Accueil > Egalité femmes-hommes > Egalité femmes-hommes > Chiffres et données sur les inégalités femmes-hommes |
![]() |
Chiffres et données sur les inégalités femmes-hommesreprésentation politique, emploi, salaires, démographie… avril 2009 Les rapports sociaux entre femmes et hommes sont caractérisés, selon les pays, par des inégalités plus ou moins marquées, notamment en matière de représentation politique et d’accès aux postes de décision, de niveaux de salaires et d’accès à des emplois diversifiés, de partage des fonctions dites "reproductives" (sphère domestique : soins aux enfants, repas, ménage, etc.). D’après les Nations unies, partout dans le monde, les violences à l’égard des femmes constituent une entrave majeure au développement humain et les Etats sont amenés à légiférer sur cette question.
|
Comme l’a noté dès le début des années 1990 le prix Nobel d’économie, Amartya Sen, il « manque » près de 100 millions de femmes et filles dans le monde . Cette inégalité démographique est due au fait que des millions de bébés et fœtus de sexe féminin sont supprimés chaque année en raison de leur moindre valeur supposée et de la préférence culturelle et sociale accordée aux fils dans certaines cultures.
Cette situation, encouragée par la diffusion de techniques médicales comme l’échographie, se diffuse dans les classes moyennes. Elle est la cause d’un lourd déséquilibre démographique en Asie (notamment en Inde et en Chine, qui représentent plus du tiers de la population mondiale, ainsi qu’au Pakistan ou en Corée du Sud…) qui aggrave les trafics, les mariages forcés et l’exploitation des fillettes et des femmes dans la sous-région.
On estime que 100 millions de jeunes filles se marieront avant leur 18e anniversaire au cours des dix prochaines années. Cela représente un tiers des adolescentes des pays en développement (à l’exclusion de la Chine). Environ 14 millions d’adolescentes deviennent mères chaque année (dont plus de 90% dans des pays en développement).(OMS)
La proportion de ménages ayant pour cheffe une femme continue d’augmenter, atteignant près d’un tiers du total des ménages dans certains pays en développement.
Au niveau international, on ne compte que 15 femmes sur 192 chefs d’Etat et de gouvernement. Dans les parlements on compte en moyenne 18,4 % de femmes dans les parlements (2008), ce qui constitue une augmentation de 8 % entre 1998 et 2008. Au niveau des Etats membres de l’Union européenne, la proportion de femmes parlementaire est de 24% dans les chambres uniques/basses, et de 19 à 21% dans les chambres hautes quand celles-ci existent. Au Parlement européen on compte 31 % de députées en 2009 (16,3 % en 1979).
A ce rythme, la représentation politique des femmes dans les pays en développement - et certains pays développés - n’atteindra pas la parité de 40 % à 60 % avant 2045… [1] . Plus de 30 pays ont encore des lois discriminatoires envers les femmes. Seuls 17 pays (dont le Rwanda, le Costa Rica ou l’Afrique du Sud…) ont atteint l’objectif de 30 % de femmes élues, proportion considérée par l’ONU comme minimale pour que l’élaboration des politiques reflète les valeurs sociales, économiques et culturelles de l’ensemble de la société. La participation des femmes aux postes de décision économique et politique reste marginale .
En politique, en France, le principe de parité inscrit dans la loi en 2000, offre des résultats très contrastés selon les modes de scrutins. En 2007 l’Assemblée nationale compte 18,5 % de femmes députées (12,3 % en 2002). En 2004, le Sénat comptait 16,9% de sénatrices alors que les femmes représentent 51,4% de la population française.
18,5 % des députés et 21,9 % des sénateurs.
47,6 % des conseillers régionaux et 43,6 % des députés français au Parlement européen.
12,3 % des conseillers généraux.
35 % des conseillers municipaux et 13,8 % de l’ensemble des maires.
10,4% des élus cantonaux
Au sein des administrations publiques des pays de l’UE, les femmes occupent un tiers des postes des deux niveaux les plus élevés de la hiérarchie. Dans le domaine juridique : on compte seulement 31% de femmes juges des cours suprêmes.
Liste des femmes dirigeantes politiques dans le monde, sur le site www.populationdata.net
Dans le monde, les femmes effectuent les 2/3 du nombre d’heures de travail et produisent plus de la moitié des aliments, mais elles ne gagnent que 10 % du revenu total, possèdent moins de 2 % des terres, reçoivent moins de 5 % des prêts bancaires. Dans les régions les plus pauvres et de forte émigration, jusqu’à 70 % des femmes travaillent dans l’agriculture.
