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Dimanche 19 mai 2019

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La plateforme d’action de Beijing

Les femmes et la prise de décisions

Objectif 7 : "Encourager le partage du pouvoir et la prise de décision."

2008

"La Déclaration universelle des droits de l’homme stipule que toute personne a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays. Une gestion et une administration transparente et responsable et un développement durable dans tous les domaines ne seront possibles que si les femmes ont plus de pouvoir d’action et plus d’autonomie et si elles jouissent d’une meilleure situation sociale, économique et politique..."


- Objectif stratégique G.1.
Prendre des mesures propres à assurer aux femmes l’égalité d’accès et la pleine participation aux structures du pouvoir et à la prise de décisions
- Objectif stratégique G.2.
Donner aux femmes les moyens de participer à la prise de décisions et d’exercer des responsabilités

 Introduction

181. La Déclaration universelle des droits de l’homme stipule que toute personne a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays. Une gestion et une administration transparente et responsable et un développement durable dans tous les domaines ne seront possibles que si les femmes ont plus de pouvoir d’action et plus d’autonomie et si elles jouissent d’une meilleure situation sociale, économique et politique. Les rapports de force qui empêchent les femmes de s’épanouir existent à tous les niveaux et dans tous les domaines de la société, du plus privé au plus public. Une participation égale des femmes et des hommes à la prise de décisions établira un équilibre qui correspondra mieux à la composition de la société, ce qui est nécessaire au renforcement de la démocratie et à son bon fonctionnement. L’égalité dans la prise de décisions donnera aux femmes un poids qui seul permettra l’intégration d’une perspective égalitaire dans l’élaboration des politiques. La participation égale à la vie politique sera donc déterminante pour la promotion de la femme. L’égalité de participation aux prises de décisions n’est pas seulement une simple question de justice et de démocratie ; on peut y voir aussi une condition nécessaire pour que les intérêts des femmes soient pris en considération. Sans une participation active des femmes et la prise en compte de leurs points de vue à tous les niveaux de la prise de décisions, les objectifs d’égalité, de développement et de paix sont impossibles à réaliser.

182. Malgré le mouvement généralisé de démocratisation en cours dans la plupart des pays, les femmes sont largement sous-représentées à pratiquement tous les niveaux de l’administration, en particulier dans les ministères et autres organes exécutifs ; elles ne sont guère plus nombreuses à avoir accédé au pouvoir politique au sein des organes législatifs et l’objectif de parvenir à une proportion de 30 % de femmes aux postes de prise de décisions avant 1995, qu’avait fixé le Conseil économique et social, n’est pas atteint. Dans l’ensemble du monde, seuls 10 % des sièges dans les parlements et un pourcentage encore plus réduit des portefeuilles ministériels sont actuellement détenus par des femmes. En fait, dans certains pays, y compris des pays qui connaissent des changements politiques, économiques et sociaux profonds, le nombre des femmes siégeant dans les organes législatifs a beaucoup diminué. Bien que les femmes représentent plus de la moitié de l’électorat dans pratiquement tous les pays et qu’elles aient le droit de vote et soient éligibles dans presque tous les États Membres de l’ONU, elles sont toujours gravement sous-représentées parmi les candidates aux postes politiques. Les modes de fonctionnement traditionnels de beaucoup de partis et structures politiques continuent à faire obstacle à la participation des femmes à la vie publique. Des attitudes et pratiques discriminatoires, les responsabilités familiales et maternelles, le coût de la campagne électorale et de l’exercice des fonctions politiques, sont autant d’éléments qui peuvent dissuader les candidatures féminines. Lorsqu’elles occupent des postes politiques et de responsabilités aux niveaux des gouvernements et des organes législatifs, les femmes exercent une influence qui amène à redéfinir les priorités politiques, à inscrire dans les programmes politiques de nouvelles questions qui reflètent leurs préoccupations spécifiques, leurs valeurs et leurs expériences, et à répondre à ces préoccupations et à éclairer d’un jour nouveau les questions politiques générales.

