Site de l’Association Adéquations
Développement humain durable - diversité culturelle - solidarité internationale - égalité femmes/hommes

Mardi 15 janvier 2019

Intranet

Accueil > Actualités > Actualité > La crise touche aussi les pays en développement.

Enregistrer au format PDF

La crise touche aussi les pays en développement.

Selon deux communiqués de l’ONU

Jeudi 11 décembre 2008

Les pays en développement sont maintenant aussi frappés par un net ralentissement économique, selon la Banque Mondiale / La crise mondiale devrait déboucher sur des coupes dans les salaires de millions de travailleurs dans le monde l’an prochain, selon le Bureau international du Travail (BIT).


 Le ralentissement économique frappe également les pays en développement

New York, Dec 10 2008 4:00PM

Les pays en développement, jusqu’ici moins touchés, sont aussi frappés par un net ralentissement économique en raison de la crise financière, note un nouveau rapport de la Banque mondiale publié cette semaine.

Ce rapport, intitulé Perspectives économiques mondiales 2009, prévoit une baisse de la croissance mondiale du PIB de 2,5% en 2008 à 0,9% en 2009. La croissance des pays en développement, vigoureuse en 2007, avec un taux atteignant 7,9%, devrait retomber à 4,5% en 2009. Les pays riches connaîtront vraisemblablement l’année prochaine une croissance négative.

« Nous constatons que l’économie mondiale est en train de passer d’une longue période de croissance forte, tirée par les pays en développement, à une période de grande incertitude, la crise financière actuelle ayant ébranlé les marchés partout dans le monde », a déclaré Hans Timmer, directeur de l’équipe chargée d’analyser les tendances mondiales à la Banque mondiale.

« Le ralentissement observé dans les pays en développement est très significatif parce que le resserrement du crédit affecte directement les investissements, un facteur essentiel des fortes performances réalisées par les pays en développement durant les cinq dernières années. »

Le resserrement du crédit ainsi qu’une plus grande frilosité face aux risques devraient entraîner une baisse de la croissance de l’investissement dans les pays en développement. Cette dernière, qui était de 13% en 2007, ne dépassera pas 3,5% en 2009, selon les prévisions : une baisse lourde de conséquences étant donné que la croissance de l’investissement contribue pour un tiers à la croissance du PIB.

Hans Timmer et d’autres économistes de la Banque mondiale prévoient une contraction du commerce mondial de 2,1% en 2009. C’est la première baisse enregistrée depuis 1982. Tous les pays seront touchés par cette chute des exportations, qui reflète non seulement un fort ralentissement au niveau de la demande mondiale, mais aussi une moindre disponibilité des crédits à l’exportation.

Dans la région Asie de l’Est et Pacifique, on estime que la croissance du PIB devrait ralentir à 8,5% en 2008 et descendre à 6,7% en 2009. La région a été confrontée à une vente massive d’actions et à une chute importante du volume des exportations. La croissance de la Chine devrait passer de 9,4% en 2008 à 7,5 % en 2009, toutefois le plan de relance d’un montant de 586 milliards de dollars annoncé récemment par le gouvernement pourrait faire remonter la croissance à 8,5% en 2010.

La croissance du PIB en Europe et en Asie centrale devrait descendre à 5,3% en 2008, et jusqu’à 2,7% en 2009. Ce déclin découle de la baisse des investissements, liée à des conditions de financement difficiles, et à la diminution de la demande sur le marché de l’exportation. La croissance en Russie ne devrait pas dépasser 6% en 2008, contre 8,1% en 2007, conséquence de la crise bancaire et de la baisse du prix du pétrole.

Dans la région Amérique latine et Caraïbes, la vulnérabilité de la croissance du PIB (4,4% en 2008 selon les prévisions) met sous pression le secteur de l’investissement privé. La baisse du prix des produits de base pourrait entraîner un déficit de la balance courante pour des pays fortement exportateurs, tels que l’Argentine. D’autres, comme le Brésil et le Mexique, vont voir chuter leurs exportations en direction des États-Unis et de l’Europe, frappés par la récession. La situation devrait se dégrader dans la région en 2009, avec une croissance du PIB chutant à 2,1%, en raison de la baisse des dépenses d’investissement.

La région Moyen-Orient et Afrique du Nord semble avoir bien résisté en 2008, avec une croissance maintenue à 5,8%, mais ce chiffre global masque des fluctuations considérables au niveau du commerce, de la balance courante et des conditions du financement extérieur. Les pays exportateurs de pétrole étant confrontés à une baisse de revenus en 2009, la croissance régionale ne devrait pas dépasser 3,9% en 2007.