Les femmes effectuent la majeure partie du travail domestique et de soins non comptabilisé dans l’économie. En Afrique subsaharienne, elles passent 40 milliards d’heures par an à l’approvisionnement en eau de la famille, ce qui équivaut à une année entière de travail de toute la population active de la France.
218 millions d’enfants travaillent dans le monde, parmi eux, plus de 100 millions de fillettes. Parmi les enfants de moins de 12 ans qui travaillent, les filles (54 millions, dont 20 millions affectées à des tâches dangereuses) sont plus nombreuses que les garçons (OIT). La situation est en aggravation dans le contexte de la crise économique actuelle.
Les femmes constituent 70 % des 1,2 milliard de personnes vivant avec moins de 1 dollar/jour. L’égalité salariale n’existe dans aucun pays. Ainsi, dans l’Union européenne, les femmes gagnent en moyenne 17 % de moins que les hommes. Partout le chômage, la précarité, le travail non qualifié et à temps partiel touchent en premier lieu les femmes. Dans le secteur formel, en moyenne 1 homme sur 8 occupe un poste de haute direction, pour une femme sur 40.
30% des femmes travaillent à temps partiel contre 5% des hommes. Sur les 4,1 millions d’actifs à temps partiel, 83% sont des femmes. Pour 28% de ces femmes, le temps partiel ne correspond pas à un choix mais est "subi", et elles souhaiteraient pouvoir travailler davantage (Insee).
En France, les femmes n’occupent qu’un quart des postes d’encadrement des entreprises du secteur privé, alors qu’elles représentent près de 46 % de la population active (2004). Parmi les 300 000 dirigeant-es salarié-es d’entreprises, 17% sont des femmes. Elles ne constituent que 7% des cadres dirigeants des 5000 premières entreprises françaises.
Les choix professionnels féminins sont largement influencés par des stéréotypes de genre : 60 % des femmes travaillent dans six groupes de métiers sur 30 groupes répertoriés. Ainsi 80% des métiers d’employé-es sont occupés par des femmes.
les femmes retraitées ont touché en 2004 une pension moyenne de 1.007 euros bruts par mois, soit 38% de moins que les hommes qui ont perçu 1.622 euros. La différence s’explique notamment par les carrières incomplètes et moins bien rémunérées des femmes.
D’après cette enquête, "après la naissance d’un premier enfant, 17 % des mères passent à temps partiel, 11 % changent de poste, 7% démissionnent et 4% prennent un congé parental à temps complet, quand 91 % des pères ne déclarent aucun changement dans leur situation professionnelle. L’arrivée d’un deuxième enfant renforce ce clivage. La principale explication réside dans le fait que ce sont toujours les femmes qui assument l’essentiel des charges domestiques et que cette « spécialisation vers des rôles conjugaux traditionnels" s’accentue au fur et à mesure que la famille s’agrandit. Cette division des tâches persiste même lorsque la femme a la situation professionnelle la plus avantageuse dans le couple : 25% des femmes qui déclarent gagner au moins autant et travailler au moins autant de temps que leur conjoint assurent tout de même l’essentiel des tâches domestiques".
Voir les faits et chiffres sur l’emploi et légalité professionnelle
Nouvelle parution, 2009 : Chiffres clés 2008 de l’égalité entre les femmes et les hommes , par le Secrétariat d’Etat à la solidarité. (pdf 850 ko).
Environ 776 millions d’adultes – soit 16% de la population adulte du monde – ne sont pas alphabétisés. Les deux tiers sont des femmes. La situation ne semble pas s’améliorer depuis quelques années.
En 2006, 75 millions d’enfants, dont 55% de filles, n’étaient pas scolarisés, dont près de la moitié en Afrique subsaharienne.
513millions d’élèves – soit 58% de la population d’âge scolaire concernée – étaient scolarisés dans l’enseignement secondaire, soit près de 76millions de plus qu’en 1999. Malgré les progrès enregistrés, l’accès au secondaire demeure limité pour la plupart des jeunes. En Afrique subsaharienne, 75% des enfants en âge de fréquenter l’école secondaire ne sont pas scolarisés dans ce niveau. En 2006, sur les 176 pays pour lesquels les données étaient disponibles, 59 avaient réalisé la parité entre les sexes dans l’enseignement primaire et secondaire – soit 20 de plus qu’en 1999. Dans le primaire, près des deux tiers des pays avaient réalisé la parité. Cependant, plus de la moitié des pays d’Afrique subsaharienne, d’Asie du Sud et de l’Ouest et des États arabes n’avaient pas atteint l’objectif. Seulement 37% des pays du monde avaient réalisé la parité entre les sexes dans l’enseignement secondaire.