183. Les femmes ont montré qu’elles sont capables d’être des chefs aussi bien dans des organisations communautaires et informelles que dans des fonctions publiques. Mais la place reconnue à la femme et à l’homme dans la société et les stéréotypes véhiculés notamment par les médias renforcent la tendance à réserver aux hommes le pouvoir et les responsabilités politiques. Le fait que les femmes sont sous- représentées aux postes de responsabilité dans les arts, la culture, le sport, les médias, l’éducation, les églises et la justice les empêche de jouer un rôle important dans de nombreuses institutions clefs.

184. Étant exclues des voies traditionnelles qui mènent au pouvoir, telles que les organes directeurs des partis politiques, les organisations patronales et les syndicats, les femmes y ont accédé par le biais d’autres structures, en particulier dans le secteur des organisations non gouvernementales. Les organisations non gouvernementales et les organisations communautaires leur ont permis d’exposer leurs intérêts et leurs problèmes, et de promouvoir le débat national, régional et international sur la condition de la femme.

185. L’inégalité dans la vie publique commence souvent par des comportements et pratiques discriminatoires et des rapports de force déséquilibrés entre les sexes au sein de la famille (voir par. 29). À cause de la division inégale du travail et des responsabilités au sein des ménages, elle-même fondée sur des rapports de force inégaux, les femmes n’ont pas le temps d’acquérir les connaissances nécessaires pour participer à la prise de décisions dans les organes publics. Un partage plus équitable de ces responsabilités entre femmes et hommes permettra non seulement d’améliorer la qualité de la vie des femmes et de leurs filles, mais leur donnera aussi l’occasion de participer à l’élaboration des politiques, des pratiques administratives et des budgets afin que leurs intérêts soient reconnus et qu’il en soit tenu compte. Des réseaux et structures informels de prise de décisions au niveau local qui reflètent la domination masculine empêchent les femmes de participer de façon égale à la vie politique, économique et sociale.

186. La faible proportion de femmes occupant des postes de responsabilité aux niveaux national, régional et international fait apparaître l’existence d’obstacles dus aux structures et aux comportements, qu’il faut chercher à éliminer par des mesures concrètes. Les gouvernements, les entreprises transnationales et nationales, les médias, les banques, les établissements universitaires et scientifiques et les organisations internationales et régionales, y compris celles qui relèvent du système des Nations Unies, ne tirent pas pleinement parti des talents des femmes à des postes de direction, de responsabilité politique, de diplomatie et de négociation.

187. La répartition équitable du pouvoir et des responsabilités à tous les niveaux est du ressort des gouvernements et d’autres acteurs qui doivent établir une analyse statistique des sexospécificités et intégrer la problématique hommes-femmes dans l’élaboration des politiques et l’exécution des programmes. L’égalité dans le processus décisionnel est essentielle à l’émancipation de la femme. Dans certains pays, des mesures de discrimination positive ont permis de porter à 33,3 % ou plus la proportion de femmes dans le gouvernement et les pouvoirs locaux.

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188. Les institutions de statistiques nationales, régionales et internationales ne savent pas encore comment présenter les statistiques relatives à l’égalité entre les femmes et les hommes dans les domaines économique et social. Ainsi, les bases de données et les méthodologies existantes dans l’important domaine de la prise de décisions ne sont pas suffisamment exploitées.

189. Pour remédier au partage inégal du pouvoir et des responsabilités de décision entre les femmes et les hommes à tous les niveaux, les gouvernements et les autres acteurs devraient encourager l’adoption de mesures énergiques et visibles visant à intégrer la problématique hommes-femmes dans toutes les politiques et tous les programmes afin d’en analyser les effets sur les deux sexes, avant toute décision.

