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La violence contre les femmes reste le crime le plus répandu et le moins puni

Un communiqué de l’ONU

Mardi 25 novembre 2008


En temps de guerre comme de paix, les viols et violences sexuelles restent le plus souvent impunis à travers le monde, dénoncent mardi les Nations Unies, à l’occasion de la Journée internationale pour l’élimination de la violence contre les femmes.

« La violence contre les femmes est le crime le plus répandu et le moins puni à travers le monde », a déploré la directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour la Population, Thoraya Ahmed Obaid.

Une analyse partagée par la Haut Commissaire aux droits de l’homme, Navi Pillay, pour qui les viols en temps de guerre sont encore « manifestement négligés par tous les acteurs ». « Le viol est un crime qui doit être puni et ce aux yeux de tous, si l’on veut mettre fin au cycle de la violence sexuelle », a-t-elle ajouté.

Ce phénomène est le plus visible en République démocratique du Congo (RDC), où des centaines de milliers de femmes ont été violées, battues, réduites en esclavage ou tuées au cours de la décennie écoulée sans que quiconque n’ait été puni ou presque.

Mme Pillay est l’auteur d’une jurisprudence importante sur le viol et le génocide, du temps où elle était juge au Tribunal pénal international pour le Rwanda.

Elle a aussi fustigé l’impunité qui protège les hommes contre les sévices infligés aux femmes en temps de paix. « Dans certaines sociétés, les hommes savent parfaitement que s’ils battent, blessent ou même tuent leurs femmes ou leurs filles, ils ne seront pas jugés », a-t-elle déploré.

Ainsi en Iraq, la violence contre les femmes s’exprime sous tous ces aspects sans relâche : viol, trafic sexuel, mariage forcé, meurtre, enlèvement pour raison sectaire ou criminelle, prostitution forcée, tout cela accompagné d’une augmentation de la violence au sein de la famille et l’augmentation des « crimes d’honneur », commis en toute impunité.

Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki Moon, dans un message à l’occasion de la Journée, souligne que « le nombre effectif de cas de violence sexiste commis est bien supérieur au nombre d’infractions signalées », en partie parce que « le viol suscite le mépris » et parce que dans certains cas les femmes seront punies deux fois, une fois par le viol, une fois par le système judiciaire qui les accusera «  faussement de crimes d’adultère ».

Ban Ki Moon a mis en lumière aussi l’âge des victimes : une victime sur trois qui porte plainte en Haïti a moins de 13 ans, au Libéria la majorité des cas concerne des filles de 12 ans et même certaines de moins de 5 ans.

De son côté, l’actrice Nicole Kidman, ambassadrice intinérante de l’UNIFEM, devait s’exprimer sur ces questions lors d’une conférence de presse, mardi, au siège de l’ONU.

A l’occasion de la Journée, le Fonds de développement des Nations Unies pour la femme a annoncé le financement de 23 projets dans le domaine de la lutte contre les violences faites aux femmes pour un montant de 19 millions de dollars. Le total des fonds alloués à de tels programmes a quadruplé depuis l’année dernière et il s’agit donc d’une tendance très encourageante, selon la directrice exécutive de l’UNIFEM, Inès Alberdi, qui a estimé que la campagne lancée par le Secrétaire général, "Unis pour mettre fin à la violence contre les femmes" [UNiTE to End Violence against Women] a créé un élan.

Mais les fonds peinent encore à répondre à la demande : les demandes de bourses se sont élevées à 525 millions de dollars cette année, notamment pour des projets dans les pays en développement et dans ceux où la violence sexuelle est devenue une arme de guerre.

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