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Femmes, genre et développement durable

Lundi 20 août 2012, par Yveline Nicolas

Les enjeux du modèle de développement durable et les questions de genre (égalité femmes-hommes) sont intrinsèquement liés.


L’Agenda 21 (ou Programme d’action pour le 21ème) de la Conférence de Rio en 1992 affirme que la contribution des femmes est un aspect essentiel du développement durable, et y consacre un chapitre complet, le chapitre 24, intitulé "Action mondiale des femmes pour le développement durable". Les femmes, représentées par leurs organisations, constituent ainsi l’un des "groupes majeurs" de la société civile auprès des Nations unies. L’intégration transversale de l’approche de genre en vue de l’égalité des femmes et des hommes apparait essentielle pour atteindre les objectifs du développement durable en matière économique, sociale, environnementale et culturelle.

De nombreuses organisations de femmes et féministes agissent au niveau local, national, international depuis plus de vingt ans pour participer et élaborer des positions pour les conférences internationales des Nations unies et les réunions "parallèles" de la société civile. Elles ont ainsi publié avant la Conférence de Rio, un "Agenda 21 des femmes". D’autres textes de position ont suivi, comme celui du groupe français Genre et développement soutenable avant la Conférence Rio + 20.

Parmi les thèmes particulièrement portés par des femmes et organisation de femmes en matière de développement durable : la prise en compte du genre dans la « justice climatique », la santé environnementale, la résistance au nucléaire civil et militaire, l’application du principe de pollueur-payeur pour les entreprises et notamment les industries extractives, la promotion de l’agroécologie et des savoirs locaux, la santé sexuelle et de la procréation, l’adoption d’indicateurs et budgets sensibles au genre pour toutes les politiques…

Les discussions en cours autour de la crise systémique, à la fois financière et économique, écologique, sociale, politique évacuent la plupart du temps l’enjeu de l’évolution des rapports sociaux entre femmes et hommes. Pourtant, changer ces relations constitue un pivot stratégique de la transition vers un mode de développement soutenable, qui s’appuie sur une allocation et un contrôle équitable des ressources dans les limites écologiques de la biosphère. Il s’agit d’agir sur des réalités individuelles et collectives concrètes, comme la répartition et la maîtrise du temps, de l’espace, du foncier, de la mobilité, de l’accès à la formation, des revenus, des processus décisionnels… Cela revient à organiser et planifier la transition écologique en y intégrant l’objectif de l’égalité femmes-hommes.

Les femmes subissent les répercussions négatives du mode de développement non soutenable : elles sont obligées de cumuler leurs responsabilités socialement construites (les tâches domestiques, le soin aux enfants et aux personnes âgées…) avec de nouvelles exigences économiques et sociales tout en affrontant une précarisation croissante. Dans les pays pauvres, le changement climatique, l’érosion de la biodiversité, la raréfaction des ressources en eau et le manque d’infrastructures d’assainissement, la désertification et les conflits résultants de l’accaparement de terres et du contrôle des semences, les affectent directement, tout comme la régression des services collectifs les surchargent partout dans le monde, en milieu rural et urbain. Parallèlement, la montée des intégrismes religieux et une compréhension étroite de la notion de « diversité culturelle » constituent de nouveaux facteurs de régressions et de résistances à l’émancipation des femmes.

En même temps, les femmes sont des actrices spécifiques de par leur investissement dans l’agriculture et l’alimentation, l’économie sociale et solidaire, leur préoccupation concernant la santé environnementale, leur apport à une gestion équitable des biens communs, de la biodiversité locale, des (bidon)villes et des quartiers. Leur dynamisme, l’utilité sociale de leurs réalisations ouvrent la voie de l’innovation et préfigurent des modes de développement plus humains et solidaires.

- Accès à la rubrique d’Adéquations sur Femmes, genre, développement durable et Rio + 20

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