La croissance en Asie du Sud est passée à 6,3% en 2008 contre 8,4 % en 2007, et devrait descendre à 5,4% en 2009. La hausse des prix des denrées alimentaires et des carburants, le resserrement du crédit et la baisse de la demande internationale se sont répercutés sur les comptes extérieurs et ont provoqué un ralentissement de la croissance de l’ ;investissement. C’est en Inde et au Pakistan, où la production industrielle a véritablement chuté, que le déclin est le plus sensible.

En Afrique subsaharienne, la croissance a augmenté en 2008, atteignant 5,4%, mais devrait retomber à 4,6% en 2009. On pourrait toutefois voir baisser la contribution des exportations nettes à la croissance du PIB en Afrique, et de nombreux pays sont exposés aux chocs des termes de l’échange. La hausse des prix des denrées alimentaires et des carburants a, d’autre part, creusé l’écart entre pauvres et riches, avec pour conséquence un risque accru de troubles sociaux.

 La crise mondiale devrait déboucher sur des coupes dans les salaires de millions de travailleurs dans le monde en 2009

Selon le Bureau International du Travail (BIT)

« Pour les 1,5 milliard de salariés dans le monde, des temps difficiles sont à venir » , déclare le directeur général Juan Somavia. « Une croissance économique faible, voire négative, combinée à des prix alimentaires et énergétiques hautement volatiles, va amputer les salaires réels de nombreux travailleurs, en particulier les bas salaires et les ménages les plus pauvres. Les classes moyennes seront également sérieusement affectées ».

Le rapport, intitulé Rapport mondial sur les salaires 2008/09, prévient que les tensions sur les salaires sont susceptibles de s’intensifier.

En s’appuyant sur les derniers chiffres de croissance du Fonds monétaire international (FMI), le BIT prévoit que la croissance mondiale des salaires réels atteindra au mieux 1,1% en 2009, comparé à 1,7% en 2008, mais les salaires devraient décliner dans un grand nombre de pays, y compris dans les principales économies. De manière générale, la croissance des salaires dans les pays industrialisés devrait baisser, de 0,8% en 2008 à moins 0,5% en 2009.

Le rapport du BIT montre que cette sombre perspective se profile après une décennie pendant laquelle les salaires n’ont pas progressé au même rythme que la croissance économique. Selon le rapport, entre 1995 et 2007, chaque point de pourcentage supplémentaire de croissance annuelle du PIB par tête s’est traduit, en moyenne, par 0,75% de hausse de la croissance annuelle des salaires. Il en résulte que, dans près des trois quarts des pays dans le monde, la part des revenus du travail dans le PIB a décliné.

Alors que l’inflation était faible et que l’économie mondiale progressait à un rythme annuel de 4% entre 2001 et 2007, la croissance salariale est restée à la traîne, augmentant de moins de 2% par an dans la moitié des pays dans le monde, indique le rapport.

De grandes différences régionales sont observées. La croissance des salaires réels était d’environ 1% par an ou moins dans la plupart des pays développés et d’Amérique latine, mais atteignait 10% ou plus en Chine, en Russie et dans nombre d’autres pays en transition.

Le rapport montre aussi que, depuis 1995, l’inégalité entre les salaires les plus bas et les plus élevés a augmenté dans plus de deux tiers des pays étudiés, atteignant souvent des niveaux difficilement tenables socialement. Parmi les pays développés, l’Allemagne, la Pologne et les Etats Unis figurent parmi les pays où le fossé entre les salaires les plus élevés et les salaires les plus bas a augmenté le plus rapidement. Dans d’autres régions, les inégalités ont aussi augmenté brusquement, particulièrement en Argentine, en Chine et en Thaïlande.

Certains des pays qui ont réussi à réduire les inégalités salariales comprennent la France et l’Espagne, ainsi que le Brésil et l’Indonésie, bien que dans ces deux derniers pays les inégalités demeurent à un niveau élevé.

L’écart de rémunération entre hommes et femmes est toujours grand et ne se réduit que très lentement. Bien que 80% des pays pour lesquels nous disposons de données aient connu une hausse du ratio entre les salaires moyens des femmes et ceux des hommes, la taille du changement est minime et, dans certains cas, négligeable. Dans la majorité des pays, les salaires des femmes représentent en moyenne entre 70 et 90% des salaires masculins, mais il n’est pas rare de trouver des ratios beaucoup plus bas dans d’autres régions du monde, particulièrement en Asie.

 

- Sur le site d’Adéquations : voir notre rubrique Economie

Haut de page
Accueil | Contact | | Mentions légales | Plan du site | Membres et partenaires