissellement sur les sols et la sédimentation ;
- v) Eliminer en conditions satisfaisantes les eaux usées des établissements humains et le fumier produit par l’élevage intensif ;
- vi) Réduire au minimum les effets nocifs des produits agrochimiques par le recours à la gestion intégrée des nuisibles ;
- vii) Enseigner aux collectivités les effets polluants de l’emploi d’engrais et de substances chimiques sur la qualité de l’eau, la sécurité des denrées alimentaires et la santé ;

e) Programmes de mise en valeur des ressources en eau :

- i) Développer l’irrigation à petite échelle, l’approvisionnement de la population et du bétail en eau et la conservation des sols ;
- ii) Formuler des programmes ambitieux et à long terme de développement de l’irrigation compte tenu de leurs effets sur la vie locale, l’économie et l’environnement ;
- iii) Encourager les initiatives locales portant sur la mise en valeur et la gestion intégrée des ressources en eau ;
- iv) Fournir les avis et les concours techniques adéquats et améliorer la collaboration entre les institutions au niveau des collectivités locales ;
- v) Promouvoir, aux fins de la gestion des terres et de l’eau, une approche de l’agriculture tenant compte du niveau d’instruction, de la possibilité de mobiliser les communautés locales et des exigences des écosystèmes des régions arides et semi-arides ;
- vi) Planifier et mettre en oeuvre des programmes de production d’hydroélectricité polyvalents en veillant à ce que les préoccupations écologiques soient dûment prises en considération ;

f) Gestion des ressources en eau peu abondantes :

- i) Mettre au point des stratégies à long terme et des programmes d’application concrets concernant l’utilisation de l’eau à des fins agricoles d’une façon qui soit compatible avec des ressources limitées et des besoins concurrents en eau ;
- ii) Considérer l’eau comme un bien social, économique et stratégique dans la planification et la gestion de l’irrigation ;
- iii) Elaborer des programmes spéciaux axés sur la prévention des situations de sécheresse et mettant l’accent sur les pénuries de vivres et la protection de l’environnement ;
- iv) Promouvoir et renforcer la réutilisation des eaux usées dans l’agriculture ;

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g) Approvisionnement en eau aux fins de l’élevage :

- i) Améliorer la qualité de l’eau disponible aux fins de l’élevage en tenant compte des limites de tolérance du bétail ;
- ii) Accroître la quantité de sources d’eau disponibles pour le bétail, notamment dans les systèmes de pâturage extensif, afin de réduire les distances à parcourir jusqu’aux points d’eau et de prévenir le surpâturage alentour ;
- iii) Prévenir la contamination des sources d’eau par des excréments d’animaux afin d’éviter la transmission des maladies et en particulier des zoonoses ;
- iv) Encourager les utilisations multiples des approvisionnements en eau grâce à la promotion de systèmes intégrés associant l’agriculture, l’élevage et la pêche ;
- v) Encourager les systèmes d’épandage de l’eau afin d’accroître la rétention d’eau des pâturages extensifs en vue de stimuler la production de fourrage et de prévenir le ruissellement ;

h) Pêche en eau douce :

- i) Mettre en place une gestion durable des pêcheries dans le cadre de la planification nationale des ressources hydriques ;
- ii) Etudier les aspects spécifiques, du point de vue des exigences hydrobiologiques et écologiques, des principales espèces de poissons d’eau douce, dans le contexte des variations des régimes hydrologiques ;
- iii) Prévenir ou atténuer les modifications des environnements aquatiques par les autres usagers, ou réhabiliter les milieux pouvant aussi être modifiés, en vue d’une utilisation durable et de la conservation de la diversité biologique des ressources biologiques aquatiques ;
- iv) Elaborer et diffuser des méthodes rationnelles d’exploitation et de gestion des ressources hydriques afin d’intensifier le rendement ichtyologique des eaux intérieures ;
- v) Etablir et maintenir les systèmes informatiques nécessaires à la collecte et à l’interprétation des données relatives à la quantité et à la qualité de l’eau, ainsi qu’à la morphologie des conduites, dans le cadre de l’aménagement et selon l’état des ressources biologiques aquatiques, y compris du point de vue de la pêche ;

i) Développement de l’aquaculture :

- i) Mettre au point des méthodes d’aquaculture écologiquement rationnelles, compatibles avec les plans locaux, régionaux et nationaux de gestion des ressources en eau et tenant compte des facteurs sociaux ;
- ii) Adopter des méthodes aquicoles appropriées, ainsi que les méthodes de développement et de gestion des ressources en eau s’y rapportant, dans les pays encore sans expérience en matière d’aquaculture ;
- iii) Etablir l’impact de l’aquaculture sur l’environnement, en se référant spécifiquement aux unités d’élevage commercial et aux possibilités de pollution des eaux par les centres de traitement ;
- iv) Evaluer l’aquaculture du point de vue de sa faisabilité économique par rapport aux utilisations concurrentielles de l’eau, compte tenu de l’emploi d’eau de qualité marginale, ainsi que des investissements nécessaires et des impératifs de l’exploitation.

