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Préserver les forêts

Mercredi 1er juin 2016

Les forêts sont essentielles pour lutter contre le changement climatique et pour maintenir la biodiversité. Pourtant, environ 12 % des forêts du monde ont disparu entre 1960 et 2000. Aucune convention internationale n’est prévue pour les préserver. Pour sauver les forêts, il est nécessaire d’avoir une vision globale, de prendre en compte la valeur sociale, culturelle, environnementale, économique des forêts, de lutter contre l’exploitation illégale, et d’informer les consommateurs pour qu’ils fassent des choix d’achats responsables, en boycottant par exemple les meubles fabriqués avec des bois tropicaux de forêts primaires.


  Sommaire de cet article  

 Repères

Renfermant la moitié de la biodiversité terrestre, les forêts sont un régulateur écologique local et global (climat, cycle de l’eau, sols) tout en fournissant des moyens de subsistance (combustibles, eau, médicaments, nourriture…) et des revenus à 500 millions de personnes vivant dans les forêts ou à proximité (dont 150 millions d’autochtones). Plus de 2 milliards de personnes dépendent du bois combustible pour cuire leurs aliments et chauffer l’eau.

Les pays qui concentrent la forêt dans le monde sont la Russie, le Brésil, le Canada, les Etats-Unis et la Chine (plus de la moitié de la surface boisée mondiale), ainsi que la République démocratique du Congo, le Pérou et l’Indonésie.

On compte actuellement 50 % de surface forestière de moins sur terre qu’il y a 500 ans et les surfaces restantes sont fragmentées. Entre 2000 et 2010, 7 millions d’hectares de forêts ont été coupés chaque année dans les pays tropicaux, essentiellement à des fins agricoles.

Selon le rapport 2016 de la FAO (cf. encadré), la déforestation dans les zones tropicales et subtropicales est due aux facteurs suivants : agriculture commerciale à grande échelle (40%), agriculture locale de subsistance (33%), infrastructures (10%), expansion urbaine (10%), extraction minière (10%). Il s’agit de moyennes et la situation est très variable d’une région à l’autre.

Une part importante des coupes industrielles sont illégales. L’urbanisation, le développement de l’élevage, ainsi que la demande croissante en agrocarburants sont également responsables de la destruction de ces écosystèmes, notamment en Indonésie. Si le rythme actuel de déforestation se poursuit, les forêts tropicales pourraient avoir disparu d’ici moins d’une quarantaine d’années. Au Brésil et en Asie, d’immenses espaces sont en voie de désertification.

La forêt amazonienne, qui s’étend sur 5 millions de km2, a diminué de 18% depuis 1970 (soit l’équivalent de deux fois la France). Depuis 2010, le rythme de la déforestation semble avoir diminué un peu au Brésil. Par contre en Asie la déforestation s’accélère, notamment en raison des cultures d’agrocarburants et d’hévéa, qui épuise rapidement les sols.

Parallèlement, la couverture forestière s’étend en Europe et les plantations industrielles augmentent, notamment en Chine, où il s’agit parfois d’arbres OGM. Mais ces plantations sont généralement très pauvre en biodiversité, contrairement aux forêts tropicales qui constituent de véritables réservoirs biologiques. Ainsi, un seul hectare de forêt guyanaise compte cinq fois plus d’espèces d’arbres que dans toute l’Europe.

La déforestation représente environ 18 % des émissions mondiales de CO2. En effet, les forêts, surtout quand les arbres sont en phase de croissance, peuvent constituer des « puits de carbone » éliminant le CO2 de l’atmosphère. Un hectare de forêt absorbe environ 6 tonnes de C02 par an. La dégradation des forêts ou la déforestation contribuent à réduire le stockage du carbone tandis que la gestion durable, la plantation et la réhabilitation de forêts en favorise la fixation. Pour les experts du GIEC, éviter la déforestation est un des meilleurs moyens pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, ce moyen étant plus efficace que la replantation.

Lors de la Conférence internationale de Rio en 1992, les pays du Sud avaient refusé le principe d’une convention internationale sur les forêts. Un Forum des Nations unies sur les forêts assure un suivi de l’Accord international sur les forêts, destiné à « encourager la bonne gestion, la conservation et le développement durable de tous les types de forêts et à renforcer l’engagement politique à long terme à cette fin ».

Actuellement, les forêts sont au coeur des négociations sur le changement climatique, qui tendent à leur affecter une "valeur carbone", notamment les mécanismes REDD, qui proposent de faire entrer la déforestation et dégradation des forêts "évitées" dans la lutte contre le réchauffement global. Ce mécanisme fait l’objet de nombreuses critiques de la part d’organisations de la société civile, notamment des communautés autochtones, qui se voient dépossédées de leur gestion traditionnelle de leurs territoires forestiers par de grandes compagnies qui négocient des concessions avec les Etats du Sud. (Informations sur le site http://noredd.makenoise.org).

2011 était l’année internationale des forêts. Site web ONU 2011

Situation des forêts du monde
Le rapport annuel de la FAO sur les forêts porte en 2016 sur les enjeux des liens entre forêts et agriculture, et affirme qu’une production alimentaire suffisante peut se faire dans le monde sans détruire les forêts. Selon la FAO "alors que l’agriculture demeure la principale cause de déforestation dans le monde, il est urgent d’encourager des interactions plus positives entre l’agriculture et la foresterie afin de mettre en place des systèmes agricoles durables et d’améliorer la sécurité alimentaire". Le rapport plaide pour une meilleure coordination intersectorielle des politiques liées à l’agriculture, à la foresterie, à l’alimentation et à l’utilisation des terres, un meilleur aménagement du territoire, des cadres juridiques efficaces et une plus implication majeure des communautés et des exploitants locaux.
- Télécharger le rapport (pdf 138 p. en français)

 Ressources documentaires

- Site web de l’Année internationale des forêts, ONU 2011
- Site français ministère Agriculture année des forêts
- http://www.un.org/esa/forests/index.html
- http://www.fao.org/forestry/index.jsp ; Rapport biennal de la FAOsur la situation des forêts dans le monde. La neuvième édition, publié début 2011, Année internationale des forêts, traite du thème « Changer les voies, changer les vies : les forêts des voies multiples vers le développement durable ». Télécharger ce rapport 2011
- http://bft.revuesonline.com
- A lire : le dossier "Comment sauver les forêts" dans le journal l’Ecologiste, juillet-septembre 2007

Forêts, CO2 et changements climatiques :
le pire pourrait arriver...
A l’occasion du Forum des Nations unies sur les forêts (avril 2009), l’Union internationale de la recherche forestière a publié une étude dont est sortie une Directive politique. Vue générale des conséquences du changement climatique sur les forêts et les populations, et les options d’adaptation. Selon ce document, au-delà d’un certain seuil de saturation lié à la déforestation et à la pollution, il existe un risque réel de voir les forêts devenir non plus "consommatrices", mais productrices nettes de CO2, ce qui aggraverait encore le processus de réchauffement. « Message principal : Même si les mesures d’adaptation sont pleinement mises en oeuvre, un changement climatique non atténué au cours du siècle actuel dépasse les capacités d’adaptation de beaucoup de forêts. De larges réductions dans les émissions de gaz à effet de serre à partir de carburants fossiles et dans la déforestation sont nécessaires pour garder leur capacité d’adaptation et d’atténuation. »
- Télécharger un résumé du rapport (pdf 2 Mo).
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