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Formation, emploi, inégalités professionnelles : faits et chiffresMardi 13 janvier 2009, par Yveline La situation de l’emploi reste caractérisée par des clivages de genre et des inégalités : taux de chômage des femmes plus élevé, écart de rémunération d’environ 15 % (Union européenne), accès plus difficile aux postes de décision, concentration dans un nombre restreint de professions, prise en charge de la vie familiale pesant essentiellement sur les femmes.
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Selon le Bureau international du travail (BIT), le nombre de femmes qui travaillent dans le monde a augmenté de presque 200 millions au cours de la décennie écoulée, pour atteindre 1,2 milliard en 2007, contre 1,8 milliard d’hommes. Mais dans le même temps, le nombre de femmes sans emploi est passé de 70,2 à 81,6 millions. Le taux de chômage des femmes est de 6,4 % contre 5,7 % chez les hommes. La part des femmes dans « l’emploi vulnérable » (travaillant à leur propre compte ou comme travailleuses familiales non rémunérées plutôt que titulaires d’un travail salarié et rémunéré) a régressé de 56,1 à 51,7 % depuis 1997. Le ratio emploi-population des femmes – qui indique quel avantage les économies tirent partie du potentiel productif de leur population en âge de travailler – était de 49,1 % en 2007, comparé au ratio des hommes de 74,3 %.
Le secteur des services a dépassé celui de l’agriculture en tant que premier employeur des femmes. En 2007, 36,1 % des femmes travaillaient dans l’agriculture et 46,3 % dans les services. 34 % des hommes travaillent dans l’agriculture et 40,4 % dans les services.
Source : Tendances mondiales de l’emploi des femmes, Bureau international du Travail, Genève, 2008.
Formation
Si, dans la plupart des pays de l’UE, bien plus de femmes que d’hommes sont formées dans le supérieur, elles représentent une grande majorité des diplômé-es dans le domaine de la santé, du social, de l’éducation tandis que les hommes sont majoritaires en sciences, mathématiques et informatique (50 % d’hommes de plus que de femmes).
Emploi et métiers
7,5 millions des 12 millions de nouveaux emplois créés depuis 2000 sont occupés par des femmes. Mais dans l’ensemble de l’UE-25, 72 % des hommes de 15–64 ans ont un emploi rémunéré en 2006 contre 57 % des femmes (avec des disparités selon les pays : 73 % des femmes au Danemark, 71 % en Suède, 46 % en Italie). En 2005, environ 61 % des femmes ayant un emploi, travaillaient dans seulement six secteurs d’activité : soins de santé et services sociaux (17 % de toutes les femmes au travail), vente au détail (12,5 %), enseignement (11,5 %), administration publique (7 %), activités commerciales (7 %) et hôtels et restaurants (5 %). Le degré de concentration des hommes est bien inférieur.
Responsabilités
La part de femmes dirigeantes dans les entreprises stagne à 33 %
Temps
L’équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée reste précaire : le taux d’emploi des mères de jeunes enfants est de 62,4 % contre 91,4 % pour les pères.
Plus d’informations : Rapport de la Commission au Conseil, au Parlement européen, au Comité économique et social européen et au Comité des régions du 23 janvier 2008 sur l’égalité entre les femmes et les hommes. Données Eurostat 2007 ; La vie des femmes et des hommes en Europe - Un portrait statistique, 2008
Emplois et métiers
Le phénomène de ségrégation professionnelle est là aussi très marqué. Près de la moitié des emplois occupés par les femmes sont concentrés dans 11 des 86 familles professionnelles répertoriées. Près de 79 % de femmes s’y concentrent, alors que les onze premières familles occupées par les hommes ne regroupent que 35,2 % des effectifs. La construction et l’industrie emploient plus de trois hommes sur dix, contre une femme sur dix. A l’inverse, trois femmes sur dix travaillent dans les domaines de l’éducation, de la santé et de l’action sociale, contre moins d’un homme sur dix. Les femmes sont deux fois plus nombreuses dans les services aux particuliers. Près de la moitié des femmes sont des employées, contre 13 % des hommes, tandis que 35 % des hommes sont ouvriers, contre 8 % des femmes. Dans les professions intermédiaires, les femmes sont plutôt infirmières, institutrices ou cadres B de l’administration et les hommes contremaîtres, agents de maîtrise ou techniciens.
Temps partiel
82 % des emplois à temps partiel sont occupés par des femmes. En moyenne 30 % des femmes travaillent à temps partiel, contre moins de 6 % des hommes. Le temps partiel est particulièrement répandu parmi les employé-es, catégorie sociale très féminisée. Il s’agit souvent d’un temps partiel contraint, notamment chez les jeunes.
Chômage
Les taux de chômage masculin et féminin sont respectivement de 7,4 % et 8,5 %. À tous les âges, il y a plus de chômeuses que de chômeurs, mais c’est entre 25 et 49 ans que les écarts sont plus marqués. Pour les professions intermédiaires, les taux de chômage des hommes et des femmes sont proches, mais 16 % des ouvrières sont au chômage contre 9,5 % des ouvriers…
Responsabilités
18 % des hommes sont cadres, 13 % des femmes. Seules 29 % des entreprises dans l’industrie et le tertiaire marchand non financier ont été créées par des femmes. Parmi les dirigeant-es salarié-es d’entreprise, on ne trouve encore que 17,2 % de femmes. Les écarts de salaire les plus importants se rencontrent dans le secteur des services, où le salaire moyen des femmes dirigeantes est inférieur en moyenne de près de 40 % à celui des hommes
D’après chiffres Insee l’égalité, photographie du marché du travail en 2007, aout 2007