Moyens d’exécution

A) Financement et évaluation des coûts

18.77
Le secrétariat de la Conférence a estimé que le montant total des dépenses afférentes à la mise en oeuvre des activités relevant du présent domaine pour la période 1993-2000 se chiffrerait en moyenne à environ 13,2 milliards de dollars par an, montant qui serait financé à hauteur de 4,5 milliards de dollars environ par la communauté internationale sous forme de dons ou à des conditions concessionnelles. Il ne s’agit que d’estimations approximatives données à titre indicatif, qui n’ont pas été examinées par les gouvernements. Les dépenses effectives et les conditions financières, y compris les conditions non concessionnelles, dépendront notamment des stratégies et programmes spécifiques que les gouvernements décideront de mettre en oeuvre.

B) Moyens scientifiques et techniques

18.78
Il est urgent que les pays procèdent à la surveillance continue des ressources en eau et de sa qualité, de l’utilisation des terres et des eaux et de la production agricole, qu’ils dressent l’inventaire des types et de l’ampleur du développement de l’eau à des fins agricoles, ainsi que de leur contribution présente et future au développement d’une agriculture durable, qu’ils évaluent le potentiel du développement de la pêche et de l’aquaculture et qu’ils améliorent les données disponibles ainsi que leur diffusion auprès des planificateurs, des techniciens, des exploitants agricoles et des pêcheurs. Des recherches prioritaires s’imposent dans les domaines suivants :

a) Définir les secteurs critiques des recherches adaptatives concernant l’eau ;

b) Renforcer le potentiel de recherches adaptatives des institutions dans les pays en développement ;

c) Améliorer la traduction des résultats des études sur les systèmes d’agriculture et de pêche en liaison avec l’eau en méthodes pratiques et accessibles, et dispenser l’appui nécessaire à leur adoption rapide sur le terrain.

18.79
Le transfert horizontal et vertical de techniques devra être renforcé. Des mécanismes devront être élaborés conjointement par les pays et les organismes d’appui extérieur dans les domaines du crédit, de l’approvisionnement en intrants, des méthodes commerciales et de la fixation adéquate des prix et des transports. Les infrastructures rurales d’approvisionnement intégré en eau, notamment les facilités d’enseignement relatif à l’eau et pour la formation et les services d’appui à l’agriculture, devraient être élargies pour permettre des utilisations multiples et contribuer au développement de l’économie rurale.

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C) Mise en valeur des ressources humaines

18.80
La formation théorique et pratique et la mise en valeur des ressources humaines devraient être activement recherchées au plan national par le biais des mesures suivantes : a) évaluation des besoins présents et à long terme en matière de gestion des ressources humaines et de formation ; b) adoption d’une politique nationale de mise en valeur des ressources humaines ; c) mise en route et application de programmes de formation des effectifs de tous niveaux et des exploitants agricoles. Les actions nécessaires peuvent être énoncées comme suit :

a) Evaluer les exigences de la formation à la gestion des eaux à des fins agricoles ;

b) Accroître les activités de formation formelles et informelles ;

c) Mettre en place des stages de formation pratique en vue d’améliorer l’aptitude des services de vulgarisation à diffuser les techniques et à renforcer l’aptitude des exploitants agricoles, et tout particulièrement des petits producteurs ;

d) Former des personnes de tous niveaux, y compris les exploitants agricoles, les pêcheurs et les membres des communautés locales, et surtout les femmes ;

e) Accroître les possibilités de carrière afin d’améliorer les compétences à tous les niveaux des administrateurs et préposés des programmes de gestion des terres et des eaux.

d) Renforcement des capacités

18.81
On a désormais bien compris l’importance d’un cadre institutionnel fonctionnel et cohérent au plan national pour promouvoir le développement de l’eau et d’une agriculture durable. Il faudrait aussi un régime juridique approprié, comportant des dispositions statutaires et des règlements, ce qui faciliterait l’action pour l’utilisation des eaux à des fins agricoles, le drainage, la gestion de la qualité de l’eau, les programmes à petite échelle concernant l’eau et le fonctionnement des associations d’usagers de l’eau et de pêcheurs. La législation spécifique des besoins d’eau pour le secteur agricole devrait être conforme au droit public applicable à la gestion des ressources hydriques et en découler. Il conviendrait d’agir dans les secteurs suivants :

a) Améliorer les politiques d’utilisation de l’eau dans les domaines du développement agricole, halieutique et rural, de même que le cadre juridique de la mise en oeuvre de ces politiques ;

b) Remanier, renforcer et, le cas échéant, restructurer les institutions en place de façon à développer leurs capacités dans les activités liées à l’eau, tout en reconnaissant que les ressources en eau doivent être gérées à un niveau qui soit le plus rapproché possible des utilisateurs ;

c) Réviser et renforcer, au besoin, la structure organique, les rapports et les liens pratiques entre ministères et départements ministériels ;

d) Indiquer les mesures spécifiques exigeant un appui aux fins du renforcement institutionnel, y compris la budgétisation à long terme, la formation des personnels, les incitations, la mobilité, le matériel et les mécanismes de coordination ;

e) Favoriser en tant que de besoin la contribution du secteur privé à la mise en valeur des ressources humaines et à la mise en place des infrastructures ;

f) Transférer les techniques actuelles et nouvelles d’utilisation de l’eau en créant des mécanismes de coopération et d’échange d’informations entre institutions nationales et régionales.

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