Mais ces objectifs quantitatifs ne tiennent pas compte de la qualité de l’enseignement, de l’attitude souvent différenciée des enseignant-es envers les filles et les garçons, des violences de genre en milieu scolaire et du problème qui persiste des stéréotypes de genre véhiculés dans le matériel pédagogique.
Par contre, la tendance se confirme à une présence plus élevée de femmes que d’hommes dans les effectifs de l’enseignement supérieur au niveau mondial, en particulier dans les régions les plus développées, les Caraïbes et le Pacifique. Mais dans certains pays, comme l’Iran, un taux très importants de jeunes filles à l’université se débouche pas sur un accès égal aux emplois et aux responsabilités.
Dès qu’on monte dans la hiérarchie dans les milieux universitaires et de la recherche, les femmes sont moins nombreuses. Dans l’Union européenne, seule un professeur d’université sur 10 est une femme. En France, au niveau des postes de direction et de présidence des établissements universitaires, il n’y a que 13% de femmes sur 108 personnes.
D’après l’Organisation mondiale de la santé, le sexe - fait biologique d’être un homme ou une femme - et le genre ont un impact important sur la santé. "Bien que l’espérance de vie des femmes soit supérieure à celle des hommes dans la plupart des pays, un certain nombre de facteurs sanitaires et sociaux font que les femmes ont une moins bonne qualité de vie". "La discrimination en fonction des sexes engendre de nombreux dangers pour la santé des femmes, parmi lesquels la violence physique et sexuelle, le VIH/sida, le paludisme et la pneumopathie chronique obstructive". Cette dernière maladie est notamment causée par le fait de cuisiner sur des feux ouverts ou des réchauds traditionnels, elle cause de 500 000 décès de femmes par an.
Plus de 500 000 femmes meurent chaque année au cours de leur grossesse ou pendant l’accouchement.
Les victimes du VIH/Sida sont pour moitié des femmes. En Afrique subsaharienne, 61 % des adultes vivant avec le VIH-Sida sont des femmes. Leur nombre a doublé entre 1994 et 2004 (de 7 à 13,8 millions de femmes ) et 75% des 15-24 ans nouvellement séropositifs sont des femmes. Dans les Caraïbes, la proportion de femmes vivant avec le virus atteint 43%.
La nécessité de prendre en compte le caractère sexo-spécifique de l’épidémie de Sida a été soulignée lors de la Journée mondiale contre le Sida, le 1er décembre 2007.
Selon la Déclaration des Nations unies sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes, la violence faite aux femmes désigne « tous actes de violence dirigée contre le sexe féminin, et causant ou pouvant causer aux femmes un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques, y compris la menace de tels actes, la contrainte ou la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou la vie privée.
Ainsi, les mutilations sexuelles féminines continuent d’être pratiquées dans plus de trente pays en Afrique et au Moyen Orient, ainsi que dans des régions accueillant des migrant-es originaires de ces pays . Environ 136 millions de femmes et de fillettes sont concernées par cette pratique culturelle qui consiste à supprimer tout ou partie des organes génitaux externes, avec de considérables conséquences psychologiques (traumatismes, dépressions) et physiques (hémorragies, douleurs persistantes, accouchements difficiles…) . Au moins deux millions de fillettes sont encore victimes de mutilations sexuelles chaque année.
Sur les 40 millions de personnes actuellement réfugiées à cause d’un conflit armé et de violations des droits humains, 75 % sont des femmes et des enfants. Le Haut Commissariat des Nations unies aux réfugiés insiste pour que soit reconnue la spécificité du statut de femme réfugiée, et notamment que les violences sexuelles soit un motif suffisant pour obtenir le statut de réfugiée .
Chaque année, quatre millions de femmes sont vendues et achetées pour le mariage forcé, l’esclavage, la prostitution. Environ 40 millions de personnes sont prostituées dans le monde, en grande majorité des femmes et des enfants. La prostitution engendrerait un chiffre d’affaire mondial de 60 milliards d’euros ; elle représente jusqu’à 14 % des PIB de pays d’Asie, 5 % du PIB des Pays-Bas (OIT).
