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Lundi 18 mars 2019

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L’étude du Millénaire sur les écosystèmes

2008

A la demande des Nations unies, 1 360 experts originaires de 95 pays ont analysé durant cinq ans les écosystèmes de la planète, produisant en 2005 le « Millenium ecosystem assessment ». Ce document note que les humains ont dégradé ou surexploité 60% des écosystèmes permettant la vie : fourniture d’eau douce, stocks de pêche, régulation de l’air et de l’eau, des climats régionaux, des risques naturels et des parasites…


Le rapport définit vingt quatre services fournis par les écosystèmes. Ces services sont classés en :

Services d’approvisionnement : nourriture et eau, ressources génétiques, ressources énergétiques, fibres, bois, combustibles, médicaments…

Services de régulation des inondations, du climat, de l’érosion, des pollutions (épuration), de maladies...

Services culturels : bénéfices spirituels, récréatifs et culturels, esthétiques, éducation, patrimoine, relations sociales, loisirs, écotourisme...

Services de soutien nécessaires à la production des autres services et au maintien de conditions favorables à la vie : cycle des éléments nutritifs, production de biomasse, d’oxygène, cycle de l’eau, habitats, séquestration du carbone, etc.

Quinze de ces 24 services sont dégradés. De plus, le réchauffement de la planète va rendre de plus en plus difficile de rétablir les équilibres rompus.

L’étude du Millenium a cherché à quantifier le produit national brut (PNB) généré par ces services des écosystèmes, le chiffrant à 26 000 milliards d’euros, soit deux fois le PNB mondial.

D’après le rapport, « L’espèce humaine, quoique protégée des changements environnementaux par la culture et la technologie, est en fin de compte fondamentalement dépendante du flux de services d’origine écosystémique ».

Les principaux messages du Rapport du millénaire sur les écosystèmes

•La diversité biologique ne contribue pas uniquement au bien-être matériel et à la subsistance des êtres humains. Elle contribue également à la sécurité, à la résilience, aux relations sociales, à la santé et à la liberté de choix et d’action.

• Les changements au niveau de la diversié biologique en conséquence des activités anthropiques (= humaines) a été plus rapide au cours des cinquante dernières années qu’à toute autre période de l’histoire humaine et les facteurs de changement qui sont responsables de l’appauvrissement de la biodiversité et conduisent à la transformation des services procurés par les écosystèmes sont ou bien constants, ou ne montrent aucun signe de diminution avec le temps, ou encore s’intensifient.

• De nombreux groupes sociaux ont bénéficié de la conversion des écosystèmes naturels en écosystêmes dominés par l’être humain et de l’exploitation de la diversité biologique. Toutefois, ces bénéfices ont été réalisés à des coûts de plus en plus élevés, sous forme d’appauvrissement de la diversité biologique, de dégradation de nombreux services dispensés par les écosystèmes et d’aggravement de la pauvreté d’autres groupes sociaux.

• La transformation des habitats (occupation des sols, modification physique des rivières ou prélèvement de leurs eaux, appauvrissement des récifs coralliens, et dégradation des fonds marins par la pêche au chalut de fond), les changements climatiques, les espèces exotiques envahissantes, la surexploitation des espèces et la pollution sont les facteurs directs les plus importants de l’appauvrissement de la diversité biologique et des changements au niveau des services dispensés par les écosystêmes.

• De meilleures techniques d’évaluation et informations sur les services dispensés par les écosystêmes indiquent que, bien que de nombreux individus bénéficient des actions et activités conduisant à une perte de la diversité biologique et à des changements au niveau des écosystèmes, les coûts de ces changements supportés par la société sont souvent plus élevés. Même dans les cas où notre connaissance des coûts et des bénéfices est incomplète, il importe d’adopter une approche de précaution au cas où les coûts associés aux changements subis par les écosystèmes seraient élevés ou les changements irréversibles.

• Afin d’accomplir plus de progrès vers la conservation de la diversité biologique, il sera nécessaire, entre autres mesures, de renforcer les options d’intervention qui ont pour objectif primordial la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique et des services dispensés par les écosystèmes. En tout état de cause, ces interventions ne seront pas viables, à moins que les facteurs directs et indirects de changement ne soient abordés et que des conditions favorables à la mise en œuvre de toute la gamme d’interventions ne soient établies.

• Il est probable que des compensations réciproques entre la réalisation des Objectifs du millénaire pour le développement fixés à 2015 et l’objectif de 2010 qui consiste à réduire la perte de diversité biologique interviendront, même s’il existe de nombreuses possibilités de synergie entre les divers objectifs convenus au niveau international liés à la diversité biologique, à la viabilité de l’environnement et au développement.

• Des efforts sans précédents seraient nécessaires pour réaliser, d’ici 2010, une réduction appréciable du rythme de perte de la diversité biologique à tous les niveaux.

■ Les buts et objectifs à court terme ne suffisent pas. Etant donné les délais de réaction des systèmes politiques et socioéconomiques humains et des systèmes écologiques, il importe de fixer des buts et des objectifs à long terme (par exemple 2050) pour orienter les politiques et les actions.

• De meilleures prévisions des impacts des facteurs de changement sur la diversité biologique, le fonctionnement des écosystèmes et les services qu’ils dispensent, ainsi que des meilleures mesures de la diversité biologique, faciliteraient la prise de décision à tous les niveaux.

• La science peut contribuer à veiller à ce que les décisions sociales soient prises sur la base des meilleures informations disponibles, mais, au bout du compte, le choix et les décisions concernant les niveaux de diversité biologique appartiennent à la société.

- http://www.millenniumassessment.org

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