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Guide « Pour la mise en oeuvre de la CIDE à partir de l’approche de genre »

Article 29. Objectifs de l’éducation

Jeudi 13 août 2015, par Bénédicte Fiquet


Les États parties conviennent que l’éducation de l’enfant doit viser à favoriser l’épanouissement de la personnalité de l’enfant et le développement de ses dons et de ses aptitudes mentales et physiques, dans toute la mesure de ses potentialités. Elle doit aussi lui inculquer le respect des droits humains et la ou le préparer à assumer les responsabilités de la vie dans une société libre, dans un esprit de tolérance, d’égalité entre les sexes et d’amitié entre les peuples.


Les études en neurobiologie montrent que si les cerveaux des mâles et des femelles sont différents en raison de la physiologie de la reproduction, il n’existe pas de différences significatives entre un cerveau de fille et un cerveau de garçon dans les fonctions cognitives supérieures, soit celles qui permettent d’apprendre, d’imaginer, de désirer, etc. Il existe en revanche des différences considérables d’une personne à l’autre, car 90 % des connections qui relient les neurones entre eux, ne se forment qu’après la naissance, et ce sous l’influence de l’environnement « intérieur » (effet des hormones, de l’état nutritionnel, des maladies, etc.) mais surtout extérieur (interactions familiales, sociales et culturelles) [1].

Le cerveau se modifie donc en fonction de l’apprentissage et de l’expérience vécue. Or, partout dans le monde, à des degrés divers, l’éducation favorise chez l’enfant des besoins, des goûts, des capacités physiques ou intellectuelles, un type de relations aux autres, dits « masculins » ou « féminins », qui dépendent de son sexe et non de sa personnalité propre, entravant de ce fait le plein épanouissement de sa personnalité.

Quelques exemples : les jeux collectifs de plein air comme le football favorisent l’acquisition de repères spatio-temporels. Si les filles y étaient encouragées aussi tôt et autant que les garçons, elles développeraient un sens de l’orientation longtemps considéré comme inné chez les garçons. Par ailleurs, ces jeux, et plus généralement les jeux dits de « garçons » confrontent plus directement l’enfant au monde (il ou elle mesure immédiatement l’impact de ses gestes) que les jeux d’imitation encouragés chez les filles (jeux de poupée par exemple). En permettant à l’enfant de prendre conscience de ses propres capacités, les jeux dits de « garçons » favorisent donc l’estime de soi [2]. En revanche, les jeux d’imitation, qui certes préparent les filles à un rôle social genré, ont l’avantage de favoriser la maitrise du langage. Cela expliquerait en partie pourquoi dans les écoles des pays développés, les garçons réussissent moins bien les tests de langage que les filles.

Si l’estime de soi est un puissant moteur pour déployer ses capacités, les stéréotypes affirmant la supériorité d’un des deux sexes dans tel ou tel domaine peuvent à contrario avoir un effet inhibant. C’est ce qu’a montré une expérience utilisant un test de rotation mentale d’un objet dans l’espace. Quand le test est présenté comme un exercice de géométrie, les filles le réussissent moins bien que les garçons, mais quand il est présenté comme un exercice de dessin, elles sont aussi douées qu’eux [3]. Parfois, c’est pour se conformer à son genre qu’un-e enfant inhibera une partie de son potentiel. C’est le cas, par exemple, de l’injonction encore couramment faite aux garçons de ne pas pleurer, qui, en les invitant à se couper de leurs propres émotions, peut aussi inhiber leur faculté d’empathie.

L’éducation non sexiste, fondée sur le respect de la singularité des personnes et aidant les enfants à s’affranchir des normes du genre, s’avère donc incontournable pour atteindre les objectifs de l’éducation fixés par la Convention.

Éducation non sexiste en crèche

Un bon départ dans la vie : l’égalité des sexes dans l’éducation précoce des garçons et des filles est un programme de Plan Salvador, soutenu par le ministère de l’Éducation qui vise à remettre en cause les rôles traditionnellement de genre. Dans 56 crèches, des professionnnel-les formé-es à l’égalité des sexes veillent à ce que leurs attitudes, les supports pédagogiques et les équipements ne renforcent pas les stéréotypes sexistes. Plan sensibilise aussi les pères et les mères aux enjeux d’une éducation non sexiste, par le biais de réunions à la crèche ou d’ateliers familiaux participatifs [4].

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La poupée de Thimothée et le camion de Louison, guide en faveur de l’éducation non sexiste destiné aux professionnel-les de l’enfance, réalisé par l’institut romand, le 2e Observatoire, 2012 [5]

Ressources

Femmes, hommes, hormones et apprentissage, une synthèse de l’association Adéquations et de nombreux textes en ligne sur la question : >>>>

Documentation sur l’éducation non sexiste : >>>>

Sélection d’outils pour une éducation non sexiste sur le site d’Adéquations : >>>>

Base de données du Centre Hubertine Auclert : >>>>



Cet article est extrait du Guide « Pour la mise en oeuvre de la Convention internationale des Droits de l’enfant à partir de l’approche de genre », réalisé par Adéquations en 2014. Présentation du Guide, accès au sommaire interactif et téléchargement du document : ici. Vue d’ensemble de la rubrique Projet Convention Internationale des Droits de l’Enfant : ici.

Notes

[1] Le cerveau a-t-il un sexe ?, Article de la neurobiologiste française Catherine Vidal : >>>>.

[2] Conférence en ligne de Johanna Dagorn de Goïtisolo sur l’éducation différenciée, les causes culturelles des inégalités filles garçons et leurs conséquences à l’intérieur du système scolaire : >>>>.

[3] Le cerveau a-t-il un sexe ?, conférence en ligne de Catherine Vidal : >>>>.

[4] Et les garçons dans tout ça ? Rapport 2011 de l’ONG Plan sur la situation des filles dans le monde : >>>>.

[5] La poupée de Timothée et le camion de Lison. Guide réalisé par Le deuxième Observatoire, un institut romand de recherche et de formation sur les rapports entre les hommes et les femmes, 2012 : >>>>.

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