 Objectif stratégique G.1. Prendre des mesures propres à assurer aux femmes l’égalité d’accès et la pleine participation aux structures du pouvoir et à la prise de décisions

Mesures à prendre

190. Les gouvernements devraient :

a) S’engager à rééquilibrer la proportion d’hommes et de femmes dans les organes et commissions gouvernementaux, les administrations publiques et les services judiciaires, notamment en fixant des objectifs précis et en appliquant des mesures visant à augmenter substantiellement le nombre de femmes dans la fonction publique afin de réaliser l’égalité de représentation dans tous les postes du gouvernement et de l’administration publique, au besoin par des mesures de discrimination positive ;

b) Introduire, notamment, s’il y a lieu, dans les systèmes électoraux, des mesures qui encouragent les partis politiques à faire en sorte que les femmes soient présentes dans les postes publics électifs et non électifs dans les mêmes proportions et au même niveau que les hommes ;

c) Protéger et promouvoir l’égalité des droits des hommes et des femmes en ce qui concerne la participation aux activités politiques, et la liberté d’association, y compris le droit d’être membres de partis politiques et de syndicats ;

d) Étudier les effets des différents modes de scrutin sur la représentation politique des femmes dans les organes électifs et envisager, le cas échéant, d’ajuster ou de modifier le système électoral ;

e) Suivre et évaluer les progrès dans la représentation des femmes en assurant régulièrement la collecte, l’analyse et la diffusion de données quantitatives et qualitatives sur le nombre de femmes et d’hommes occupant des postes de responsabilité à tous les niveaux dans les secteurs public et privé, et diffuser tous les ans des données sur le nombre de femmes et d’hommes employés à divers niveaux de l’administration ; assurer l’égalité d’accès à tous les postes de la fonction publique et établir dans les structures gouvernementales des mécanismes pour suivre les progrès dans ce domaine ;

f) Soutenir les organisations non gouvernementales et les instituts de recherche qui étudient la participation des femmes à la prise de décisions et l’effet de cette participation sur les décisions et sur le climat des organes de décision ;

g) Encourager les femmes des populations autochtones à participer davantage à la prise de décisions à tous les niveaux ;

h) Encourager les organisations financées par des fonds publics à adopter des politiques et pratiques non discriminatoires de façon à employer plus de femmes à des postes plus élevés, et veiller à ce qu’elles le fassent ;

i) Reconnaître que le partage des responsabilités à l’égard du travail et à l’égard des enfants entre hommes et femmes, contribue à promouvoir la participation des femmes à la vie publique, et prendre les mesures voulues pour atteindre cet objectif, y compris des mesures permettant de concilier vie familiale et vie professionnelle ;

j) S’efforcer d’équilibrer la proportion d’hommes et de femmes dans les listes de candidats présentés par les pays à des postes électifs et autres dans les organes des Nations Unies, les institutions spécialisées et les autres organismes autonomes des Nations Unies, en particulier aux postes de direction.

191. Les partis politiques devraient :

a) Envisager de revoir les structures et procédures des partis aux fins d’éliminer tous les obstacles qui entravent directement ou indirectement la participation des femmes ;

b) Envisager des initiatives qui permettent aux femmes de participer pleinement à toutes les structures internes d’élaboration des politiques et aux processus de présentation de candidature à des postes électifs et autres ;

c) Envisager d’incorporer la problématique hommes-femmes dans leur programme politique et veiller à ce que les femmes puissent participer au même titre que les hommes à la direction des partis politiques.

192. Les gouvernements, les institutions publiques, le secteur privé, les partis politiques, les syndicats, les organisations patronales, les établissements universitaires et de recherche, les organes sous-régionaux et régionaux et les organisations non gouvernementales et internationales devraient :

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a) Agir concrètement pour créer une masse critique de femmes dirigeantes, cadres et gestionnaires aux postes stratégiques de prise de décisions ;

b) Créer des mécanismes permettant de vérifier que les femmes accèdent aux niveaux supérieurs de la prise de décisions, ou renforcer les mécanismes existants ;

c) Examiner les critères de recrutement et de nomination aux organes consultatifs et de décision, ainsi que de promotion aux postes élevés, pour s’assurer qu’ils sont appropriés et n’entraînent pas de discrimination à l’égard des femmes ;

d) Encourager les organisations non gouvernementales, les syndicats et le secteur privé à s’efforcer de réaliser dans leurs rangs l’égalité entre femmes et hommes, y compris l’égalité de participation dans leurs organes de décision et dans les négociations dans tous les domaines et à tous les niveaux ;

e) Élaborer des stratégies de communication pour promouvoir le débat public sur les nouveaux rôles des hommes et des femmes dans la société et dans la famille (tels qu’ils sont définis au paragraphe 30) ;