Dans le monde, une femme sur trois a été violée, battue, ou victime d’une forme ou d’une autre de mauvais traitements au moins une fois dans sa vie. D’après l’OMS "certaines études révèlent que près d’une femme sur cinq déclare avoir été abusée sexuellement avant l’âge de quinze ans". Dans certains pays, la violence domestique est la cause principale de la mort ou de l’atteinte à la santé des femmes entre 16 et 44 ans . En France plus de 60 femmes meurent chaque année du fait de violences masculines domestiques. Les actes de violence au sein du couple touchent, selon une enquête nationale publiée en 2003 , près d’une femme sur dix en France.Sur 652 femmes victimes d’homicides entre 1990 et 1999, sur Paris et la proche banlieue, la moitié ont été tuées par leur mari ou leur compagnon. En Europe, 4 millions de femmes sont victimes de violences en privé.
Consulter notre rubrique sur les violences contres le femmes
L’OCDE propose un marqueur d’égalité hommes-femmes pour l’Aide publique au développement (APD) des pays riches. Ainsi, sur les 26,8 milliards de dollars d’APD décaissée et marquée par ce moyen en 2006, 7,2 milliards (environ 27 %) étaient identifiés comme contribuant à l’égalité des sexes, soit une augmentation de 2,5 milliards (environ 17 %) par rapport à 2002. Toutefois, seule la moitié de l’aide de l’OCDE susceptible d’être ainsi marquée pour les questions de genre l’est effectivement. Mais seuls 5 % de l’aide marquée pour le genre vont aux secteurs économiques, alors que la part de l’APD globale destinée à ces secteurs est de 20 %. D’autre part une partie extrêmement négligeable de ces aides vont aux organisations de femmes. (Source Unifem).
Alors que les femmes sont majoritaires dans le domaine de l’agriculture dans les pays les plus pauvres, 5% seulement des services de vulgarisation agricole leur sont destinés. On estime qu’en Afrique, elles ont accès à 10% du montant total des crédits alloués aux petits paysans et 1% du montant total des crédits affectés au secteur agricole.
Voir nos ressources sur Genre et développement
Données de l’INSEE désagrégées par sexe
Insee, Regards sur la parité, 2008
Données proposées par l’Observatoire des inégalités
Chiffres du Service des Droits des femmes et de l’Egalité
Sur l’égalité scolaire en France
Site pour les professionnels de santé sur les violences conjugales
Rapport Henrion 2001 Les femmes victimes de violences conjugales, le rôle des professionnels de santé
Loi du 4 avril 2006 renforçant la prévention et la répression des violences au sein du couple ou commises contre les mineurs
Données comparatives internationales de l’Observatoire de la parité
Rapport Unifem Genre et redevabilité, d’où sont extraites une partie des données ci-dessous concernant les pays en développement (sur APD, Economie et participation politique). Le résumé, téléchargement pdf 24 pages.
Base de données de l’OCDE sur l’égalité des genres
Faits et chiffres de l’OMS sur la santé des femmes
Amnesty international, action concernant les violences faites aux femmes
Documents et rapports du Parlement européen
Base de données sur la prise de décision des femmes et des hommes en Europe
Avis du comité consultatif de l’égalité des chances entre les hommes et les femmes
[1] Cheffes d’Etat élues : Argentine : Cristina Elisabet Fernandez de Kirchner (2007) - Canada : Michelle Jean (2006) - Chili : Michelle Bachelet (2006) - Finlande : Tarja Halonen (2000 et 2006) - Irlande : Mary McAleese (1997 et 2004) - Lettonie : Vaira Vike-Freiberga (1999 et 2003) - Philippines : Gloria Macapagal-Arroyo (2001 et 2004) - Libéria : Ellen Johnson Sirleaf (2006). Cheffes de gouvernement : Allemagne : Angela Merkel (2005) - Sri Lanka : Chandrika Kumaratunga (1994-2005) - Nicaragua : Violeta Barrios de Chamorro (1990-1997) - Bangladesh : Begum Khaleda Zia (1991-1996 et 2001) - Corée du Sud : Han Myung-Sook (2006) - Jamaique : Portia Simpson Miller (2006) - (2006) - Mozambique : Luisa Diogo (2004) - Nouvelle Zélande : Helen Clark (1999) - Sao Tomé et Principe : Maria do Carmo Silveira (2005).