f) Restructurer les programmes de recrutement et d’organisation des carrières pour que toutes les femmes, en particulier les jeunes femmes, puissent bénéficier à égalité avec les hommes de la formation þ y compris la formation en cours d’emploi þ à la gestion, à la création d’entreprises, aux tâches techniques et à la direction ;

g) Mettre au point des programmes de promotion professionnelle des femmes de tous âges, comprenant la planification des carrières, la définition du profil des carrières, le tutorat et les conseils, et des activités de formation et de recyclage ;

h) Encourager et appuyer la participation des organisations non gouvernementales de femmes aux conférences des Nations Unies et à leur préparation ;

i) Chercher à ce que les délégations à l’Organisation des Nations Unies et à d’autres instances internationales comptent une proportion équilibrée d’hommes et de femmes, et appuyer cet effort.

193. L’Organisation des Nations Unies devrait :

a) Appliquer les politiques et dispositions existantes en matière d’emploi et en adopter de nouvelles, afin de réaliser globalement l’égalité entre les sexes d’ici à l’an 2000, en particulier dans la catégorie des cadres, compte dûment tenu de la nécessité d’assurer une représentation géographique aussi large que possible, conformément au paragraphe 3 de l’Article 101 de la Charte des Nations Unies ;

b) Créer des mécanismes pour présenter des candidatures féminines aux postes de rang supérieur à l’ONU, dans les institutions spécialisées et les autres organismes des Nations Unies ;

c) Continuer à rassembler et à diffuser des données quantitatives et qualitatives sur le rôle des femmes et des hommes dans la prise de décisions, et analyser les effets différents qu’ils produisent sur les décisions, et suivre les progrès vers la réalisation de l’objectif fixé par le Secrétaire général tendant à ce que des femmes occupent 50 % des postes de gestion et de décision d’ici à l’an 2000.

194. Les organisations de femmes, les organisations non gouvernementales, les syndicats, les partenaires sociaux, les producteurs et les associations professionnelles devraient :

a) Stimuler et renforcer la solidarité entre les femmes par des activités d’information, d’éducation et de sensibilisation ;

b) Plaider la cause des femmes à tous les niveaux pour leur permettre d’influencer les décisions, processus et systèmes politiques, économiques et sociaux, et veiller à ce que les élus tiennent leur engagement en faveur de l’équité entre les sexes ;

c) Établir, en respectant les dispositions qui protègent les fichiers informatiques, des bases de données sur les femmes et leurs qualifications, qui serviront à nommer des femmes aux postes supérieurs de prise de décisions et aux postes consultatifs, et les diffuser auprès des gouvernements, des organisations internationales et régionales, des entreprises privées, des partis politiques et des divers organismes concernés.

 Objectif stratégique G.2. Donner aux femmes les moyens de participer à la prise de décisions et d’exercer des responsabilités

Mesures à prendre

195. Les gouvernements, les institutions publiques, le secteur privé, les partis politiques, les syndicats, les organisations patronales, les organes sous-régionaux et régionaux, les organisations non gouvernementales et internationales et les établissements d’enseignement devraient :

a) Assurer une formation pour préparer les femmes et les jeunes filles, en particulier celles qui ont des besoins particuliers, les handicapées et les femmes appartenant à des minorités raciales ou ethniques, à prendre conscience de leur valeur et à assumer des postes de décision ;

b) Avoir des critères transparents de nomination aux postes de décision et veiller à ce que la composition des organes de sélection respecte l’équilibre entre les sexes ;

c) Créer un système de tutorat pour les femmes qui n’ont pas encore acquis d’expérience et, en particulier, leur offrir une formation, notamment pour leur apprendre à diriger et à prendre des décisions, à parler en public, à avoir de l’assurance, et à mener des campagnes politiques ;

d) Donner aux femmes et aux hommes une formation soucieuse de l’équité entre les sexes afin de promouvoir des relations de travail non discriminatoires et le respect de la diversité dans le travail et dans le style de gestion ;

e) Élaborer des mécanismes et assurer une formation qui encouragent les femmes à participer au processus électoral, aux activités politiques et à la prise de décisions.

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